Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
- un événement originel (l’onde sinusoïdale) et deux événements adjacents (l’attaque avec ou sans résonance et le son entretenu avec ou sans crescendo)
- trois spectres différents : harmonique, inharmonique « étiré » et inharmonique « comprimé »
- trois temps différents : ordinaire, plus ou moins dilaté et plus ou moins contracté… tels sont les archétypes qui président à Vortex Temporum.
Georges, à l’aide !

Oui ?
Je ne comprends presque rien, est-ce normal ?
Je crois que c’est un peu normal…
Cela dit, qu’es-ce que vous ne comprenez pas, exactement ?
Moi, je ne vois pas ce que vient faire là l’onde sinus. (Mais je ne connais pas cette œuvre de Grisey.)
Vous savez ce que signifie « harmonique », « inharmonique » ? C’est le plus important, il me semble. Le reste va de soi.
(Vous avez un msg privé.)
Je pense connaître le sens vague d’ »harmonique » mais pas sa définition technique. Alors quand on parle de « spectre harmonique » …
C’est très simple. Les sons dits « harmoniques » sont ceux dont le « spectre » (c’est-à-dire le « timbre », l’agencement des sons lui donnant sa signature, sa couleur, qui font (entre autre) qu’on le reconnaît) est constitué de sons ayant entre eux des rapports simples (nombres entiers), en terme de fréquences (herz).
Tous les instruments de musique ont des spectres harmoniques, plus ou moins riches. Prenons un do grave. Outre la fondamentale (do 1, par exemple), on entend, lorsqu’on joue un tel son (hormis les sons sinusoïdaux, sons « purs », qui ne sont constitués que d’une seule fréquence), la suite suivante :
— Do 2 (l’octave : rapport 2/1)
— Sol 3 (la douxième : rapport 3/1)
— Do 3 (la double-octave : rapport 4/1)
— Mi 4 (la dix-septième : rapport 5/1)
— Sol 4 (la dix-neuvième : rapport 6/1)
— Si b 4 …
Etc.
Rapportés à une octave, on obtient les rapports de fréquences suivants : 2 – 3/2 – 4 – 5/4 – …
Ce sont des rapports simples, et ils correspondent aux intervalles « consonants ». Une octave (rapport 2) est l’intervalle le plus consonant. Puis vient la quinte, puis la tierce majeure, puis la tierce mineure, etc. Évidemment, je simplifie, et j’arrondis.
Un son « inharmonique », en revanche, est un son dont la série harmonique (les partiels qui le constituent) ne SONT PAS dans un rapport simple. Un son de cloche, typiquement, est un son inharmonique. La première particularité d’un son inharmonique est qu’on ne peut pas en donner « la hauteur ». On ne peut pas dire : c’est un ré ou un fa. C’est précisément cette qualité qui fait les sons intrumentaux : ils sont « notables », on peut les noter sur une partition, car on n’entend d’eux que leur fondamentale (la note la plus grave). Les sons harmoniques se « résument » à leur fondamentale, les son inharmoniques non. Ces derniers font entendre « un nuage » de partiels. Pensez par exemple à une cymbale. C’est ce qu’on nomme aussi « les bruits ».
Merci pour ces précisions. Je pensais qu’on son était harmonique quand son rapport aux sons le précédant et lui succédant était « harmonieux » ou « logique ». Alors qu’il s’agit de tout autre chose comme vous venez de me l’apprendre.
Oui, nous sommes là dans l’ordre du vertical (harmonie), alors que ce dont vous parlez est de l’ordre de l’horizontal (mélodie).
Eh bien, William, vous avez disparu ?
Ce vortex m’a aspiré le diable sait où !
Et à part ça ?
Georges, préparez-vous à voir votre patience récompensée (vers la fin de la semaine).
La fin de la semaine ? Mais je serai sur mon vortex, moi !