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… puis nous attaquons une discussion politique. Jean-Pierre nous expose son programme.
- Si j’avais le pouvoir, ce serait très simple… Suppression de l’impôt sur la fortune. Des lois Auroux. Des lois Quillot. Réactualisation des barèmes des impôts sur le revenu en fonction de l’inflation réelle et non pas de celle des indices truqués. Diminution de l’aide au chômage. Diminution de l’assistance. Diminution du budget de l’Etat. Mise à la porte des quatre-vingt mille fonctionnaires qu’ils ont embauchés. Analyse de tous les postes inutiles dans le secteur tertiaire et lutte contre la bureaucratie. Dénationalisation des entreprises nationalisées. Intervention des militaires éventuelle lorsque les grèves sont abusives et paralysent le pays. Révision des droits de grève pour certains services qui sont indispensables au fonctionnement du pays. Libération des prix immédiate. Possibilité de licencier dans toutes les entreprises. Mais de réembaucher aussi, bien entendu. Maintien de l’Ecole libre. Suppression de certains avantages sociaux. Diminution des cotisations patronales et salariales à la Sécurité sociale et possibilité de s’assurer, mais à titre individuel. Incitation au retour au pays des trois quarts des travailleurs étrangers. Suppression du contrôle des changes. Suppression du ministère du Temps libre. Incitation à la femme au foyer. Mise à la porte des 90% du secrétariat féminin. Lutte contre la fraude fiscale. Mise à l’impôt de tous les agriculteurs de France. Lutte contre tous les mouvements corporatistes. Restauration de la peine de mort. Aération de la hiérarchie des salaires. Suppression du Smig…
- Ce n’est plus un programme, c’est un pogrom ! me risqué-je.
- Oh ! Toi, ça va…

Marc-Édouard Nabe, journal, 30 juillet 1983.

18 Réponses à “« Si j’avais le pouvoir, ce serait très simple… »”

  1. Alexis dit :

    - Ce n’est plus un programme, c’est un pogrom ! me risqué-je.

    Quel formidable sens de l’humour, ce Nabe ! dans le genre, je vous recommande aussi « Une lueur d’espoir » (i.e. les attentats du 11 septembre) et sa description de Ben Laden :  » Il veut simplement punir les méchants qui se permettent de massacrer les terres des musulmans – qui sont ses frères – et qui se comportent comme des porcs sur toute la planète depuis des centaines d’années. » Tout cela est délicieusement « politically incorrect » ; je comprends que certains soient séduits…

  2. La Touche dit :

    On attend le commentaire de Georges!

  3. Alexis dit :

    Avec impatience !

  4. NR dit :

    Cet inconditionnel (fièrement revendiqué) d’Houria Bouteldja me fait l’impression, quand il déverse ses clichés musulmano-gauchistes à la télévision, d’un clown navrant ; d’autant plus navrant qu’à lire son journal, on a du mal à imaginer qu’un talent littéraire certain puisse s’accomoder d’un prêt-à-penser tiers-mondiste digne des commentaires antisionistes sur Dailymotion. Certes il enjolive ce prêt-à-penser de ses éternels chiasmes, inversions et retournements mais l’effet n’en est que plus piteux. D’ailleurs, que Nabe ait choisi ces figures comme fétiches n’est pas un hasard : on crée l’illusion d’une idée pertinente, un sens éclatant, qui ne repose en fait que sur un procédé de forme géométrique.
    L’illusion de l’intelligence en quelque sorte, un bon résumé du gauchisme qu’il déploie.

  5. Alexis dit :

    Effectivement, Nabe ne manque pas de talent, et son journal est extrêmement brillant. J’ai l’impression qu’il gâche tout cela par un goût immodéré de la provocation et une posture systématique d’écrivain maudit. Il y a aussi chez lui (et cela dès son premier ouvrage) une détestation viscérale de ce que l’on pourrait appeler « les valeurs occidentales », telles qu’elles sont représentées par les démocraties européennes et américaines, et bien sûr par Israël, le summum de l’exécration nabienne. D’où son éloge de tout ce qui va à l’encontre de ce monde-là, et tout particulièrement les pays musulmans : voyez sa défense de l’iran et d’Ahmadinejad, et la présentation de Bin Laden comme un résistant. Ce qu’il apprécie chez Haria Bouteldja, c’est justement qu’elle crache sur tout ce que Nabe déteste : la France « de souche », et bien sûr aussi ce « sionisme » qui est en fait le cache-sexe d’un antisémitisme radical. Nabe est un apôtre (intelligent et talentueux, et c’est en cela qu’il me semble beaucoup plus dangereux (de mon point de vue, bien sûr) que le lamentable Dieudonné) du Grand Remplacement dont parle Renaud Camus ; que l’on en finisse avec cette France de « petits blancs » qu’il abhorre et qui l’a si souvent cloué au pilori : voilà le ressort principal de toute son œuvre, la lueur d’espoir à laquelle il ne cesse de se référer en attisant frénétiquement tous les feux qui pourraient conduire à cet embrasement final si désiré.

  6. NR dit :

    Vous avez raison, dès le début du journal (que je viens de commencer grâce à Georges), on est confronté à l’anti-occidentalisme, la christianophobie (ou du moins un rapport très particulier au christianisme), sans oublier le couple diversitophilie et anti-souchisme. Son « bord » semble donc assez aisément identifiable. C’est à se demander comment il put passer pour un fasciste d’extrême-droite, et même, trainer cette réputation pendant 25 ans.

  7. Alexis dit :

    Nabe trimballe en effet une réputation de fasciste (due sans doute à ses admirations littéraires : Bloy, Céline, Rebatet…), mais on s’aperçoit en lisant son journal qu’il a passé sa jeunesse dans les locaux d’Hara Kiri et de Charlie-Hebdo (avec Choron, Vuillemin, Gébé, Siné) et dans le giron de Sollers (omniprésent dans le Journal ). Ses admirations politiques vont de Che Guevara à Ben Laden en passant par Gandhi, Malcolm X, Albert Spaggiari et Jacques Mesrine. C’est décidément un personnage très complexe !

  8. paulf dit :

    Nabe est complexe. Heureusement. Petit aussi. Heureusement aussi, mais sa complexité n’en fait pas moins un homme simple et bon esprit qui sait dominer ses passions pour aller chercher sa liberté avec une bonne dose d’humour. En bon Jazzman de la littérature, il accorde les sons dissonants. En mauvais Correctman de la politique, il renvoie le foutage de gueule un peu dans tous les sens. Les règles de son jeu ne sont pas très bien comprises. Pas de putes, pas de drogues, pas d’argent, il n’y a rien, non aux déchets. Carton rouge !

    Et bannissez l’expression « politiquement incorrect » ! Cette idée abjecte pour désigner un puceau jouissant de tâter l’interdit. Non, d’où vient la honte de considérer des idées aussi banales que « Femme! Tais-toi et cuisine ! » ? Du doux plaisir de régurgiter ces quelques modestes millions d’années d’animalité pour gober 50 années d’hypocrisie ? Ne soyons pas délicieusement politiquement incorrect, on nous ferais l’honneur d’inventer un mot compliqué pour des choses si simples. Des espèces d’antisémito-terro-facisto-homoxénophobes qui créeraient une nouvelle passion. L’anti-antisémito-terro-facisto-homoxénophobisme, l’ultime pensée juste, l’aboutissement de 2000 années de catholicisme. Non, ne soyons pas quelque chose, vivons plutôt la violence de notre liberté, vivons la violence de notre art, vivons la beauté de souiller cette neo-virginité d’un monde post-traumatique.

  9. George-s dit :

    Atchum ! Atchum !

  10. La Touche dit :

    C’est bien ce que je pensais, il fait de plus en plus froid par ici.

  11. George-s dit :

    Je ferai bref : « la christianophobie », vous faites complètement fausse route, mon Cher William.
    Lisez un peu plus avant, avant de vous prononcer si affirmativement. Le journal de Nabe est une expérience de lecture très curieuse, dont la matière se déroule sur plusieurs années, qui sont pour lui des « années de formation », comme l’on disait naguère. Si je m’étais arrêté au premier tome, peut-être que je penserai ce que vous semblez penser.

  12. Ce n’est pas un programme, ce n’est « que » de la littérature.

  13. NR dit :

    Oui, « christianophobie » ne convient pas. Disons alors qu’il un rapport au christianisme d’artiste subversif de gauche : se faire sucer dans une église et dessiner des christs qui lui auraient, à une autre époque, valu le bûcher.

  14. tilly dit :

    pour info : l’écrivain Marc-Edouard Nabe sera l’invité de Frédéric Taddeï dans son émission Ce Soir Ou Jamais sur France 3, lundi 22 mars

  15. paulf dit :

    merci pour l’info

  16. Lecteur occasionnel dit :

    Dans un entretien avec Taddéï de 2004, Nabe exprime (notamment sur la fin) une vision politique qui semble se rapprocher des idées de Michael Hardt et d’Antonio Negri, telles qu’ils les exposent dans Empire. Mais son antiaméricanisme et son islamophilie pourraient aussi le faire passer pour quelqu’un d’extrême droite (du genre Alexandre Douguine). En fait, je pense que Nabe est très difficile à cerner, et que, cherchant lui-même à brouiller les cartes, il devient difficile de lui coller une étiquette politique précise. Ses idoles littéraires étaient elles-aussi peu orthodoxes politiquement parlant : Bloy était taxé de « communard d’extrême droite », Céline qui passe pour un nazi appelait de ses vœux dans ses pamphlets et ses écrits politiques l’émergence d’un socialisme à la française…

    Je ne sais pas si la distinction droite/gauche est ici pertinente pour analyser son cas. Ses penchants pour l’art et la mystique permettraient de le classer à droite, alors que sa volonté de s’en prendre systématiquement au pouvoir en place pourrait le ranger à l’extrême gauche… C’est au final une discussion sans fin, mais pas nécessairement inintéressante.

  17. George-s dit :

    Au final sans fin, rien à ajouter.

  18. moua dit :

    « smig »? c’est quoi le smig?le smic est le salaire de petite gens;le bourgeois n’en a cure apparement vu qu’il sait meme pas s’exprimer convenablement sur ce point ce genre de personne me debecte visceralement je leur cognerais bien sur la gueule jusqu’a ce qu’ils bougent plus jamais

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