Il y a des Français honteux comme il y a des Juifs honteux.
Par « Juif honteux », on pensait en général au Juif de culture germanique de la fin du XIXe, assimilé à l’extrême, admirateur de Bismarck et de Wagner, épousant la normalité jusqu’à devenir lui-même antisémite.
Aujourd’hui, le Juif honteux serait plutôt d’extrême-gauche, pas patriote pour un sou, tel Edgar Morin ou Shlomo Sand, qui font de la critique d’Israël et de la déconstruction de l’identité juive, un moyen de parvenir.
Le Juif honteux du passé taisait, reniait et haïssait ses origines afin de s’assimiler à sa patrie d’accueil ; il devenait donc patriote, nationaliste et parfois même antisémite. Inversement, le Juif honteux antisioniste désire s’assimiler à l’humanité, au peuple, aux dominés et certainement pas à la patrie, concept si suranné qu’il sourit à son évocation. Nation, religion et race s’étant, en France, effondrées, seule reste l’humanité.
Le Français honteux partage plusieurs de ses qualités avec ces « Juifs » d’extrême-gauche. Il se conçoit avant tout comme « humain » et non comme Français. Il aurait pu naître ailleurs, en Afrique par exemple – le berceau de l’humanité -, mais le hasard a voulu qu’il naisse dans ce pays favorisé qu’est la France.
À chaque strate de la société son Français honteux. Politiciens appelant à toujours plus de diversité et de métissage, journalistes ostracisant les derniers résidus de « France rancie », chercheurs proclamant que la France et les Français n’existent pas («nous sommes tous des enfants d’immigrés», « l’identité française est une construction »), professeurs résumant l’histoire de France à ses « crimes » et remerciant les Arabes de nous avoir apporté la civilisation, collégiens s’inventant des « origines » et souhaitant faire le ramadan comme leurs camarades.
À la lecture de cette liste, on aura compris que le Français honteux souhaite lui aussi s’assimiler à une norme : la nouvelle France multiraciale et multiculturelle, pour laquelle il n’hésite pas à sacrifier l’ancienne, même si cela suppose de cracher sur son passé et sa culture.
Le Français honteux finit ainsi par devenir, comme l’immigré auquel il voue un culte, un “Français de papiers”.