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Naberie de fonds de tiroir

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  Regardant la chaîne parlementaire, où Nabe était venu faire la promotion de son « anti-édition », je me suis vu gratifier d’un lapsus qui, malgré son caractère usuel, mérite de ne pas passer inaperçu. C’est le fameux « lapsus du boutiquier », consistant à dire « client » là où la sagesse bourgeoise prescrit l’emploi de termes moins révélateurs (élève, lecteur, patient), et dont les Inconnus firent même un motif redondant pour caricaturer les pauvres médecins.

  Résumons le propos nabien. Suite au lancement de sa plate-forme de vente révolutionnaire, ses « clients », heu… ses lecteurs, pardon, pourront en quelques clics s’acheter de la subversion thermoreliée à prix d’or (cent euros le volume qui n’a dû en coûter que cinq à être fabriqué), et ceci sans qu’aucun pourcentage abusif ne soit spolié par un éditeur ou un libraire. Autrement dit, défalcation faite des frais de distribution, tout l’argent que l’on dépensera sur ce site ira droit dans sa poche (là est la révolution). Quant à ceux qui, comme moi, se scandaliseraient de cette rapine éditoriale, il faut vraiment qu’ils soient atteints de cécité morale pour ne pas voir, sous ce mercantilisme de façade – si éhonté qu’on le croirait digne des frères Cointet –, la noblesse cachée de l’entreprise nabienne. Car le profit n’est pas tout, voyez-vous. En l’affaire, j’ose même le penser involontaire. Un dégât collatéral, en quelque sorte. Le seul et unique but de l’« anti-édition » nabienne ? : casser l’odieuse spéculation entretenue par les bouquinistes (entendre : prendre leur place) pour permettre à tous, même aux plus démunis de ses « clients », heu… de ses lecteurs, l’accès à son œuvre. On en mourrait presque d’esclaffement… Imagine-t-on les nabiens indigents se ruer sur Marcedouardnabe.com pour se délester d’un ou deux mois de loyer dont ils ne sauraient que faire ? Facilius est camelum per foramen acus transire quam pauperem intrare in regnum Nabei. Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un pauvre d’entrer dans le royaume de Nabe.

  Conscient du caractère par trop visible de l’arnaque, Nabe tient tout de même à préciser que le pactole ainsi amassé sera dépensé avec la plus exemplaire des frugalités ; non pour se faire construire une piscine, ou s’acheter un hummer, comme on eût pu l’imaginer, mais pour pouvoir continuer, libéré du souci de l’argent et avec l’humilité qu’on lui connaît, sa rude existence d’écrivain maudit. Nous voilà rassurés.

10 Réponses à “Naberie de fonds de tiroir”

  1. Will dit :

    Nabe, Soral, Dieudonné, certainement des grands talents, mais je commence à me demander si cette fameuse étiquette de « dissident » « anti-système » qu’ils se collent ne les révèlent pas. Au fond, ce sont des purs marchands de leurs idées, des commerciaux de leur personne, des narcissiques de leur petit grand Moi…

    A force de barricader sur leur prébende , ils sont devenus mesquins, envieux, méchants, ils n’ont aucune générosité supérieur, aucune magnanimité. Rien n’émane d’eux qu’une mesquinerie de rat de gouttière ayant trop longtemps trainés dans les bas-fonds.

    Nabe, Dieudonné, Soral, la même saleté.

  2. Charles M. dit :

    @Will :
    Je ne suis pas un admirateur ou un défenseur des 3 personnages, tant s’en faut, mais il me semble que ce statut de dissidents, c’est ce qu’ils dénomment « système » qui leur en a fait cadeau. En effet, si l’on prend les cas Soral et Dieudonné — j’ôte Nabe de cette liste, car il ne me semble pas avoir de difficultés à se répandre dans les médias —, c’est le fait même de les avoir bannis des plateaux de télévision qui leur a conféré l’aura dont ils bénéficient aujourd’hui. En vérité, la question cruciale est plutôt celle de la raison qui pousse des masses à aller vers Soral et Dieudonné, raison qui selon moi tient de l’indigence de l’offre télévisuelle qui a pour conséquence l’attrait de figures apparaissant « hors système ». Oui, Soral n’est ni Soljenitsyne ni Marx, mais il parait sûrement plus structuré qu’une Audrey Pulvar, une Laurence Ferrari, ou un Jean-Michel Aphatie dans le domaine de l’analyse politique; de même Dieudonné n’est ni Desproges ni Coluche, mais on peut comprendre que d’aucuns le considèrent comme supérieur à un Hanouna, une Sophia Aram, ou un Kev Adams, que l’on doit subir régulièrement.

    Ce qui me frappe surtout aujourd’hui, c’est la baisse du niveau depuis les années 1970, baisse du niveau intellectuel mais aussi baisse de la capacité d’analyse du spectateur lambda, si bien qu’on ne risque pas grand chose à imaginer qu’à cette époque, nos dissidents n’eussent point bénéficier d’une telle aura.

    Quant à leur narcissisme, leur mesquinerie, ou leur vénalité, je ne pense pas qu’ils le soient plus que les personnalités que l’on nous inflige quotidiennement dans le paysage audiovisuel français; si je prends le cas de Dieudonné, je dirais même qu’en tant qu’artiste, il eût sûrement gagné plus financièrement, à s’excuser comme l’ont fait tant de ses pairs.

    Ainsi je conclurai pour revenir au billet que si l’esprit mercantile de Nabe et d’autres peut sembler ridicule, pour ne pas dire plus, en regardant autour de moi j’ai l’impression que cette tare est assez partagée et que malheureusement n’est pas Bloy qui veut; il vrai qu’il est difficile de se laisser mourir de faim pour des convictions.

  3. Will dit :

    @ Charles M

    Soral et Dieudonné sont emblématiques d’une génération décultivée. Soral est un autodidacte qui n’a clairement pas le niveau d’un grand penseur. Il n’a aucun diplôme, il n’a même pas eu son Baccalauréat. Il vous paraît structuré uniquement car il a quelques théories et une faconde verbale intarissable. Mais il est le représentant de la baisse du niveau intellectuel que vous dénoncez (même si je respecte son travail d’éditeur, certainement la meilleure partie de son « oeuvre »).

    Quant à Nabe, il est emblématique des céliniens extrêmistes qui nous jamais réussi à s’émanciper de la tutelle du grand écrivain antisémite. Nabe, comme tous les céliniens, singe son maître, singe la radicalité, singe une prose de grand écrivain sur laquelle beaucoup de jeunes adolescents pubères en période de rébellion fantasment tant. Nabe est, pour moi, emblématique d’un côté un peu sale d’une conception de la littérature que Céline a ouvert. L’écrivain doit être forcément odieux, forcément radical, mesquin, méchant etc… tout ceci étant mélangé avec des conceptions politiques floues, influencé par le conflit israélo-palestinien (la chausse-trape des imbéciles en manque de causes à défendre !). Bref, vous l’aurez compris, je ne fais pas parti de la caste si spéciale des nabiens.

    Ces trois-là ne m’intéressent pas. Surtout parce qu’au fond d’eux-mêmes, ils se contrefoutent de leurs clients, oups, de leurs laudateurs devrais-je dire. C’est pourquoi je dis qu’ils sont mesquins, et qu’ils n’ont aucune générosité. Et deuxièmement, parce que la France dans ce qu’elle a de grand, de digne, de haut, ne les intéresse pas (d’où leur référence à Céline très constante, d’ailleurs, qui est symptomatique)….

  4. Charles M dit :

    @Will :
    Un élément important dans ma phrase était « plus structuré qu’Audrey Pulvar, Laurence Ferrari, ou Jean-Michel Apathie » ; merci de ne pas déformer mes propos. Concernant le niveau d’un diplôme reflétant le niveau intellectuel, je vous laisse seul juge de vos propos ; je me contenterai de dire que j’ai lu Vers la féminisation de Soral, après avoir entendu E. Zemmour en parler lors d’une émission télé, et que oui en m’appuyant sur cette lecture je peux dire que Soral est plus structuré que les journalistes susdits, et cela sans pour autant en conclure qu’il a l’intelligence d’un grand penseur comme Karl Marx ; donc là encore je vous remercierais de ne pas sous-entendre que je suis impressionné par « quelques théories et une faconde verbale intarissable » en ne vous appuyant sur rien.

    Concernant la mesquinerie et la générosité comme critère d’appréciation des oeuvres d’un artiste, j’imagine tout simplement que c’est une différence d’approche ; pour ma part, je préfère me concentrer sur les oeuvres plutôt que sur les personnes, c’est pourquoi savoir que Rousseau a abandonné ses enfants, que Le Bernin était un salaud, ou que Wagner était antisémite ne m’empêche pas d’apprécier leurs oeuvres. Sans être un « laudateur » du trio sulfureux, il me semble que considérer uniquement la personnalité d’un artiste pour analyser son oeuvre est un peu court.

    P.S : Ai-je besoin de préciser que quand je fais un parallèle dans un même texte entre Dieudonné, Nabe, Soral et Wagner, Le Bernin, Rousseau, cela ne veut pas dire que je les mets au même niveau ? Je ne pensais pas nécessaire de faire cette précision, mais étant donné l’interprétation malhonnête de mon premier message, je préfère préciser.

  5. NR dit :

    même si je respecte son travail d’éditeur, certainement la meilleure partie de son « oeuvre »

    Je m’étais risqué à acheter son édition des Causes de l’antisémitisme, de Bernard Lazare, pour la seule raison qu’on ne le trouvait pas ailleurs à un prix décent, et je dois dire que j’ai rarement vu un aussi piteux travail éditorial. L’équipe de Soral n’a fait que copier/coller le fichier HTML du livre (qu’on trouve gratuitement sur internet) sans même le relire une fois pour en corriger les multiples et très visibles erreurs typographiques. A cela s’ajoute la police ratatinée, presque illisible, la préface bâclée du Grand Maître, et la couverture qui, pour être esthétiquement supportable, n’en est pas moins idéologiquement pernicieuse.

    Si c’est là la meilleure partie de son « œuvre »…

    Mais peut-être avez-vous eu plus de chance que moi avec d’autres ouvrages ?

  6. Will dit :

    @ Charles M.

    Oups, j’ai peut-être mal interprété votre intervention. En tout cas, pour avoir lu quelques passages des bouquins de Soral, il n’a pas forcément tort sur le fond, notamment sur le féminisme, mais la manière fortement vulgaire qu’il emploie pour le dire (du genre qualifier à longueur de pages les femmes de « pétasses », de « connasses ») fait sentir que son propos provient d’un ressentiment et d’une frustration, plus que d’une analyse amenée par une réflexion intellectuelle élevée. L’analyse d’un Paul-François Paoli sur le féminisme est autrement intéressante.

    Oui, je sais bien qu’on ne peut pas juger un auteur par sa vie, comme a fait Onfray avec Freud, ou les gauchistes avec Céline. Mais, pour tout dire, quand je m’intéresse à un auteur, j’aime aimer sa personnalité avec, et la personnalité de Nabe ne me plaît pas, c’est égoïste, mesquin, prétentieux (exactement comme Soral et Dieudonné qui sont des excités du bulbe). Et l’espèce de suivisme de tribu que les nabiens et les soraliens organisent sur Internet m’insupporte.

    @ NR

    Merci de me l’apprendre. En fait, je n’ai jamais lu un seul livre édité par KK. Mais il me semblait que l’esthétique de ces livres était intéressante, et tranchait avec celle du milieu de l’édition. (Et de manière plus globale, j’aime les éditeurs qui tentent de rééditer des classiques oubliés).

  7. Je l’aime bien, moi, ce Nabe. Il ne pratique pas langue de bois, et rien que ça c’est louable !

  8. NR dit :

    Mais, moi aussi, je l’aime bien. C’est même l’un de mes écrivains vivants préférés. J’aimerais juste pouvoir le lire sans devoir, au préalable, liquider mon assurance-vie.

  9. Un passant dit :

    On pourrait croire que vous l’abhorrez à lire le portrait que vous faites de son entreprise récente, et les arrières pensées que vous lui prêtez en passant. Ne laissez pas vos soucis pécuniaires personnels entacher votre appréciation trop manifestement. J’ajoute que je suis un brin étonné que vous ne mentionniez pas la rapine autrement plus éhontée que le milieu de la librairie française dont les penchants idéologiques sont assez sus de tous (extrême centre toute ! – et commission épaisse au passage), et à plus forte raison du milieu éditorial moisi du parisianisme le plus stérile ! Qu’un écrivain se réapproprie le fruit de son travail – ses stocks – et qu’il en tire profit, même juteux, m’apparaît être un bien maigre scandale en comparaison. Il faudrait que Nabe réédite comme il avait dit en avoir le projet, certains de ses ouvrages plus anciens, mais cela fait tout de même beaucoup d’ironie venimeuse pour pas grand chose, je trouve.

  10. Olideo dit :

    « Ironie venimeuse » ? Permettez, Nouveau Réactionnaire, que je vous défende. Je n’ai absolument pas perçu de « venin » sous la plume du NR. Au contraire, il fait preuve d’une distance élégante et désabusée.

    Par contre, Nabe est rempli de venin, ça c’est certain ! C’est le genre d’écrivains qui haït tout le monde sauf son Moi, qu’il exhibe à tout bout de champs, sa faculté graphomane et la reconnaissance que son Moi tire de ses écrits.

    En un sens, c’est un des héritiers de Sade, de Nietzsche et de Céline : c’est le tout-pouvoir de la Plume ; la Plume et l’Ecrit comme espace de liberté absolue, le Religion du Style, c’est-à-dire au sens propre de Plume, Stylo, Grattage, Dactylographe, etc, qu’importe si ce que j’écris doit un jour faire face à un contradicteur moins pervers que je ne suis, qu’importe si ce que j’écris ouvre la voie à toutes les saloperies possibles. Voir le cas de Nietzsche faisant timidement face à des femmes ne comprenant pas sa violence absurde envers leur sexe ; voir Sade face aux révolutionnaires et son opportunisme ; voir Céline et les conséquences de ses pamphlets antisémites sur toute une génération de Français, encore aujourd’hui.

    Ils ont écrit de très belles choses, leurs oeuvres resteront, là n’est pas la question mais un Démon les pousse à écrire, écrire, écrire sans cesse, jusqu’à la perversion de leur être, jusqu’à leur complet repli sur eux-mêmes, leur démon personnel prenant peu à peu tout Pouvoir sur leur être constitutif moral.

    Il faudrait faire une analyse à la Zweig sur ce genre de personnalité, sans le gramme d’idéalisme de l’Autrichien.

    Nabe est un de leurs descendants.

    J’Existe parce que J’Ecris, voilà leur crédo à tous ; qu’importe comment Je me comporte face aux autres, face à l’Altérité, face au Concret, face au Quotidien, face aux Progrès qui me sont personnels ; tout mon Moi, ce sont mes Ecrits. Toute ma substance, ce sont mes Livres, mes Précieux Livres. Rien n’existe d’autres que ma Pensée et mes Ecrits ; d’ailleurs, je ne désire pas de disciples, ils encombrent mon égoïsme et ma vitalité.

    Leur incapacité, à ce genre de personnalités, d’affronter encore et définitivement les Autres, leur éloignement de plus en plus solitaire, de plus en plus mesquin (cas de Céline, de Sade et de Nabe) ou d’un égoïsme absurdement exigeant (cas de Nietzsche qui théorise l' »égoïsme supérieur »), coupant court avec toutes possibilités de renouvellement par les autres.

    Résultat : ils contaminent, ils donnent une nourriture faisandée et violente, trop épicée à des consciences littéraires qui ne demandent qu’un peu de vraie élévation, à des jeunes qui ne demandent qu’une religion sincère et amoureuse, sans perversité, sans démonisme.

    D’un point de vue contemporain maintenant, Nabe est la même personnalité que Soral, à savoir logorrhéique et odieusement tyrannique, les deux se complétant, permettant leur domination sur des consciences fraîches, des jeunes esprits imberbes en besoin affamé de « Logos » comme dirait le premier.
    Si ce n’est que le premier est plus cultivé, plus esthète, quoique amateur de jazz absolument prétentieux (insupportable comment il fait son snob réactionnaire en amalgamant tout le rock dans une de ses vidéos, opposant stupidement deux genres féconds, prouvant son réactionnariat de pacotille, et sa profonde incompréhension du monde qui l’entoure).

    Nabe est un esprit pervers, qui, comme ses maîtres, veut développer en vous votre perversité, votre méchanceté.

    Mais c’est trop facile.

    Trop facile, car accaparant en vous les basses parties de votre être, mobilisant votre bile et votre venin et non votre tête et votre coeur ! Platon aurait des leçons à donner à tous ces gens-là, lui qui ne s’apprécie franchement que l’esprit sain et délivré de toutes ordures superflues, assis sur l’herbe à respirer l’air délié et élégamment modeste de ses écrits.

    La position du Réactionnaire est une position trop facile, au fond ; c’est la position du Scorpion qui recule tout en avançant sa queue pointue. Surtout, n’approchez pas ! Si vous me montrez trop de tendresse et une belle personnalité, je vais vous prélever et vous mettre tout frais dans mon livre (Nabe à Apostrophes).

    Comme Luchini d’ailleurs, bien que Luchini soit exempte de toutes saloperies commises. Mais comme Nabe, Luchini s’est fait piqué par le venin célinien. Luchini est un névrosé, qui hésite entre une partie de sa personnalité restée juvénile et une sale partie infectée par le venin. Comme Nabe, Luchini se prétend nietzschéen, ne retenant de Nietzsche que l’aspect destructif et négateur.

    Il y a une chose en commun avec ce type de personnalité : ils ne savent pas SEDUIRE et/ou ont la peur de leur propre puissance sexuelle, qu’ils névrosent et transforment en pulsions pseudo-virilistes (j’exclue Luchini de ce lot).

    Ainsi, tout la libido qu’ils ne déchargent pas concrètement dans la séduction passe droit sur le cerveau : testicules/cerveau, voici le trajet pur et simple de leur puissance énergétique. Les fascistes et nazis ne raisonneront pas autrement.

    Revenir aux enseignements de Freud et de Platon. Comprendre le caractère exigeant et élevé de leurs écrits.

    J’ai vu le conflit Nabe/Moix et bah je me surprends moi-même, mais même si je déteste Moix (lui aussi contaminé par Céline), je le trouve meilleur écrivain et plus bel homme que Nabe. Oui, peut-être parce que c’est un putain de jeuf : eh bien oui, les Juifs sont un peu meilleurs que nous, goys, ils sont plus géniaux et plus mobiles que nous ne le serons jamais ! Les Juifs, quoi qu’en disent les antisémites qui aimeraient les voir plus bas que terre, seront toujours plus raffinés et capables que nous, Européens lourdissimes et « enracinés ».

    Et Nabe est, au fond, un essayiste – qui se veut artiste – alors qu’il est profondément essayiste, donc il singe le côté artiste. Son utilisation pulsionnelle de la première personne est symptomatique.

    Tandis que Yann Moix est, des deux, le véritable artiste, malgré sa personnalité souvent odieuse, précisément parce qu’il est encore narcissique et ne sait résister aux feux des Médias, c’est-à-dire des Simulacres. « Naissance » de Moix est une oeuvre incroyable, quoiqu’on en pense, avec des passages énormes, pleinement érotiques, vraies, vécues, non névrosés (ou moins névrosés), contrairement au pulsionnel-impulsif-violent Nabe.

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