
Gabriel Pierné fut qualifié de « compositeur français mineur » par Alma Mahler. Peut-être n’était-ce là qu’une pointe vengeresse ; Debussy, Dukas et Pierné ayant en 1910 ostensiblement quitté la salle de concert alors qu’y était jouée la deuxième symphonie de Mahler. Quoi qu’il en soit, il suffit pour se convaincre du contraire d’écouter sa musique de chambre.
Quintette pour piano et cordes, premier mouvement (1917)
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Bonsoir,
merci de nous avoir fait découvrir Gabriel Pierné. Pourriez vous nous indiquer les références discographiques de l’oeuvre? J’apprecie beaucoup la musique française de cette époque, je suis moi-même un admirateur d’André Caplet.
Je dois vous avouer que je vous ai piqué votre idée « Français par… » pour mon blog.
Bien cordialement
Constantin Dragasès
Je partage l’avis d’Alma Mahler, même si j’aime beaucoup Gabriel Pierné. On peut être adorable, subtil, élégant, avoir de l’esprit, et être « mineur ».
Que Pierné soit moins important que Beethoven, tout le monde en conviendra. Cela ne nous interdit pas de questionner cet usage moderne nous faisant considérer automatiquement les innovateurs comme « majeurs ». Car on peut être quasiment inécoutable et être « majeur ».
Je veux bien « questionner cet us moderne » avec vous, mais je ne vois pas bien le rapport avec Pierné. Ce n’est certainement pas parce que Pierné n’est pas un « innovateur » que je le considère comme un compositeur mineur. Pourquoi l’opposer à Beethoven ? Pourquoi pas plutôt à Chausson ?
Votre dernière phrase est obscure, pour moi. Comment savez-vous qu’un compositeur est « majeur », si vous ne pouvez pas l’écouter (ni l’entendre) ?
(usage… pardon)
Le rapport était le suivant : si on catalogue comme « majeur » selon des critères discutables (comme l’innovation), peut-être faut-il alors réévaluer ceux que ces critères nous on fait considérer comme « mineurs ». Mais cet argument ne vaut rien si vous n’utilisez pas ce critère. D’ailleurs, qu’est-ce qui fait, selon vous, l’importance de Chausson et l’insignifiance de Pierné ? La complexité ? Le ton (léger chez Pierné) ? La personnalité (originale chez Chausson) ?
Avec « inécoutable », je pensais à ces compositeurs qui vous font tourner hâtivement le bouton du volume vers la gauche dès que vous les entendez (geste que vous avez su très bien décrire dans un texte).
Je n’ai jamais écrit que Pierné était insignifiant.
Restons-en à sa minorité, alors.
Alors entre l’insignifiance et le génie il n’existe rien ? Oui, pour moi, Pierné est un compositeur mineur, mais que j’aime beaucoup, comme bien d’autres compositeurs mineurs. Il n’a pas de génie, mais il a sa place, toute sa place, dans l’histoire de la musique française. C’est déjà beaucoup, il me semble.
Je vous rappelle tout de même ce que vous avez écrit : « Car on peut être quasiment inécoutable et être « majeur ». » Phrase complètement paradoxale pour moi. Si je juge un compositeur « majeur », je l’écoute, et j’essaie de l’entendre.
Pour faire un parallèle avec le domaine de l’interprétation, je suis en train d’écouter la deuxième partita de Bach par Murray Perahia, dont l’enregistrement vient de sortir chez Sony. Perahia n’est pas un pianiste génial. Il n’a pas de génie, mais qu’est-ce que je l’aime ! C’est un de mes pianistes préférés. L’écouter jouer les Romances sans paroles de Mendelssohn, par exemple, équivaut pour moi à ne plus pouvoir entendre d’autres pianistes dans ces œuvres là. C’est sans doute le pianiste le plus poète, le plus musicien, le plus honnête, le plus attachant de sa génération, et le plus constamment au meilleur de sa forme, dans tous les enregistrements qu’il décide de laisser à la postérité. Il n’est pas perfectionniste au sens de Michelangeli, mais il l’est tout de même, car son exigence est quasi sans faille.
Mais comment peut-on « avoir toute sa place dans l’histoire de la musique française » et être mineur ? C’est ce que je n’arrive pas à comprendre. Votre manque de patriotisme musical est affligeant (je précise que je plaisante).
Cessez de mentir NR, nous sentons bien que ce sujet vous tiens à cœur, vous ne plaisantez pas! Décidément, je ne me lasse pas de ces chamailleries interminables.
@ George-s
Essayez Magaloff pour les romances et autres pièces pour piano de Félix (notamment un prélude et fugue, je n’ai pas la référence sous la main, brillantissime). Je le trouve idoine.
Et pour Bach, j’en reste à Gould, Perahia est trop sage, pas assez décoiffé à mon goût. Mais bon, à ce niveau…
Essayer Magalbof ? Non merci.
J’aimerais bien ne pas pouvoir plaisanter, La Touche, mais à notre époque, il est impossible (même en y mettant de la bonne volonté) d’être sérieusement chauvin.
On peut toujours être chauve, à défaut.