
Le papillon et la fleur, op. 1 (1861)
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La pauvre fleur disait au papillon céleste :
- Ne fuis pas !
Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
Tu t’en vas !
Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes
Et loin d’eux,
Et nous nous ressemblons, et l’on dit que nous sommes
Fleurs tous deux !
Mais, hélas ! l’air t’emporte et la terre m’enchaîne.
Sort cruel !
Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine
Dans le ciel !
Mais non, tu vas trop loin ! – Parmi des fleurs sans nombre
Vous fuyez,
Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre
A mes pieds.
Tu fuis, puis tu reviens ; puis tu t’en vas encore
Luire ailleurs.
Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
Toute en pleurs !
Oh ! pour que notre amour coule des jours fidèles,
Ô mon roi,
Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes
Comme à toi !
Victor Hugo

D’une apparente légèreté, ce texte semble laisser une place non négligeable à l’interprétation. Je suis toujours intéressé par ce que perçoivent différentes sensibilités d’une même Oeuvre. Je voudrais d’ailleurs au passage remercié l’admin, de cette belle découverte qu’est ce blog. Bien que certaines de vos pensées soient semble t’il en contradiction avec les mienne, j’apprécie certains documents, précieux que vous nous faites partager.