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4 Réponses à “Documentaire sur Alain Finkielkraut”

  1. Claurec dit :

    « Il me semble qu’il y a aujourd’hui en France une espèce de bonne conscience de la mauvaise conscience. On s’est installés dans l’idée d’une France qui doit expier ses forfaits: la Shoah, le colonialisme, la traite des noirs. Les progressistes – ceux qui me traitent de réactionnaire – pensent ainsi. Et cette idéologie tient le haut du pavé universitaire et médiatique. Je crois que ce raisonnement est sans pertinence pour qualifier la situation où nous sommes aujourd’hui. (…) L’hostilité dont la France est l’objet d’une partie importante de ses nouvelles populations n’est pas la conséquence, le résultat du colonialisme d’hier ni même de la xénophobie d’aujourd’hui. »

    Finki est toujours aussi réactif et affûté. Indispensable.

  2. Alexis dit :

    Il y a tout de même quelques passages qui me gênent dans ce reportage ; ce sont ceux qui relèvent d’une mise en scène de l’intimité : je pense à la séquence qui ouvre le documentaire, devant le match de football, avec le fils au téléphone depuis Los Angeles, ou à la visite à Lodz avec sa mère au téléphone dont on entend distinctement la voix, alors qu’il est censé s’agir d’une conversation privée, ou encore la visite dans la librairie avec son épouse, visiblement surjouée. Il y a là une complaisance dans l’étalage de l’intimité qui me semble radicalement opposée aux principes philosophiques et moraux qui fondent la pensée de Finkielkraut ; je regrette beaucoup qu’il ait accepté de se prêter à ce simulacre télévisuel.

  3. tarnopol dit :

    @ Alexis

    Les quelques complaisances inhérentes à la télé ne compensent pas, à mon avis, les possibles dividendes que Finkie en attend peut être.

    L’épisode du canal St Martin montre bien le quotidien de cet homme depuis quelques années, vilipendé, insulté, menacé de mort, interdit de présence ici ou là, blacklisté dans les médias après avoir été sûrement trop présent.

    En plus, j’imagine que ce documentaire, au delà de sa diffusion sur France Télévision, prendre place dans les médiathèques des bibliothèques. Je crois que Finkie y a sa place, et je trouve que le film manque de profondeur.

    Bref, ce film comporte les défauts habituels, scène de marche solitaire soigneusement préparée, présence de l’épouse compréhensive, mais tente de montrer l’absence de haine dont on dit qu’elle est constitutive des déclarations tronquées de l’homme, dans un quotidien évidemment réinventé où le communautarisme, la politique, n’occupent qu’une place restreinte. C’est un moyen faible mais un moyen pour que l’intellectuel puisse exister parmi les reportages consacrés aux sportifs, aux chanteurs, aux politiques, aux candidats de l’île de la tentation…

  4. Claurec dit :

    @ Alexis:
    Le genre documentaire, fut-il en « totale immersion »*, comporte nécessairement une part de mise en scène, une organisation du champ visuel, même réduite, en fonction des exigences de script et de montage et aussi des limites techniques. Parfois, ce bidouillage du réel peut être agaçant; dans ce portrait, il ne me gêne pas.

    * Selon moi, c’est une illusion naturaliste.

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