Alain Finkielkraut, L’esprit du boycott ne connaît pas de frontières in L’Arche n°538, décembre 2002
La libération de Maurice Papon L’indignation suscitée par la sortie de prison de Maurice Papon me paraît tout à la fois infantile et barbare. Pourquoi infantile ? Kundera définit la maturité comme la faculté de résister aux symboles, et il ajoute que « l’humanité est de plus en plus jeune ». Cette jeunesse s’atteste dans la transformation de Papon en symbole. Symbole de la collaboration, symbole de la solution finale, symbole d’autant plus symbolique que Leguay est mort, que Bousquet est mort. Mais aucun symbole n’a jamais comparu devant une cour. La justice a affaire à des individus. Parce qu’il est l’un des derniers rescapés, il paie cette longévité. Il paie l’assassinat de Bousquet. Il paie le fait que nous n’avons plus de nazis à nous mettre sous la dent. Une personne est mortelle, précaire, fragile. Elle a un corps. Un symbole est inaltérable. Il ne peut être en mauvaise santé. La palme de la jouvence doit être décernée à ces médecins qui ont déposé plainte devant le Conseil de l’Ordre et demandé l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre les auteurs de l’expertise ayant conclu à l’incompatibilité entre la santé de Papon et son séjour en prison. Qu’en savent-ils ? Le seul élément qu’ils ont pour justifier une telle initiative, c’est que Papon est sorti de la prison debout. Nous sommes tellement jeunes, tellement habités par les symboles, que nous n’aurions admis la maladie de Papon que s’il avait consenti à jouer le jeu du spectacle, à se coucher sur une civière. Mais il a marché. Cela veut dire qu’il nous provoque une fois de plus, qu’il n’a pas quatre-vingt-douze ans. Les symboles n’ont pas d’âge. Les témoignages des autres détenus, les séjours à l’hôpital, les visites des infirmières, les pertes de mémoire, les œdèmes aux jambes n’ont aucune importance. Papon est là et nous nargue comme au premier jour. Ce procès n’aura été, en fin de compte, que l’occasion fantasmatique d’abolir la distance qui nous sépare du nazisme et de faire de nous des antinazis glorieux et sans frais. De ce procès pour la mémoire, on a même oublié la sentence : on ne se souvient plus que Papon a été condamné pour arrestations illégales de trente-sept personnes ainsi que pour la séquestration de Léon Librach, et acquitté pour toutes les charges de complicité d’assassinat et de tentative de complicité d’assassinat. Ce verdict tenait compte de ce que la mémoire collective veut à tout prix occulter, malgré les efforts désespérés de Primo Levi : l’existence d’une « zone grise », remettant en cause la vision simplificatrice et gratifiante d’un monde en noir et blanc. Alors que la « zone grise » oblige à s’interroger sur les petits arrangements et les petits compromis des existences banales, face à la noirceur du mal, nous sommes tous des chevaliers blancs. Quant à la barbarie, j’ai un autre auteur pour justifier cette accusation qui peut paraître exorbitante ; c’est Bernanos, qui écrivait : « Il n’est pas d’instinct de l’homme qui ne soit capable de se retourner contre l’homme lui-même et de le détruire. En passant de la raison à l’instinct, l’idée de justice, par exemple, acquiert une prodigieuse capacité de destruction. Elle n’est d’ailleurs pas plus alors la justice que l’instinct sexuel n’est l’amour. Elle n’est même pas le désir de justice mais la concupiscence féroce et une des formes les plus efficaces de la haine de l’homme pour l’homme. » Seuls l’instinct de justice et le mépris du droit peuvent conduire à s’indigner devant la libération de Maurice Papon. Car de quoi s’agit-il ? Papon a été libéré parce qu’il ne pouvait pas recevoir en prison les soins dont il avait besoin. C’est tout ce qui est dit. Sa condamnation pour complicité de crime contre l’humanité tient toujours. Papon a sans doute mérité son sort mais on ne peut pas dire qu’il s’en tire à bon compte. Depuis 1981, cet homme est accusé de crime contre l’humanité, le plus monstrueux des crimes. Il a passé trois ans en prison. Il a payé. La foule demande davantage ? « Oïlem Goïlem », me disait mon père, la foule est un Golem. L’hystérie grégaire joue aujourd’hui en faveur des Juifs. Elle a joué en leur défaveur à d’autres moments, et elle peut servir d’alibi ainsi que de grille de lecture de la haine d’Israël. À cet égard, il est symptomatique que Noël Mamère ait été parmi les premiers à s’élever contre cette « insulte aux victimes de la Shoah ». Ceux qui auraient voulu voir Papon mourir sous leurs yeux sont souvent les plus acharnés contre Israël. Ce qui tient de mémoire, en eux, les a complètement décervelés. Il n’y a plus que les bons et les méchants, les nazis et les autres. Pour eux, aujourd’hui, ce sont les Israéliens qui sont les nazis, et ils peuvent le dire d’autant plus aisément qu’ils veulent que Papon retourne en prison. Nous ne pouvons pas nous réjouir de l’hystérie dont nous avons été les témoins - et parfois, hélas, les protagonistes. Je voudrais rappeler l’expression de Germaine Tillion, qui a dit : nous les victimes, nous les rescapés, nous avons droit à la pitié. Non pas la pitié qu’on éprouve pour nous ; nous avons le droit d’éprouver une certaine compassion. Je ne vois pas ce que la fidélité, la mémoire, la compréhension du monde peuvent gagner à cette férocité qui nous explique que Papon, à quatre-vingt-douze ans, va très bien, qu’il est un danseur de claquettes, un Fred Astaire simulateur. Je suis enfant de déporté. Mes grands-parents paternels ont été emmenés de Bordeaux vers Auschwitz, dont ils ne sont pas revenus. J’ai été éduqué dans la mémoire, jamais dans l’hystérie vindicative. Ma mère comprend ma modération. Elle a simplement un peu peur des conséquences qu’elle peut avoir pour moi. Il faut cesser de faire au sentimentalisme une confiance aveugle.
La disparition de l’ennemi Nombre d’intellectuels militent aujourd’hui pour le boycott des produits israéliens et la suspension de toutes relations avec les intellectuels et les institutions universitaires ou culturelles israéliennes. Une telle attitude témoigne de la disparition de ce que l’on croyait être les acquis du combat antitotalitaire en France. Israël est traité comme l’Irak - et même pire que l’Irak, si l’on en croit un bloc-notes récent signé par Danièle Sallenave dans Libération, où il est affirmé que le vrai État-voyou du Moyen-Orient, ce n’est pas l’Irak mais Israël. Autrement dit, les distinctions fondatrices de la démocratie sont niées. L’État c’est la même chose que la société civile, la droite c’est la même chose que la gauche, tous les Israéliens sont des clones de Sharon. Israël est un seul bloc de mal. Et l’on veut infliger à cette entité nocive le même traitement qu’à l’Afrique du Sud de l’apartheid, c’est-à-dire du racisme institutionnel. Je vois dans cette référence à l’apartheid une nouvelle preuve de l’incapacité où nous sommes de penser quoi que ce soit en dehors des catégories de l’antiracisme. Il n’y a plus rien d’autre pour appréhender le monde et la diversité du monde. Les Juifs ont une responsabilité dans cet état de choses, car cette idéologisation de l’antiracisme est une retombée du devoir de mémoire. C’est dans les termes du respect de l’Autre que nous abordons toute réalité humaine. Cela peut avoir certains aspects positifs, mais cela peut en avoir d’autres, aveuglants, crétinisants. Car cette vision du monde affecte les esprits apparemment les plus imperturbables. Dans son dernier livre qui connaît un grand succès, Après l’Empire (Gallimard), Emmanuel Todd écrit à propos de État d’Israël que « sa politique à l’égard des Arabes est terrible, l’incapacité de plus en plus grande des Israéliens à percevoir les Arabes comme des êtres humains en général est une évidence pour les gens qui suivent les informations écrites ou télévisées ». Ce n’est pas la réalité objective qui impose cette évidence, c’est l’effacement, en nous, de la catégorie d’ennemi au profit de la figure de l’Autre. Israël ne réagit pas de manière critiquable ou justifiée face à un ennemi. Israël est face à l’Autre. On le voyait déjà au moment de la guerre en ex-Yougoslavie. Lors du grand raout organisé à Dubrovnik en état de siège par Bernard Kouchner, Barbara Hendrix a prononcé le discours de Martin Luther King I have a dream. Le rêve d’une réconciliation des Noirs avec les Blancs servait de modèle à celle qui devait advenir entre Serbes et Croates. Sauf que, dans ce cas-là, il y a avait des assiégeants. Les Serbes n’étaient pas l’Autre : c’était l’ennemi. De même, pour les Israéliens, les Palestiniens ce n’est pas l’Autre, c’est l’ennemi. Ce qui ne signifie pas qu’on doive refuser de faire la paix avec lui, ni qu’on puisse le traiter n’importe comment. Si la catégorie d’ennemi disparaît sous celle de l’Autre, alors on ne comprend plus rien, et surtout l’ennemi réapparaît sous une autre forme. Celui qui ne respecte pas l’Autre est raciste, se met en dehors de l’humanité, devient l’ennemi du genre humain. C’est très exactement ce qui arrive à Israël. L’ennemi du genre humain, celui qui ne respecte pas l’Autre, il faut le mettre en quarantaine, l’isoler, le stigmatiser. Le boycott est justifié contre lui. Mais l’esprit du boycott ne peut pas s’arrêter aux frontières d’Israël. Il doit s’appliquer aux sionistes, ces gens terriblement actifs qui soutiennent Israël, manifestent leur solidarité, ne critiquent pas assez Sharon. L’esprit du boycott a vocation à s’étendre partout. Je reçois pour ma part un courrier d’une violence tout à fait exceptionnelle. J’ai déjà été attaqué dans ma vie, mais jamais en ces termes. Il y a des gens pour penser que je n’ai rien à faire sur une radio nationale puisque je soutiens un État raciste, puisque je suis au service des ennemis du genre humain. Il faut cesser d’acheter des oranges Jaffa, mais il faut aussi que ce type arrête de diffuser sa propagande sur France Culture. Cela n’ira pas jusque-là, mais il faut savoir que l’esprit du boycott conduit nécessairement à la demande d’interdiction professionnelle. À force de ne plus voir la réalité humaine dans sa complexité, de ne plus réserver aucune place à la catégorie d’ennemi dans notre vision du monde et de la guerre, on réinvente celle d’ennemi du genre humain. C’est ce à quoi les Israéliens sont exposés. C’est ce à quoi, avec beaucoup d’autres, je suis exposé moi-même. Dans les années 50, comme l’a dit Malraux, le son unique de la propagande stalinienne était l’indignation. De même, pour les anti-sionistes d’aujourd’hui, nous qui sommes attachés à Israël, nous ne sommes pas seulement des adversaires, nous sommes des scélérats. La substitution de la figure de l’Autre à la catégorie d’ennemi ne va pas faire disparaître l’inimitié : elle créera, bien au contraire, le climat d’une guerre à mort.
La politique et le « vrai visage » Malgré la répétition des attentats, cette monotonie dans l’horreur, l’ancien ambassadeur d’Israël en France, Élie Barnavi, a raison de dire que les Israéliens ont remporté une victoire militaire. Les Palestiniens ont échoué. Ils ont compté sur la terreur pour obtenir plus que ce que les négociations leur avaient procuré. Persuadés d’avoir à faire à une société occidentale fragilisée, ils se sont dit : nous allons gagner car nous aimons plus la mort qu’eux n’aiment encore la vie. Cela ne s’est pas passé ainsi. La société israélienne a tenu bon et continuera à tenir bon. En revanche, l’Autorité palestinienne est démantelée. Les Palestiniens ont tout perdu dans cette affaire. Mais, d’un autre côté, force est de constater qu’une victoire militaire comme celle que les Israéliens sont en train d’obtenir n’a pas pour corollaire l’abandon du terrorisme. On peut vaincre militairement les Palestiniens sans pour autant mettre fin aux attentats, même si on en évite la plupart. Cela crée un problème moral et politique d’une ampleur extraordinaire. Comment prendre acte de ces deux réalités apparemment contradictoires ? Certains disent qu’à chaque fois qu’on desserre l’étau sur les Palestiniens il y a des attentats, et qu’on ne peut donc pas lever les sanctions. Les mêmes avancent un autre argument, non plus seulement politique mais ontologique. Ils prétendent que nous vivons l’époque du grand dévoilement. Ce dévoilement - et je partage jusqu’à un certain point cette analyse - résulterait du fait que cette deuxième Intifada n’a pas surgi dans une période de blocage mais en pleine négociation. Les Palestiniens ont réagi par une Intifada de terreur - et non plus seulement par une Intifada de pierres - à une proposition de paix qui impliquait nécessairement le démantèlement d’une grande partie des implantations, puisqu’il s’agissait de donner aux Palestiniens 85 à 95 % des territoires. D’où l’intense découragement du camp de la paix. Mais l’argument ne s’arrête pas là. Il conduit à constater que les Palestiniens, qui exercent la terreur indifféremment dans les territoires et à l’intérieur des frontières de 1967, ont montré leur « vrai visage ». C’est cette conclusion que je ne suis pas. Oui, il y a eu un dévoilement. Il faudrait être naïf ou très malveillant, comme toute une part de la gauche progressiste française, pour ne pas s’en rendre compte. Mais, en politique, il n’y a pas de vrai visage. Parler de vrai visage, c’est considérer que nous vivons dans l’univers de l’irrévocable. Des mentalités fixées une fois pour toutes. Un refus définitif. Un Jihad sans appel. La politique implique au contraire une part d’indétermination et de contingence dans le monde. Si tout est joué, il n’y a plus de place pour l’action. L’essentialisme et la politique sont des notions contradictoires. Les choses peuvent changer. L’islam peut évoluer. Les Palestiniens peuvent se re-palestiniser. Il peut dépendre aussi des Israéliens qu’ils le fassent. En d’autres termes, si nous disons « les Palestiniens ont montré leur vrai visage », et si la politique suivie est fonction de ce constat, ce n’est plus tout à fait un constat. C’est notre choix de les enfermer dans cette vérité que nous avons découverte. Par conséquent, le déterminisme vient aussi de nous. Nous pouvons contribuer à fixer les choses. L’horizon aujourd’hui pour Israël, c’est d’aider à la reconstitution d’une Autorité palestinienne digne de ce nom, désarafatisée, capable d’en finir avec la terreur. Jamais les Israéliens ne pourront obtenir ce résultat. Seuls les Palestiniens - fût-ce au prix d’une guerre civile - peuvent y parvenir. Mais si une guerre civile est inévitable, encore faut-il leur en donner l’envie et les moyens. Il faut contribuer à faire évoluer les Palestiniens dans le bon sens. On peut aussi décider de les dégrader encore davantage. Mais alors, il faut savoir que c’est un choix et ne pas faire mine de le constater après-coup.
La Turquie et l’Europe Les élections en Turquie, avec la victoire du Parti de la Justice et du Développement, sont probablement un test pour l’islam modéré. Cela existe-t-il ? Faut-il faire une distinction entre l’islamisme modéré et l’islamisme radical ? Nous le verrons. Mais ma position sur l’adhésion de la Turquie à l’Europe ne dépend pas du résultat des élections dans ce pays. Y aurait-il en Turquie un gouvernement entièrement laïque, au sens européen du terme, la Turquie s’alignerait-elle sur les critères européens quant aux droits de l’homme, comme elle essaie de le faire, je n’en conclurais pas, pour ma part, que la Turquie fait partie de l’Europe. Ce discours, qui est celui du sens commun, n’est pas facile à tenir aujourd’hui. Une sorte de surmoi moralisateur pointe son doigt sur le sens commun et dénonce les écueils à éviter. L’Europe est construite aujourd’hui sur un principe d’inclusionnisme universel. Il est de plus en plus difficile de dire avec une certaine légitimité que l’Europe s’arrête quelque part. Comment expliquer cette impossibilité de s’en tenir à des frontières résultant à la fois de la géographie et de l’histoire européennes ? Cela tient, en partie, à la forme prise, en Europe, par la mémoire de la Shoah. Tout a commencé en Allemagne avec la grande réflexion de Habermas sur la nécessité d’instaurer une identité post-nationale et de substituer au patriotisme traditionnel un patriotisme constitutionnel. Selon ce philosophe, l’Allemagne moderne est née à Auschwitz. Le seul patriotisme aujourd’hui concevable pour un Allemand, c’est l’adhésion à des normes abstraites et à des principes universels. Les Européens voudraient maintenant s’aligner sur ce modèle. D’autant plus que l’Europe se construit elle-même comme une réalité post-nationale. L’Europe a des valeurs - les droits de l’homme, la démocratie, la liberté de circulation des marchandises et des personnes, etc. - qui importent beaucoup plus que ses ancêtres. Il en résulte une Europe interminable, à laquelle tous les pays ont vocation à appartenir à condition de respecter ses règles fondamentales. Je ne crois pas qu’il faille raisonner ainsi. L’Europe, c’est une histoire et c’est une géographie. De cette histoire et de cette géographie, la Turquie ne fait pas partie. La Turquie, c’était l’Empire ottoman. Aujourd’hui, ce pays n’est plus l’ennemi de l’Europe. Il peut même être un partenaire stratégique très important face à la montée de l’islamisme radical. Mais pourquoi vouloir intégrer la Turquie à l’Europe, faire ainsi l’impasse sur l’histoire ? Le passé n’est pas simplement là pour nous faire honte. Nous devons l’assumer et le prolonger. On nous dit : soyons ouverts à l’altérité, aimons l’Autre, l’Autre est notre valeur suprême. Mais, au bout du compte, il n’y a plus d’Autre, il n’y a plus d’altérité. Rien n’est autre que nous puisque nous sommes universels. Notre vocation, c’est de construire le village global. Au nom de l’Autre, c’est l’éradication de toute altérité qui est prononcée ainsi en Europe et par l’Europe. Cette conception pose un problème extrêmement grave. Elle conduit les Européens à fuir leur condition politique. Si l’Europe est cosmopolitique, elle ne peut pas être politique. Et si elle n’est plus politique, d’autres le sont à sa place. Il y a un partage des tâches confortable mais préoccupant entre une Europe toujours plus inclusive qui s’écoute prêcher et une Amérique toujours plus impériale qui fait le boulot. C’est à l’intérieur de frontières précises que l’Europe peut exercer un rôle mondial. La politique ne se résume pas à la défense de ses intérêts, elle consiste aussi à s’interroger sur ce que l’on peut faire pour l’humanité. On ne peut pas faire quelque chose pour l’humanité quand on est l’humanité. On ne peut le faire que lorsque l’on s’assume comme communauté particulière. C’est le modèle juif. Ce modèle a inspiré les nations chrétiennes au Moyen-Âge et il doit continuer d’inspirer la construction de l’Europe. Nous n’avons rien à gagner à la désincorporation des valeurs. Déjà, de plus en plus d’intellectuels angéliquement européens déclarent qu’un État ne saurait être à la fois démocratique et juif. Plus l’Europe considérera qu’elle doit, pour elle-même, se détacher entièrement de ses origines, plus Israël lui apparaîtra comme une aberration. |
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