En France comme dans
le reste de l'Europe, l'étude des problèmes relatifs à l'islam, à l'immigration
musulmane, ou l'islamisme radical, est souvent faussée par l'immixtion
au sein du débat de fortes charges émotionnelles inhérentes tant à la
mauvaise conscience européenne et au vécu douloureux de nombreux musulmans
issus de l'émigration, qu'au "politiquement correct" et à l'une de ses
variantes récentes, "l'islamiquement correct".
Otage des instrumentalisations
idéologiques et des débordements passionnels, le débat sur l'islam est
devenu l'enjeu d'une vaste opération de désinformation, d'une véritable
"guerre des représentations". Cette dérive confère à la stratégie de
conquête déployée par les mouvances islamistes, fondée sur le "victimisme",
une force de légitimation considérable. Parallèlement, l'instrumentalisation
de la mauvaise conscience occidentale et, dans ce cadre, des douleurs
de la seconde guerre mondiale dont la Shoah ("reductio ad hitlerum":
processus inhibiteur de fascisation-nazification de l'Autre baptisé
ainsi par Léo Strauss) permet aux prosélytes musulmans comme à leurs
alliés islamophiles, généralement issus de mouvances idéologiques radicales,
de disqualifier moralement toute thèse n'allant pas dans le sens de
"l'islamiquement correct" et de l'apologie du communautarisme islamique.
Cette auto-censure d'origine idéologico-morale explique pourquoi la
République française et nombre d'Etats européens accordent aux mouvances
islamo-fondamentalistes des concessions exorbitantes du droit commun,
parfois contraires aux valeurs fondamentales des sociétés d'accueil.
Ceci au nom d'une "discrimination positive" censée contrebalancer les
"injustices" et, plus inconsciemment, expier les fautes passées des
sociétés occidentales au lourd passif colonialiste, "raciste" et "islamophobe".
Après avoir étudié la genèse de la pensée islamophile, origine de l'"islamiquement
correct" actuel, nous verrons comment les forces vives de l'islamisme
en Europe, désireuses de contrôler les masses musulmanes et d'empêcher
leur intégration, dans le cadre d'un projet découlant d'une lecture
orthodoxe de l'islam - ce qui est souvent occulté - ont adopté une stratégie
victimiste consistant à instrumentaliser les courants de pensée islamophiles,
internationaliste et tiersmondistes en Occident, dont les valeurs de
"tolérance" et "d'antiracisme" sont détournées aux termes d'une opération
de désinformation et de subversion des valeurs particulièrement efficace.
Mahomet ou
le premier islamiste
Avant même d'aborder le
thème de la subversion islamiste, il convient de montrer le caractère
déjà fort désinformateur du lieu commun, fort répandu dans nos sociétés,
selon lequel l'islam serait une religion "tolérante", les courants islamistes
étant de ce point de vue présentés comme contraires à "l'esprit
réel de l'islam" et du Coran.
En réalité, il est historiquement et théologiquement faux de dire que
"l'islam réel" est naturellement "tolérant" et que les Islamistes sont
de "mauvais musulmans", voir des "hérétiques". Il suffit d'étudier la
vie du Prophète Mahomet, sa geste guerrière, ainsi que les sources de
la Loi islamique, issus du Coran et des traditions du Prophète (Hadiths),
pour se rendre compte que "l'islam classique" ou "orthodoxe", tel qu'enseigné
dans les universités islamiques du monde entier, est fondamentalement
intolérant et n'a jamais connu de réforme, les mouvements réformistes
ayant hélas toujours été violemment combattus par les pouvoirs en place
ou supplantés par les tendances "orthodoxes". En fait, loin d'être des
extrémistes coupables d'édulcorer le message coranique, les Musulmans
fondamentalistes prêchant le jihad, et les Islamistes en général, trouvent
dans la vie de leur Prophète et dans les textes sacrés de l'islam d'incontestables
sources de légitimation activiste.
Concernant la vie du "Beau-Modèle", rappelons tout de même que Mahomet,
natif de La Mecque, où son message conquérant ultra-monothéiste avait
au départ rencontré l'hostilité de ses frères païens bédouins, avait
effectué avec ses premiers adeptes un repli stratégique vers Médine
(Yatrib), y établissant la première société islamique temporelle et
armée. Convertissant des fidèles de plus en plus nombreux, Mahomet cessa
de respecter la liberté religieuse des différentes communautés de Médine,
notamment les Juifs - qu'il avait voulu rallier initialement et qui
l'avaient d'ailleurs accueilli lorsqu'il fuyait sa ville - dès qu'il
fut en mesure de reconquérir La Mecque. L'"Envoyé d'Allah", qui avait
longtemps misé sur l'islamisation des Juifs, considérés au départ comme
des monothéistes authentiques, accusa désormais ces derniers de "falsifier
les Ecritures", annonciatrices de l'Islam, et les somma d'adhérer à
la nouvelle religion.
Mais les Juifs refusant de reconnaître la nouvelle révélation, le Prophète
et ses nouveaux adeptes, les Ansar, leur déclarèrent la guerre, passant
au fil de l'épée tous les "insoumis" (islam veut dire "soumission").
Les Païens arabes qui refusèrent de se convertir furent passés au sabre
(le paganisme n'ayant aucune existence légale en islam et étant puni
de mort, comme l'Apostasie), tandis que les "monothéistes" Juifs et
Chrétiens acceptant de se "soumettre" à la théocratie islamique sans
pour autant se convertir se virent accordés, moyennant le paiement d'un
impôt spécial et l'acceptation de toute une série d'humiliations-restrictions
de libertés, le statut de "protégés" (dhimmis), en fait un statut de
sujétion. Le même épisode surviendra avec les Juifs de l'oasis de Khaybar.
C'est ainsi, qu'entre 622 et 632, toute l'Arabie devint islamique grâce
à la "guerre sainte", le jihad. De là aussi découle le statut légal
des non-musulmans en Islam, statut juridique inchangé et enseigné jusqu'à
nos jours dans les Universités musulmanes des quatre écoles sunnites
officielles. Or, l'une des flagrantes opérations de désinformation en
matière d'islam consiste à vanter la " tolérance " islamique du fait
que les Juifs et les Chrétiens ont un statut de "protection".
Au contraire du bouddhisme ou du christianisme, la violence a toujours
été légitime dans l'islam. En effet, le Jihad contre les Infidèles et
les Apostats sur le chemin d'Allah (Jihad fi sabil'Allah) n'a jamais
été remis en question par aucune des écoles officielles de l'islam.
Désinformateurs volontaires ou involontaires, ce sont d'ailleurs les
Islamophiles occidentaux qui tentent de dédouaner l'islam en affirmant
que le Jihad, qui veut dire "effort", étymologiquement, serait essentiellement
spirituel: le "Grand Jihad " consistant à "lutter contre ses démons
intérieurs" et contre les mauvais musulmans, tandis que "l'effort de
guerre armée contre les Infidèles" ("petit jihad") serait en quelques
sortes "accessoire". Pourtant, en dépit de ces distinctions d'islamophiles
occidentaux, projetant leurs fantasmes de tolérance et de liberté religieuses
sur l'Islam, le jihad désigne essentiellement la guerre contre les "Infidèles"
et il est le fondement du prosélytisme islamique. Loin d'être utilisée
en dernier recours ou d'être inférieure à la prière, comme c'est le
cas dans d'autres religions, "la guerre sur le sentier d'Allah" est
sanctifiée: Mahomet lui-même aurait participé personnellement à 80 combats
et ce sont plus de 100 versets qui incitent à la guerre dans le Coran.
Le combat armé est appelé le "Sentier d'Allah" et "ceux qui sont tombés
dans la guerre sainte" sont comparés à des "martyrs de la Foi" (IX,
52; LVIII, 19). Aussi n'est-il pas étonnant que les successeurs de Mahomet
utiliseront systématiquement la violence pour étendre les frontières
de l'empire arabo-musulman et de la "Oumma islamique" (communauté des
Croyants). L'assassinat horrible de sept moines cisterciens de la Trappe
de Tibhirine le 21 mai 1996 par un commando du GIA repose, à l'aune
de cet enseignement, sur un fondement juridico-théologique légal
L'échec de
la réforme de l'islam: fondement de la légitimité et de l'orthodoxie
des courants islamistes
Malheureusement pour le
monde arabo-musulman, il a été convenu à partir du Ve siècle de l'Hégire,
que les "portes de l'Idjtihad" (l'interprétation des textes sacrés)
demeureraient fermées. Depuis lors, toute réforme, toute tentative d'aggiornamento
est apparu, au regard de ce qui est devenu depuis "l'orthodoxie musulmane",
comme une "innovation impie" (bidàà) et une atteinte à l'éternité et
la perfection divine du Coran, ancrage de la parole de Dieu, révélée
mot par mot par l'ange Gabriel (II, 91; XLII, 50-52) à Mahomet, son
organe. Aussi le Coran, considéré comme la copie conforme au prototype
de la Révélation divine - "la Mère du Livre" (Oum el-kitab) qui se trouve
au Ciel, constitue le fondement, avec les Hadiths de Sunna (faits,
dits, jugements et gestes de Mahomet), du droit musulman, (Fiqh). C'est
que la Charià, la loi islamique, se donne comme l'interprète même de
la Révélation. Elle dicte au croyant le Statut familial, le droit pénal,
public et international, les relations avec les non-Musulmans, elle
réglemente sa vie religieuse, politique et sociale. Le lien entre le
Coran "intouchable" et "parfait" et la loi islamique explique en grande
partie la difficulté de réformer un système juridico-théologique qui
se veut parfait et inchangeable. Droit révélé, le Fiqh puise également
la vie dans deux autres racines (osoul) de la Révélation islamique
complémentaires et nécessaires à l'interprétation: l'analogie (Qyas),
le consensus universalis (Idjmà), et, Ray, ou jugement humain, à titre
exceptionnel. C'est à partir de ces sources et techniques "licites"
que les premiers juristes musulmans posèrent les bases des quatre écoles
orthodoxes du Sunnisme: Chafiisme, Malikisme, Hanafisme, Hanbalisme.
Aussi peut-on observer que les quatre premiers siècles de l'Islam furent
caractérisés par une créativité intellectuelle très intense, permise
par l'utilisation de la raison humaine dans l'Idjtihad (l'effort d'interprétation
des textes sacrés), avant que ne soient définitivement fermées les "Portes
de l'Ijtihad". Avec le triomphe des conservateurs et l'élimination des
réformistes, rationalistes (Mut'azilites) ou mystiques , l'islam fondamentaliste
deviendra l'islam orthodoxe, classique, mettant ainsi fin à cinq siècles
d'effervescence intellectuelle.
La nouvelle
trahison des clercs?
En 1983, dans sa préface
au livre de Bat Yé'Or, Les Dhimmis, Juifs et Chrétiens en terre d'Islam,
l'universitaire Jaques Ellul se plaignait qu'en France " il n'est pas
de bon ton de critiquer l'islam ou les Pays Arabes" . En fait, nombre
d'intellectuels, islamologues et historiens occidentaux, lorsqu'ils
étudient l'islam, attribuent à la civilisation musulmane les valeurs
universelles et laïques de liberté religieuse fort étrangères à la nature
même de l'islam. Le principal paradoxe de cette démarche est qu'en voulant
prendre du recul par rapport à la religion de leurs ancêtres, le christianisme,
principalement, c'est-à-dire au nom d'une critique de "l'occidentalo-centrisme",
ils s'enracinent encore plus dans cet occidentalo-centrisme, puisqu'ils
prêtent à la religion de Mahomet la vertu de "tolérance" à laquelle
l'idéologie séculière moderne occidentale accorde une place primordiale
dans la hiérarchie des valeurs. Mais l'islam qu'ils décrivent est souvent
un islam romancé, idéalisé, supposé accorder une pleine liberté aux
sujets non-musulmans vivant en terre d'Islam, un islam en fin de compte
"occidentalisé" puisque laïcisé, et dont on semble induire qu'il aurait
connu un aggiornamento comme le christianisme ou le judaïsme.
Or, c'est là que point la désinformation, car les islamologues oblitèrent
le fait qu'en Occident, notamment en France ou en Italie, la religion,
principalement catholique - mais aussi protestante et juive - fut contrainte
de "renoncer à une partie d'elle-même" (J. P. Péroncel-Hugoz) sous la
pression des pouvoirs politiques sécularisés. Il serait par dès lors
naïf et dangereux de croire qu'une "religion temporelle" (Montgomery-Watt)
comme l'islam, qui s'est toujours pensée comme dominante et hégémonique,
et dont les textes sacrés et juridico-théologiques ont été forgés dans
ce cadre, accepterait sans réticences le pacte républicain et laïque
qui lui est essentiellement étranger sans avoir à connaître au préalable
un aggiornamento. Cette "discrimination positive" en matière d'islamité,
à mettre en parallèle avec l'extrême dureté des analyses du christianisme,
est toutefois compréhensible et explicable, historiquement. Aussi l'islamophilie
qui l'a permis s'inscrit-elle aussi dans le cadre de la "crise de la
conscience européenne" si bien analysée par Paul Hazard, crise qui présida
à la sécularisation de l'Occident dans un vaste contexte de remises
en questions souvent conflictuelles, bien que fécondes par ailleurs.
Le mythe du
"bon sauvage" et du "bon oriental", des grandes découvertes à l'Encyclopédie
L'islamophilie des Encyclopédistes
visait en partie à rééquilibrer la vision de ce qu'on nommait alors
"l'islamisme", chargé d'une forte image négative, et, parallèlement
à stigmatiser son ennemi séculaire, l'Eglise catholique. Cet anti-catholicisme
provenait du fait que l'Eglise et la Monarchie avaient été étroitement
associées, les minorités protestantes, juives, les Templiers, etc, ayant
été persécutés ou brimés tantôt par le Trône tantôt par l'Autel. En
conséquence, dans l'imaginaire occidental moderne, la religion islamique,
étrangère aux querelles internes à la civilisation européenne, à la
Réforme ou à la Révolution française, ne sera pas entachée d'image réactionnaire,
despotique et de stéréotypes négatifs. Bien au contraire, ayant été
chassés d'Europe et/ou persécutés par des Rois catholiques, notamment
en Espagne, puis combattus par des seigneurs européens et le Vatican
(Croisades), les Musulmans bénéficieront à partir du XVIIIème siècle,
moment par excellence de la "crise de la conscience européenne" et de
la Modernité, d'une image de "bons", de victimes de cet Ancien Régime
tant honni et finalement vaincu.
En fait, il n'y eut jamais de parfaite cohabitation avec les autres
religions en terre d'Islam. Au meilleur des cas, les minorités conservaient
une certaine liberté d'action mais étaient toujours perçus comme "infidèles"
et devaient se soumettre au pouvoir islamique, qui leur était formellement
interdit, même si les monarques s'entouraient souvent de conseillers
juifs ou chrétiens et de savants et artistes non-musulmans. "En mettant
en relief le vice, la corruption et la dégénérescence des Européens,
les écrivains du dix-huitième exagéraient la prétendue supériorité des
cultures étrangères, la sagesse des moralistes et des commentateurs
chinois, perses ou péruviens. Ces auteurs européens, loin de cultiver
l'exotisme pour l'intérêt intrinsèque des cultures étrangères, n'avaient
en réalité qu'une connaissance restreinte des autres civilisations"
, explique Ibn Warraq.
C'est seulement à la lumière de ces précisions que l'on comprend pourquoi
le dix-huitième siècle adopta d'aussi bonne grâce le mythe d'un Muhammad
"éclairé", législateur sage et "tolérant", tel qu'il est présenté par
le comte Henri de Bougainvilliers (1658-1722) dans sa biographie apologétique
du Prophète, publiée à titre posthume à Londres, en 1730. Le livre aura
une influence décisive sur la vision européenne de l'Islam et plus particulièrement
sur celle de Voltaire et de Gibbon. Comme Bougainvilliers et Sale, qu'il
avait lus, Voltaire préféra finalement utiliser l'islam comme " un subterfuge
pour attaquer le christianisme, qu'il considérait comme la plus ridicule,
la plus absurde et la plus sanglante religion qui ait jamais infecté
le monde" . Par contraste, il finira par vanter la doctrine musulmane
pour sa grande simplicité: il n'y a qu'un seul Dieu, et Muhammad est
son prophète (la ilaha illa'llah wa Mohammad Rasul Allah). Gibbon sera
également profondément influencé par Bougainvilliers. Lorsque Gibbon
entreprend son Histoire (Déclin et Chute, 1er vol., 1776), le déclin
du christianisme auprès des élites et des encyclopédistes avait laissé
un vide spirituel propice à un accueil positif de l'islam, ainsi que
le remarque Bernard Lewis. "L'Europe, semble-t-il, a toujours eut besoin
d'un mythe pour comparer et critiquer sévèrement, écrit Lewis... Le
Siècle des Lumières a connu deux prototypes d'idéal : le bon sauvage
et l'oriental sage et raffiné. Il y eut une certaine compétition pour
le rôle de ce dernier. Pendant un moment, le chinois joua à la perfection
dans le théâtre d'ombre de l'intellectualisme occidental. Ensuite, le
désenchantement s'installa, et s'aggrava avec les rapports des voyageurs
qui rentraient de Chine et dont la perception avait été façonnée (...)
par l'expérience. Au moment où Gibbon commence à écrire, il y avait
une vide pour un mythe oriental. L'islam, sous de nombreux aspects,
faisait l'affaire" .
Islamologues
et "islamophiles" chrétiens
Au contraire de la majorité
des apologistes européens de l'islam des dix-septième et dix-huitième
siècles, qui utilisaient l'islam comme une arme contre l'intolérance
et le dogmatisme chrétien, leurs successeurs des dix-neuvième et vingtième
siècles avaient au contraire une connaissance étendue de l'islam et
étaient en général de fervents chrétiens. Ils pensaient que l'islam
était une religion soeur et que le christianisme et l'islam étaient
destinés à mourir ou à survivre ensemble face au défi agnostique et
scientiste de la Modernité. Sir Hamilton Gibb s'intéressera par exemple
à l'islam en tant que chrétien engagé dans une entreprise spirituelle
commune, tandis que Norman Daniel écrira: "le christianisme et l'islam
souffrent avec patience sous la pression du monde, et des attaques des
athées, des scientifiques et de leur pareils" .Quant au grand islamologue
Montgomery Watt, chrétien fervent, et un moment prêtre à l'église de
Saint Mary Boltons à Londres, celui-ci considérait l'athéisme et le
communisme comme des ennemis communs aux trois religions monothéistes.
Daniel et Watt, tout comme en France l'autre grand orientaliste chrétien,
Louis Massignon, insistent tous sur la lutte spirituelle commune dans
laquelle toutes les croyances monothéistes sont engagées.
De cette la pensée islamophile occidentale découle ce que certains ont
nommé l'" Islamiquement correct ", forme spécifique de " politiquement
correct ". Mais ce dernier a également d'autres origines : autant fondé
sur la haine de soi occidentale - instrumentalisée à l'envi par une
certaine pensée dite "de gauche" ou d'extrême gauche - que sur la peur
de parler du "péril islamique" (il est moins risqué de critiquer le
Pape, l'Opus Dei, les Lefébvristes ou les Juifs orthodoxes que les Islamistes),
" l'islamiquement correct " est aujourd'hui par ailleurs porté par la
nécessité politique de justifier la poursuite des flux migratoires Sud-Nord,
que les Etats européens aux taux de fécondité faible ne peuvent enrayer,
ainsi que par les stratégies électoralistes des hommes politiques désireux
de conquérir le nouvel électorat "islamique". Enfin, on ne doit pas
non plus oublier son origine "pétro-stratégique", laquelle passe notamment
par le puissant lobbiying financier et diplomatique en Occident d'Etats
pétroliers fondamentalistes comme l'Arabie Saoudite, actionnaire de
nombreuses sociétés occidentales et forts de l'arme du prix du baril
de pétrole.
Islamophilie,
victimologie et communautarisme : instruments de la désinformation en
matière d'islam et de la subversion islamiste en Europe
Dans le cadre de
la stratégie de conquête élaborée par les organisations islamistes,
le thème du multiculturalisme (ou de la "société multiculturelle") constitue
un des leviers de mobilisation majeurs des masses musulmanes que les
Islamistes escomptent "réislamiser", encadrer, et, en fin de compte,
instrumentaliser. Ici, le discours sur le multiculturalisme a pour fonction
de justifier un certain nombre de revendications communautaristes conçues
dans le but de d'empêcher les minorités musulmanes de s'intégrer aux
sociétés d'accueil "impies", la non-intégration de ces communautés étant
considérée comme la condition sine qua non de leur maintien dans la
"Oumma" islamique. Toute l'opération de désinformation et de manipulation
des mouvances islamo-fondamentalistes consiste à masquer ces objectifs
stratégiques réels derrière des desseins plus moraux et apparemment
en accord avec les valeurs fondamentales des sociétés européennes, principalement
les valeurs de "tolérance", de "droit à la différence", de "liberté
de conscience" et "d'antiracisme".
Ainsi, au nom d'une critique de "l'intégrisme laïcard intolérant", et
grâce à une rhétorique "victimiste" assimilant la laïcité républicaine
"orthodoxe" au "racisme", à "l'exclusion" ou même à "l'islamophobie",
les Islamistes sont parvenus à faire admettre leurs revendications communautaristes
- atteinte à l'égalité des sexes; revendications de "droits d'exceptions"
ou "immunités territoriales" menaçant à terme l'unité et l'intégrité
de la République - comme la seule alternative à "l'intolérance autochtone",
une variante du "droit à la différence" prenant acte de la globalisation
et de l'effacement de l'Etat national au profit d'un différentialisme
néo-tribal parfaitement décrit dans l'ouvrage d'Alain Minc Le monde
est ma tribu.
Comme l'a récemment dénoncé la démographe Michèle Tribalat, spécialiste
des questions d'Islam et d'immigration, à l'occasion de sa démission
en décembre 2000 du Haut Conseil de l'Intégration, qu'elle accuse de
céder aux revendications islamistes, l'Etat républicain a amorcé ces
dernières années une mutation communautariste qui fait le lit des organisations
islamistes, au détriment, à long terme, du processus d'intégration des
populations musulmanes de France. "Le rapport du HCI sur "l'islam dans
la République" est totalement angélique, explique Mme Tribalat, il reflète
bien le point de vue d'une certaine élite en quête permanente de victimes
(...). Aujourd'hui (...), l'idél-type de la victime , est incarné par
les Musulmans. (...). L'islam introduit des processus communautaires
contraires à la mission et aux valeurs promues théoriquement par l'institution,
telle que l'égalité entre hommes et femmes et la liberté de conscience:
l'exemple typique, ce sont les revendications en matière de voile, de
rupture de jeûne, etc" .
Inconnues avant 1989, les différentes "affaires du voile" et autres
manifestations spectaculaires de l'ascension des mouvances islamistes,
remettant en cause les valeurs fondamentales des sociétés d'accueil
européennes, sont nées d'un double phénomène socio-politique et communautaire:
la rencontre, à partir de la fin des années 80, du phénomène islamo-fondamentaliste,
lui-même lié à la vague de fond mondiale (révolution Khomeyniste, Moujahidines
afghans, pétro-dollars saoudiens, etc) et du mouvement "beur" et "antiraciste"
(SOS racisme, MRAP, France Plus, Voix de l'islam, JRE, Jeunesse révolutionnaires
trotskystes, etc). Année charnière, 1989 fut marquée par le réveil de
l'Islam de France, de plus en plus encadré et contrôle par les mouvances
fondamentalistes, dont l'objectif numéro un était de compromettre l'intégration
des communautés musulmanes.
C'est en fait à partir de l'événement fondateur des lycéennes voilées
de Creil (1989) que le mouvement "beur" évolua en partie vers le communautarisme
(dérive à laquelle l'actuel Président Malek Boutih mettra d'ailleurs
fin): c'est en effet en 1989 qu'Harlem Désir, leader de SOS Racisme,
derrière Danièle Mitterrand, Cheikh Tejini Hadam, alors recteur de la
Mosquée de Paris, ou encore le français converti Daniel Youssouf Leclerc
- aujourd'hui à la tête du Bureau de l'Organisation de la Ligue Islamique
Mondiale (BOLIM= Arabie Saoudite) -, fait prendre un virage à 180 degrés
à son mouvement "antiraciste", troquant son laïcisme initial d'essence
socialo-trotskiste (Julien Dray) contre le communautarisme musulman.
La première affaire du foulard (octobre 1989) avait d'ailleurs été ainsi
immédiatement récupérée par SOS Racisme et le MRAP, qui avaient invoqué
le supposé "racisme" et "l'intolérance" des opposants au port du foulard
dans les lieux publics. Escomptant dans un premier temps surfer sur
une tendance générale de réislamisation des communautés beurs, SOS Racisme
et les autres associations beurs de type intégrationnistes et laïques
seront malgré tout progressivement supplantées par des organisations
communautaristes prônant la réislamisation comme seule alternative à
"l'exclusion".
Les "Jeunes beurs" des banlieues, qui préfèrent à ce terme, selon eux
dévalorisant, celui de "Musulmans", se reconnaissent aujourd'hui plus
volontiers dans des organisations religieuses islamiques communautaristes
et fondamentalistes, comme l'Union des Organisations Islamiques de France
(UOIF, lié à l'organisation islamiste internationale des Frères musulmans)
ou l'Union des Jeunes Musulmans (idem), très implantée dans la région
lyonnaise. De leurs côtés, nombre d'anciens militants "antiracistes"
ont rallié le mouvement associatif islamique et ont substitué au discours
sur l'intégration et la laïcité républicaine celui sur le "droit à la
différence" dans sa version confessionnelle et communautariste.
Soufflant sur les braises du mécontentement et du sentiment collectif
de persécution entretenu dans un premier temps par les mouvements "antiracistes"
précités, les propagandistes islamistes, liés à des organisations étrangères,
imprudemment autorisés par les pouvoirs publics à encadrer et - de facto
- à fanatiser nombre de jeunes musulmans de France, suscitent le mécontentement
et le radicalisme de ces derniers en imputant tous les malheurs des
Vrais Croyants à une supposée hostilité intrinsèque des "Infidèles gaulois"
(Gaouris). Fascinés par le charisme d'un Tariq Ramadan, leader du courant
islamiste européen issu des Frères musulmans égyptiens (dont l'UOIF
en France est une branche), les exploits sportifs de célèbres champions
beurs comme Djamel Bouras ou français "blacks" convertis comme
le basketteur Olivier Saint-Jean, tout deux membres de UOIF (voir infra),
les jeunes Musulmans néo-fondamentalistes de France se perçoivent de
plus en plus comme une communauté à part, une "nation musulmane" dans
la nation, sur le modèle communautariste anglo-saxon tant médiatisé
et popularisé par les médias (aspect "américain" donc "branché" du communautarisme).
"Le succès d'une minorité musulmane est de devenir, un jour plus ou
moins lointain, une majorité. Ce phénomène se fait non pas par la force,
mais par un effet d'assimilation réciproque entre la majorité non-islamique
et la minorité islamique, la majorité acceptant petit à petit la morale
et la religion islamiques et finissant par s'identifier à l'islam" ,
écrit le saoudien Ali Kettani, Directeur de la fondation islamique pour
la science, la technologie et le développement dans une brochure, L'Islam
aujourd'hui, largement diffusée en France et en Europe à l'usage des
immigrés musulmans et des convertis. Comme on le constate à travers
ces phrases révélatrices ou à travers la propagande fondamentaliste
diffusée dans toute l'Europe par les luxueux Centres islamiques et Grandes
Mosquées (Londres, Lyon, Rome, Madrid, Genève, etc) financés par Riyad,
l'Arabie Saoudite, Etat intégriste par excellence, joue un double jeu
vis-à-vis des Etats occidentaux en faisant croire à une " amitié " et
à une coopération avec ces derniers dans le cadre de la promotion d'un
islam " tolérant " et " officiel " saoudien tout en prônant le repli
communautaire au sein des communautés immigrées et en ne reconnaissant
aucune liberté aux non-musulmans en terre saoudienne. En fait, cette
subversion et cette désinformation flagrante en matière d'islam saoudien
a une origine " diplomatique et géostratégique " (alliance Etats-Unis-Saoudie
; dépendance pétrolière), et elle explique pourquoi les sociétés pluralistes,
sécularisées et démocratique occidentales, pourtant si regardantes en
matière de droits de l'Homme, cautionnant ici officiellement l'islam
saoudien wahhabite, le plus intolérant avec l'islam taliban, comme "
islam officiel " et " modéré ".
Plus concrètement, la diplomatie "pétro-islamique" et subversive de
l'Arabie Saoudite a investi dans les banques et les holdings de presse
occidentaux une large part de ses avoirs extérieurs et exerce maintes
formes de pressions sur les groupes médiatiques et gouvernements "infidèles".
Concernant les institutions financières et l'immobilier, les Emirs du
pétrole détiendraient près de 35 % de la bourse de Londres, 20 à 25
% du parc immobilier de nombreuses capitales européennes. Les investissements
saoudiens vont des grands palaces comme l'Hôtel Georges V, à des groupes
comme Disneyland International. Le prince Walid ibn-Talal d'Arabie Saoudite,
principal actionnaire du groupe bancaire américain Citigroup. Il détient
par ailleurs 200 millions de dollars en certificats américains de dépôts
d'actions ainsi qu'un investissement de 400 millions de dollars dans
News Corp. Il a également participé à la création d'un joint-venture
qui devrait aboutir à la constitution du premier réseau de télévision
paneuropéen. Aussi les princes saoudiens possèdent-ils la majorité des
parts de l'agence de presse américaine Upi (United Press International),
la MBC, Middle East broadcasting Corporation, ou encore 40% de la société
Fininvest, holding dont dépendent plusieurs chaînes de télévision italiennes.
Ainsi existe-t-il un véritable "lobby audiovisuel islamique", qui, de
Radio Monte Carlo aux émissions TV religieuses du dimanche, en passant
par Radio Orient - radio arabe francophone internationale siégeant à
Paris et reliée à La Mecque - oeuvre à l'islamisation culturelle progressive
des sociétés "impies". Rappelons que Radio Orient (Idaàt al-Chark) a
été fondée par l'ami personnel du Président Jacques Chirac, Rafic Hariri,
milliardaire libano-saoudien et ex-Premier Ministre du Liban, l'une
des figures essentielles de la diplomatie wahhabite du royaume saoudien,
la "Fondation Hariri" distribuant dans le monde entier, y compris en
France, des bourses d'études à des étudiants "intéressés" par le message
de l'islam...
Fort de sa diplomatie " pétroislamique ", l'Arabie Saoudite et
d'autres puissances islamiques exercent des pressions sur les grands
journaux et télévisions via les grands groupes industriels implantés
dans les pays musulmans, afin que les Etats fondamentalistes du Golfe,
ou même d'autres, réputés plus "laïques" comme la Turquie, l'Egypte
ou le Maroc, ne soient jamais trop directement malmenés. Comme le "Dhimmi"
en terre d'Islam, obligé de renier sa religion et de payer une taxe
pour demeurer en sécurité, les Etats occidentaux, prisonniers de la
dépendance énergétique, renieraient leurs valeurs démocratiques fondamentales,
et céderaient au chantage économique des Etats et mouvements islamiques
pour pouvoir continuer à entretenir des relations avec ceux-ci. Pendant
ce temps, "l'ami" de l'Occident qu'est l'Arabie Saoudite, chef de file
du lobby islamiste international, poursuit son activité de subversion
et de prosélytisme en Europe, le but étant de compromettre l'intégration
des communautés musulmanes immigrées et de les instrumentaliser progressivement
via la "réislamisation".
Largement inspirées des consignes des organisations wahhabites-fondamentalistes
saoudiennes (ainsi que d'autres pôles mondiaux de l'islamisme comme
les Frères-musulmans, le Tabligh indo-pakistanais, l'Iran, le Koweït
ou le Milli Görus turc) et de l'expérience des organisations islamiques
britanniques, qui ont depuis des années obtenu satisfaction sur certains
points mentionnés ci-après, les principales revendications des organisation
musulmanes de France et d'Europe sont les suivantes :
1/ création d'écoles libres islamiques ou cours de religion dans les
écoles publiques;
2/ reconnaissance des règles islamiques en matières de statut personnel:
mariage religieux musulman, répudiation, polygamie, héritage, cimetières
ou carrés musulmans séparés;
3/ quotas dans l'Administration pour l'embauche de Musulmans,
4/ nourriture hallal dans les cantines; lieux de prière et aumôneries
islamiques; non mixité; exclusion d'ouvrages offensants envers l'islam;
droit au port du voile dans les écoles,
5/ reconnaissance de l'Islam comme seconde religion de France;
6/ création d'un parti politique islamique ou reflétant les intérêts
spécifiques de la communauté musulmane.
Or, ces revendications, visant à réclamer un régime juridique et administratif
d'exception, exorbitant du droit commun, sont globalement et spontanément
mal perçues, tant par les régimes, notamment la République française
laïque que par les masses autochtones profondément sécularisées, qui
y voient poindre la manifestation de " l'obscurantisme ". C'est la raison
pour laquelle elles sont essentiellement exprimées à travers une rhétorique
subversive "victimiste" visant à retourner l'accusation d'intolérance
- pourtant à l'origine des revendications fondamentalistes - contre
les pouvoirs publics laïques et les masses autochtones méfiantes. C'est
dans le cadre de cette "stratégie victimiste" qu'il convient de resituer
toute une série de scandales médiatico-politiques qui monopolisèrent
de façon récurrente le devant de la scène sur fond de revendications
communautaristes et confessionnelles. D'évidence, les différentes "affaires
du voile" ou autres "affaire Rushdie" ou "affaire Taslima Najreen",
menées simultanément dans plusieurs Etats européens à forte minorités
musulmanes, ont été orchestrées par des organisations islamiques directement
financées et/ou contrôlées par les grands pôles mondiaux de l'islamisme
précités. Elles peuvent être analysées comme des épreuves de force,
ainsi que l'explique le politologue algérien Slimane Zéghidour dans
son ouvrage Le voile et la bannière (Pluriel, 1990). Elles constituent
des opérations de provocation visant à acculer les pouvoirs publics
à céder aux revendications fondamentalistes dans le but "d'apaiser"
les "communautés musulmanes victimisées " et risquant de "réagir" violemment
"face au racisme".
Communautarisme,
multiculturalisme et pluralisme: des notions trop souvent confondues
Intrinsèquement lié au
thème du communautarisme, le discours "politiquement correct" sur la
"société multiculturelle" est l'une des armes rhétoriques maîtresses
des mouvances fondamentalistes qui tentent de présenter leur refus des
valeurs et règles des sociétés indigènes occidentales comme la simple
marque de la "tolérance" et donc du "pluralisme". Mais l'on touche là
à un sujet d'autant plus crucial que le pluralisme, invoqué à travers
le multiculturalisme par ceux-là même qui rejettent les valeurs des
sociétés occidentales, est en réalité loin d'être le synonyme de multiculturalisme.
En effet, les "sociétés ouvertes" décrites par Karl Popper dans The
open society and its ennemies étant vulnérables et reposant sur un ensemble
de règles et valeurs fondamentales de base qui ne peuvent être remises
en question, au risque de voir ces sociétés s'autodétruire en s'ouvrant
aux systèmes hostiles, comme cela est le cas de l'islam radical qui
refuse toute Altérité, elles ne peuvent pas s'ouvrir à n'importe quelle
culture. Eclos au sein d'une civilisation particulière, notamment occidentale,
qui pose le postulat de l'ouverture, le pluralisme est par essence limité
aux cultures et systèmes philosophiques qui acceptent ce postulat.
Ainsi que l'explique le politologue italien Giovanni Sartori, auteur
d'un ouvrage intitulé: Pluralisme, Multiculturalisme et Etrangers, essai
sur la société multiethnique (Rizzoli, 2000), le paradoxe réside dans
le fait que valeurs fondamentales des sociétés démo-libérales, pluralistes
et "ouvertes" - à commencer par la tolérance et la liberté de d'opinion
et de croyance - sont invoquées et détournées de leur fins, dans le
cadre d'une véritable stratégie de conquête, par les responsables d'organisations
islamistes qui les rejettent pourtant catégoriquement. Sartori montre
qu'en matière d'Islam et d'immigration extra-européenne, la délégitimation
diffuse du fait national au profit de revendications communautaires
islamiques joue d'autant plus efficacement que la mauvaise conscience
et la culpabilité de l'homme occidental depuis la seconde guerre mondiale
sont habilement instrumentalisées par les mouvances islamistes dans
leur stratégie de subversion. Elles profitent effectivement du fait
que le débat sur l'islam et l'immigration est faussé depuis qu'il a
été réduit à celui, hautement idéologique, passionnel et médiatique,
de "l'anti-racisme" et de "l'exclusion", notions elles aussi détournées
de leurs finalités premières et instrumentalisées par certains discours
politiques. Comme on le voit, la guerre, car il s'agit bien là
de "guerre des représentations" et de "l'information", s'exerce aussi
sans les armes. Conscient de leur faiblesse numérique et du caractère
intrinsèquement "hostile" et anti-occidental de leur système de croyances,
les organisations islamistes axent l'essentiel de leur combat en "terre
infidèle" sur la rhétorique - comme ruse de guerre (Ulysse et Polyphème)
- et la subversion des valeurs, si l'on retient l'acception du terme
subversion donnée par le professeur Roger Mucchielli: "détourner de
leur finalités les valeurs de l'Autre afin de démoraliser et dissuader
celui-ci de se défendre contre une agression extérieure, concrète, idéologique
ou psychologique". Bref, décourager l'ennemi, profiter de ses vulnérabilités
internes, largesses et contradictions, lui "faire perdre le nord" au
moyen de la "guerre subversive des représentations" et des concepts.