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Alexandre del Valle, La convergence des totalitarismes, ou les nouveaux visages rouge-bruns-verts de l’antisémitisme

in l’Observatoire du monde Juif, le 05/09/2002

 

Tel qu’elle s’exprime en France, la nouvelle judéophobie est sans conteste bien plus sournoise que l’antisémitisme de l’entre deux guerre, dans la mesure où elle se cache derrière de nouveaux habits légitimateurs et tend à se présenter comme une réaction face au « racisme sioniste », que d’aucuns voulaient condamner unilatéralement à Durban.

Les nouveaux visages de l’antisémitisme ne sont plus seulement bruns, mais essentiellement rouges et verts, revêtus qu’ils sont d’un vernis progressiste et « antiraciste », les Juifs incarnant aujourd’hui, à travers Israël, le camp de « l’oppression colonialiste » et nationaliste, et leur Etat - le « juif des Etats » - étant l’incarnation la plus monstrueuse du Mal « néo-fascisant » et de l’oppression post-Shoah. Par contraste, les Palestiniens apparaissent quant à eux comme les « rebelles-opprimés » par excellence, les nouveaux David arabes luttant contre le Goliath Tsahal, les nouvelles victimes musulmanes a priori, essentielles, donc jamais réellement coupables, même lorsqu’elles optent pour la barbarie terroriste et qu’elles font couler du sang judéo-croisé. Elles ne font en effet que « résister » à un Etat hébreux soumis à la reductio ad Hitlerum, selon le mot de Léo Strauss, et à son protecteur le « Grand Satan » américain, d’où la quasi fusion des mobiles et des protagonistes de l’antisionisme et de l’anti-amaricainisme.
L’Etat hébreux : le Juif des Etats

En fait, si des Michel del Castillo, des José Bové ou autres anti-américains et anti-sionistes absolus adeptes de Lénine ou Trotski accablent systématiquement l’Etat hébreux et se permettent parallèlement de justifier, nier ou minimiser les actes anti-juifs en France ou la barbarie judéophobe du Hamas, c’est parce que la gauche radicale n’aime les Juifs que lorsque ceux-ci sont non seulement déjudaïsés (Marx, La question juive), mais surtout réduits à l’état de diasporas passives incapables de se défendre face aux pogroms donc dont la douleur est instrumentalisable à merci et la Mémoire détournable à des fins bassement idéologiques afin de culpabiliser les défenseurs de la souveraineté nationale, selon le syllogisme suivant : l’Etat-nation, d’essence raciste et répressif, conduit à la Shoah, l’extrême-gauche aime les Juifs et est anti-nationale par nature, donc la seule façon d’éviter de nouvelles Shoah est de détruire jusqu’à l’idée même d’Etat et de frontières. Bref, si le Juif n’intéresse la gauche que lorsqu’il est un « sans-Etat » (dont les « sans-papiers » du DAL sont la figure victimaire recyclée dans l’islamo-tiermondisme), inversement, il est considéré comme son pire ennemi dès lors qu’il revendique son droit à l’appartenance nationale et à la sécurité pour Israël. C’est essentiellement depuis que la Gauche et l’extrême-gauche ne parviennent plus à instrumentaliser les Juifs et depuis les retentissantes victoires de Tsahal, victoires qui ont complètement annulé l’image du Juif apatride marxiste déjudaïsé, que la Palestine est devenue la « cause des causes » et l’Etat hébreux le « juif des Etats », l’Etat à qui l’on pardonne le moins d’être un Etat, bref, l’Etat le plus coupable d’être un Etat-nation qui défend sans état d’âmes sa souveraineté et sa sécurité. D’où, également, le fait que presque personne n’ose s’indigner ou même rappeler que, depuis la seconde guerre mondiale, le sang juif qui coule n’est plus imputable aux mouvances d’extrême-droite traditionnellement antisémites, ce qui ne justifie d’ailleurs en rien les thèses anti-démocratiques et xénophobes de l’extrême-droite, mais au contraire à des mouvances révolutionnaires antisionistes d’extrême-gauche (Action Directe, Armée Rouge japonaise, Bande à Baader, Brigades rouges, FPLP, etc) ou islamistes anti-occidentales (Hezbollah, Hamas, Jihad, Al Qaïda, Téhéran, Usbat al Ansar, etc), d’autant plus exonérées qu’elles s’expriment au nom du Sud, de l’immigration, par nature « bonne » et innocente, et de « l’antifascisme » gauchiste dont personne n’ose douter de la judéophilie intrinsèque, même si celle-ci, de nature anti-nationale, a vocation à se retourner contre l’Etat juif et tous ceux qui sont solidaires de ce dernier, soit la quasi totalité des Juifs… C’est ainsi seulement que l’on peut comprendre pourquoi l’OLP de Yasser Arafat, l’un des terroristes les plus sanguinaires du Xxème siècle, principal responsable de l’échec de la paix au Proche Orient (mise à feu et à sang de la Jordanie et du Liban, massacres de Damour, fanatisation totale de la société palestinienne, refus des accords de Camp David et Taba, etc), continue d’être présenté par la Gauche internationale comme un « homme de paix », un progressiste nobélisé, une victime des « fascistes israéliens », ou un résistant aux « phalangistes » maronites coupables de Sabra et Chatila… Comme si Arafat, l’OLP et le FPLP n’avaient jamais formé les terroristes du monde entier, des membres de l’IRA à ceux de l’ETA en passant par les Pasdarans iraniens, les brigadistes qui viennent encore de tuer deux ministres en Italie, les fidèles de Carlos, ou même – ce que l’on tient absolument à taire - les jeunes nazis allemands pro-palestiniens (groupe Hofman) entraînés aux côtés des « anti-fascistes-judéophiles » d’extrême-gauche dans les camps de Bir Hassan et Tall al Zaatar dans les années 80…

Comme on le constate chaque jour, l’antisémitisme ne sévit plus uniquement dans les couloirs explicitement haineux de l’extrême-droite, puisque c’est désormais l’extrême-gauche et toute une partie de la gauche qui renoue, sous prétexte de dénoncer les outrances passées et présentes de Sharon, mélange de « Lepen juif » et de « Milosevic israélien », avec un antisionisme radical que l’on croyait dépassé depuis la fin des « années de plomb » et qui légitime de facto l’antisémitisme islamiste. Bref, le totalitarisme rouge, vaincu dans ses formes stato-dictatoriales à l’Est mais idéologiquement hégémonique à l’Ouest, sous ses métamorphoses caviardisées, trotsko-soixante-huitardes et crypto-tiersmondistes, fonctionne véritablement comme le principe légitimateur « progressiste » et « anti-raciste », le glacis idéologico-moral protecteur, l’allié intérieur principal du totalitarisme islamiste et du nouvel anti-sémitisme post-nazi, essentiellement porté par le terrorisme pro-palestinien et arabo-islamiste.

 

La reléligitimation du totalitarisme rouge sous couvert d’« antifascisme »

A ce titre, la recrudescence de l’extrême gauche est aussi grave que celle de l’extrême-droite. Qu’il s’agisse de l’Italie, où les « nouvelles brigades rouges » ont inauguré depuis un an une nouvelle série d’attentats puis contracté une alliance avec les mouvements islamistes; de la France, où l’on voit apparaître une alliance rouge-brun-vert particulièrement inquiétante autour des thèmes de l’antisionisme et du révisionnisme (Roger Garaudy, José Bové et Thierry Meyssan sont devenus les pasionarias des terroristes palestiniens et des Islamistes; succès des thèses de Norman Finkelstein et Noam Chomsky dans les milieux gauchistes, etc), ou en Palestine, où se dessine une alliance islamo-palestinienne et où le FPLP gère des opérations terroristes avec le Hamas et le Hezbollah, la convergence des totalitarismes est plus actuelle et inquiétante que jamais. Et les scores d’Arlette comme la popularité du José-bovisme signes d’une mauvaise santé de la France, tentée de recycler ses vieux démons judéophobes sous les couleurs progressistes et antiracistes du palestinisme et du gauchisme…

Le score ahurissant d’Arlette Laguiller tout comme la percée de candidats se revendiquant ouvertement de la Lutte des Classes et de Léon Trotski, sans parler des Verts ou autres mouvances ultra-radicales dites « anti-mondialisation », anti-sionistes et révolutionnaires, attestent de la bonne santé, en France, des idéologies totalitaires d’extrême-gauche, et donc des anti-sionistes radicaux. Le plus surprenant dans cette affaire, ce n’est pas tant le fait que des nostalgiques de l’Armée Rouge et autres adeptes de la Révolution Permanente soient nombreux, phénomène somme toute typiquement français depuis Robespierre et les Communards, mais surtout que l’extrême-gauche fanatique soit si banalisée, légitimée, qu’elle apparaisse si « sympathique » alors qu’elle est appartient au même univers barbare et totalitaire que les fascismes et qu’elle relaye quasi systématiquement les mobiles des nouveaux judéophobes sous couvert d’anti-sionisme. N’oublions pas que les mêmes revues « antifascistes » d’extrême gauche qui donnent des leçons de morale en matière d’antisémitisme n’hésitent pas dans leurs éditoriaux à soutenir ouvertement des organisations comme Action Directe, à défendre les kamikazes et à diaboliser les Sionistes jusqu’à faire rougir les héritiers de François Genoux et de Carlos.

Il est vrai que Robert Hue, Noel Mamère, José Bové, Arlette Laguiller, Alain Besançenot, ou encore Toni Negri en Italie (idéologue des Brigades rouges et du mouvement « anti-mondialisation »), en tant que défenseurs des « opprimés », des sans-papiers, ou des « martyrs palestiniens et irakiens », se positionnent systématiquement du côté des victimes, en l’occurrence du Sud, donc des « gentils », même si leurs chefs vénérés (Lénine, Trotski, Staline, Mao, Pol Pot, Castro, etc) furent de cyniques bourreaux. En fondant leur identité et l’essentiel de leur propagande sur la lutte contre le « fascisme » et le « racisme », les adeptes du totalitarisme rouge n’auront jamais l’air aussi terribles que les « fascistes » gris, des cyniques démagogues tribuns Lepen ou Haïder aux populistes Silvio Berlusconi ou Pim Fortuim. Forts de cette légitimité « anti-fasciste » et « anti-raciste », les fanatiques rouges antisionistes sont en fin de compte considérés comme des remparts « républicains » contre l’extrême-droite, et donc des « résistants » face au totalitarisme, à l’antisémitisme et à l’intolérance. Les événements qui ont marqué l’actualité récente : attentats islamistes et actes anti-juifs, ont été l’occasion de s’apercevoir qu’il n’en est rien et que l’extrême-gauche a au contraire systématiquement mis de l’huile sur le feu de l’antisémitisme, puis relayé purement et simplement les mobiles du fascisme islamiste, du Hamas à Ben Laden en passant par le Hezbollah, l’Etat « raciste » d’Israël et l’impérialisme « américano-sioniste » étant les vrais coupables du World Trade Center et les vrais responsables de la radicalisation anti-juive des Kamikazes palestiniens ou des Maghrébins qui s’en prennent aux Juifs « partout où ils les trouvent », comme l’a ordonné Ben Laden.

 

« Le négationnisme en temps réel »

Ainsi, l’innocente Arlette était elle en tête de cortège le 23 mars aux côtés de Juliette Binoche et des militants de la LCR et de Lutte Ouvrière lors de la manifestation pro-palestinienne où des « Allah ou Akbar » et des drapeaux du Hezbollah accompagnaient les cris de « Sharon assassins » et « mort à Israël », tandis que José Bové - de retour de Ramallah - où les groupes « anti-mondialisation » qui avaient sévi à Gênes se sont posés en « boucliers humains » pour protéger Yasser Arafat arcellé par les forces israéliennes - accusait les services israéliens d’avoir fomenté les actes antisémites en France, en vertu du postulat central de la théorie du complot et de toute la démonstration négationniste: « à qui profite le crime » ?… Lorsque l’intellectuel communiste portugais José Saramago déclare, de retour de Palestine : « Ramallah c’est Aushwitz », lorsque José Bové affirme que la campagne menée par le Gouvernement Sharon contre le terrorisme palestinien, certes brutal, s’apparente « aux actes commis par les nazis » pendant la seconde guerre mondiale, lorsque les adeptes de Trotki et de Marx soumettent Israël à la reductio ad Hitlerum, lorsque les Juifs eux-mêmes sont accusés de « racisme » et de fascisme du seul fait qu’ils soutiennent l’Etat d’Israël, nous avons bel et bien affaire à une forme particulièrement pernicieuse de banalisation de la Shoah, un terrible retournement-instrumentalisation des douleurs de la seconde guerre mondiale contre des victimes historiques. En participant à ce type de réductions et d’accusations-miroirs, les intellectuels de gauche ou d’extrême gauche relayent la traditionnelle propagande négationniste et participent au vaste mouvement de nouvelle judéophobie planétaire constatée aussi bien lors d’attaques anti-juives en France, à l’occasion de saccages de synagogues à Kiev ou d’attentats kamikazes à Tel Aviv ou en Tunisie. Car si l’Etat israélien est le nouveau mal « fasciste » et « raciste » absolu, si les Juifs sont tous des complices du « racisme sioniste » et du « fasciste Sharon », alors les actes de violence anti-juive, qu’ils soient le fait de Ben Laden, du Hamas ou des jeunes beurs des banlieues, sont quelque part non seulement « compréhensibles » mais également légitimes, d’où l’acharnement des amis de Laguiller et Krivine à nier le nouvel anti-sémitisme, lequel ne les intéressait que lorsqu’il s’agissait de fustiger le racisme intrinsèque des seuls Occidentaux justiciables de colonialisme, des Croisades et du sionisme. » pendant la seconde guerre mondiale, lorsque les adeptes de Trotki et de Marx soumettent Israël à la reductio ad Hitlerum, lorsque les Juifs eux-mêmes sont accusés de « racisme » et de fascisme du seul fait qu’ils soutiennent l’Etat d’Israël, nous avons bel et bien affaire à une forme particulièrement pernicieuse de banalisation de la Shoah, un terrible retournement-instrumentalisation des douleurs de la seconde guerre mondiale contre des victimes historiques. En participant à ce type de réductions et d’accusations-miroirs, les intellectuels de gauche ou d’extrême gauche relayent la traditionnelle propagande négationniste et participent au vaste mouvement de nouvelle judéophobie planétaire constatée aussi bien lors d’attaques anti-juives en France, à l’occasion de saccages de synagogues à Kiev ou d’attentats kamikazes à Tel Aviv ou en Tunisie. Car si l’Etat israélien est le nouveau mal « fasciste » et « raciste » absolu, si les Juifs sont tous des complices du « racisme sioniste » et du « fasciste Sharon », alors les actes de violence anti-juive, qu’ils soient le fait de Ben Laden, du Hamas ou des jeunes beurs des banlieues, sont quelque part non seulement « compréhensibles » mais également légitimes, d’où l’acharnement des amis de Laguiller et Krivine à nier le nouvel anti-sémitisme, lequel ne les intéressait que lorsqu’il s’agissait de fustiger le racisme intrinsèque des seuls Occidentaux justiciables de colonialisme, des Croisades et du sionisme.

On rappellera d’ailleurs que c’est l’Ultra-gauche trotskiste (Vieille Taupe) qui développa dans les années 70-80 les thèses négationnistes dans le but de délégitimer Israël : la Shoah serait une immense supercherie inventée pour justifier la création de l’Etat fasciste hébreux. Dans la même logique révisionniste, c’est toute une partie de l’extrême-gauche (comme d’ailleurs de l’extrême-droite), qui eut l’audace de diffuser, peu après les attentats du 11 septembre, l’intox du Hamas comme quoi la CIA et le Mossad auraient perpétré les attentats anti-américains afin de justifier une vaste opération internationale contre les Palestiniens et les Musulmans. D’où les thèses chères au réseau Voltaire selon laquelle l’avion écrasé sur le Pentagone n’aurait jamais existé ou encore les surenchères d’Alain Gresh du Monde Diplomatique ou de Jean Baudrillard dans le Monde accablant continuellement Israël, Sharon et l’impérialisme US, sans la nocivité desquels la terreur islamiste n’aurait aucune raison d’être. Ici, la palme de l’outrance revient sans conteste à l’intellectuel pro-palestinien Michel del Castillo qui osait dire, alors que les cadavres du World Trade Center étaient encore sous les décombres : « Je ne deviendrais jamais un Américain. Le pire semble soudain permis [...] les tirades du président Bush appelant à une croisade du Bien contre le Mal (quel repos, encore, à ne pas faire partie des bons !), le cynisme brutal d’Ariel Sharon, heureux d’abaisser et d’humilier.[...]. En semant la mort chez le Satan américain, Ben Laden ne poursuit aucun Ben Laden ne poursuit aucun but politique. Il s’imagine livrer un combat spirituel avec fatalement, des armes disproportionnées, parce que toute la puissance se trouve du côté de l’adversaire. […]. nous devinons ce que Dostoïevski eût dit et pensé de Ben Laden, ce qu’il eût écrit des fous de Dieu : ce n’est pas une bête féroce. C’est un homme [...] , mon semblable. Quant à Toni Negri, celui-ci avait déclaré, peu après le 11 septembre, que « sa compassion n’allait que pour les sans-papiers décédés sous les décombres des twin towers », les autres (bourgeois, sionistes, capitalistes, impérialistes américains, n’étant pas dignes d’Humanité et de compassion). On peut également rappeler les propos outranciers d’un Dieudonné « anti-raciste » déclarant « préférer Ben Laden à Georges Bush » et fustigeant le judaïsme comme origine du racisme, ou encore du linguiste révisionniste d’extrême-gauche Noam Chomsky dénonçant une « imposture planétaire » dans les attentats de Manhattan et accablant l’Etat hébreu et le sionisme sans l’action desquels la « colère des Islamistes » et du tiersmonde n’aurait même pas lieu d’être. Egalement explicite, Daniel Gluckstein, candidat du parti des travailleurs à l’élection présidentielle, s’est également lancé dans la course à la diabolisation d’Israël, laissant déclarer par la bouche du porte-parole du parti des Travailleurs algérien, lors d’un meeting le 5 avril réunissant 3000 sympathisants trotkystes : « nous ne reconnaîtrons jamais l’Etat d’Israël car il est une menace pour tous les peuples de la région, la solution ne peut être qu’un seul Etat, une république palestinienne… Ainsi, dans Libération du mardi 16 avril 2002, la haine anti-israélienne a-t-elle poussé un collectif d’intellectuels de gauche à lancer une pétition réclamant la dénonciation de tous les accords de coopération avec les Universités et centres de recherches israéliens existant, de sorte que les universitaires d’Etats comme l’Iran ou la Libye sont désormais plus fréquentables que les terribles intellectuels israéliens, fussent-ils de gauche ! Mais il est vrai que les complices rouges du totalitarisme vert s’emploient depuis toujours à exonérer les pires régimes, postures et dérives du monde islamique, Foucault et Sartre ayant salué la révolution islamique iranienne de 1979 de « divine surprise » ou d’heureuse « spiritualité politique », après que Frantz Fanon eût été l’une des sources d’inspiration d’Ali Shariati et de l’Ayatollah Khomeyni. Aujourd’hui encore, il n’est pas étonnant de retrouver comme principales cautions médiatico-idéologiques « progressistes » des propagandistes islamistes préférés des Frères musulmans (dont le Hamas est la section locale en Palestine et qui ont mis le feu aux poudres du proche Orient depuis les années 30), les Alain Gresh (fils du très stalinoïde Henri Curiel), qui publient des ouvrages communs avec le petit-fils de Tariq Ramadan et taxent les chercheurs « islamiquement incorrects » d’« islamophobie » dans les colonnes tiermondisto-antisionistes du Monde Diplomatique, les « islamologues » comme François Burgat ou Jocelyne Cesari, qui voient dans les islamistes des victimes de « l’intolérance laïcarde » et du néo-colonialisme occidental, ou les périodiques comme le Nouvel Observateur, autre relais incontournable de la bienpensance islamiquement correcte et progressiste toujours à l’affût des immondes « islamophobes » qui oseraient mettre en lumière les aspects dérangeants de l’islamisme, en particulier sa nature conquérante, son intolérance, et son racisme à base religieuse.

 

Islamophobie ou reductio ad Hitlerum ?

Rappelons aux professionnels de l’indignation « antiraciste » sélective, qui voient dans les revendications islamistes de simples « droits à la différence » et dénoncent comme « islamophobes » ceux décrivent la nature totalitaire de l’orthodoxie islamique à laquelle se réfèrent les islamo-terroristes, que les Musulmans sont les premiers à déplorer la sclérose de l’Islam. Nos néo-censeurs « islamiquement corrects » ignorent-ils les écrits du Voltaire musulman Ibn Warraq, les indignations de Rachid Kaci, Aziz Sahiri, Souheib Bencheikh ou Dalil Boubakeur, en guerre contre le Tabligh ou les Frères Musulmans (consacrés par les pouvoirs publics), les études de Mohamed Charfi, président de la Ligue tunisienne des Droits de l’Homme, qui explique l’incompatibilité de l’orthodoxie islamique avec la démocratie libérale, ou encore le courageux essai de Latifa Ben Mansour, Frères musulmans frères féroces (Ramsay)? Contrairement à ce qu’écrivent des spécialistes auto-proclamés du « racisme » fort apprécié en milieu islamiste (cf stcom.net ; oumma.com) pour leur anti-sionisme militant, les intellectuels musulmans qui ont perdu des proches dans la guerre contre la barbarie verte ne confondent pas « islamophobie » et « anti-islamisme ». Ils sont bien plus indignés par la propension des intellectuels occidentaux « de gauche » à se coucher littéralement devant le projet islamiste de conquête du genre humain, devant les « résistants 60 ans après » qui perpètrent un nouveau Munich islamiste au nom d’une xénophile sélective masquant mal une fascination envers ceux dont l’antisémitisme « exotique » et anti-raciste constitue une formidable source de recyclage des mobiles anti-juifs et de déculpabilisation vis-à-vis d’une Shoah qu’ils ne cessent par ailleurs d’instrumentaliser de façon aussi obscène que démagogique. Ce qui scandalise les Musulmans « de gauche », c’est la nouvelle trahison des clercs de la « gauche » européenne, qui pousse la haine de soi jusqu’à trouver des vertus aux Fous d’Allah et qui refuse obstinément de voir dans le totalitarisme vert l’équivalent de la peste brune qu’ils combattent pourtant avec tant de vigilance lorsque les « fascistes » sont judéo-chrétiens. Comme si les « fascistes verts » dénoncés par Rachid Boudjedra n’existaient pas, comme si les racistes, les antisémites et les fachos étaient tolérables dès lors qu’ils ne sont pas des Occidentaux, seules incarnations possibles du Mal. Mais il est vrai que pour nos « antifascistes » professionnels qui ne conçoivent la réalité que lorsqu’elle est « idéologiquement conforme » à la vulgate marxiste, trotskiste, thierry-meyssaniste, josé-boviste », etc, les morts palestiniens tombés sous les balles des « fascistes israéliens » sont bien plus victimes que les centaines de milliers de martyrs du génocide soudanais ou de la guerre civile algérienne, sacrifiés sur l’Autel de l’islamiquement correct. D’où l’absence totale de mobilisation des organisations de défense des Beurs pour ces morts non « homologués » que d’autres « islamologues » imputent d’ailleurs aux « services secrets » (algériens, israéliens, etc), en vertu du même « négationnisme en temps réel » qui fait que l’on soutient la théorie selon laquelle la CIA et le Mossad sont les vrais commanditaires et/ou responsables du 11 septembre ou des attentats du Hamas et des actes antijuifs des banlieues ! .

Le président d’SOS-Racisme, Malek Boutih, refuse quant à lui toute complaisance lorsqu’il déclare dans l’Express du 9 mai 2002 : " Les islamistes ont des méthodes de fascistes. […]. Moi, je ne veux pas d’organisations islamistes en France, même si elles prennent le faux nez d’associations culturelles ou caritatives. Derrière le travail social, on propage la haine ». Par contraste, on est en droit de se questionner sur les raisons qui poussent des journalistes spécialistes de « l’antiracisme » à faire l’apologie des Frères musulmans et à exonérer d’authentiques fascistes verts. C’est ainsi que dans un article paru le 25 janvier 2002, le « jésuite de gauche » Xavier Ternisien, grand lecteur de Ras’Lfront et de Réflexe, présente le cheikh de Médine Aboubakr Al-Djazairi, auteur de La Voie du musulman (Ennour, 1999), régulièrement invité à venir fanatiser nos beurs, comme un représentant de la tendance « modérée du salafisme ». Au lecteur d’en juger plutôt : "Il est du devoir des musulmans, […] de se doter de toutes sortes d’armements et de se perfectionner dans l’art militaire, […] défensif, mais aussi offensif, pour que le Verbe de Dieu soit le plus haut […], de fabriquer tout genre d’armes, même au détriment de la nourriture, de l’habillement et du logement dont on peut se passer. Alors le jihad sera accompli dans les conditions les plus satisfaisantes" (pp. 371-372). Il est vrai que depuis le 11 septembre, il suffit de condamner formellement les méthodes de Ben Laden pour passer pour un « modéré »…

Considérant les masses musulmanes désoeuvrées comme de nouveaux prolétaires désormais numériquement plus importants que les Juifs, donc « électoralement corrects »…, prisonniers d’idéologies tiermondistes et anti-sionistes fondées sur la perception manichéenne de la victime arabo-musulmane persécutée par le bourreau « judéo-croisé » (Ben Laden et les « josé-bovistes » ou autres anti-américains d’extrême-gauche ont les mêmes ennemis…), la Gauche ne veut admettre que le retour du totalitarisme, du racisme et de l’intolérance, passe par le Sud et est principalement le fait de l’islamisme, même si l’exotisme « anti-impérialiste » de ce dernier lui confère une apparence « progressiste ». On comprend mieux pourquoi ceux qui voient des nazis partout (banalisant ainsi gravement le nazisme puis offensant ses six millions de victimes) occultent soigneusement l’« Ur-fascisme » (Umberto Eco) et l’antisémitisme bien réels des Islamistes. On peut citer par exemple le Parti des Musulmans de France, qui distribuait place de la République le 19 mai dernier, des tracts antisémites lors d’une manifestation pro-palestinienne, tandis que de furieux barbus aux fronts scints du bandeau des Kamikazes brandissant les drapeaux du Hezbollah et du Hamas appelaient au boycot des « produits sionistes » et criaient « mort aux Juifs » en toute impunité devant le magasin « sioniste » Tati. On y attend toujours les contre-manifestants « anti-fascistes » d’extrême gauche ou autres professionnels de la « vigilance » qui s’étaient mobilisés contre Le Pen… De la même manière, certains « spécialistes » de l’extrême-droite (s’apparentant plus des indicateurs de police qu’à des chercheurs) sévissant dans des fanzines trotskistes ont tenté de minimiser les actes anti-juifs commis par des Beurs en les accusant d’être « manipulés par le Front national ». Certes, les liens existent entre l’extrême-droite et les Islamistes : le dernier numéro de la revue du GUD qui vante l’alliance islamo-nazie depuis le grand Mufti de Jérusalem jusqu’à nos jours ; les liens tissés par la nouvelle droite avec la nébuleuse islamiste, notamment en Italie, où le leader « brun-vert », Claudio Mutti, alias Omar Amine, membre du groupe islamiste Al-Mourabitoun (qui a mis à prix la tête d’Oriana Fallaci), édite les Protocoles des Sages de Sion ; sans oublier le site révisionniste pro-nazi Radio Islam d’Ahmed Rami, sont des illustrations parmi d’autres. Mais rappeler que les plus grands exportateurs des Protocoles des Sages de Sion sont l’Arabie Saoudite et la Syrie, que les imams salafistes prêchent dans les banlieues la judéophobie islamiste la plus « orthodoxe », qu’une vague de haine anti-juive gagne le monde arabo-musulman, coûte beaucoup à une certaine gauche « islamiquement correcte » et souvent secrètement judéophobe.

En tentant simultanément de faire taire les résistants au totalitarisme islamiste, taxés "d’islamophobes", en niant les attentats du World Trade Center sous prétexte que cette catastrophe contredit la pravda « anti-impérialiste », les nouveaux « maîtres censeurs »[1], héritiers du totalitarisme rouge, se comportent comme des complices du fascisme vert. Conscients que leur posture néo-totalitaire est injustifiable, les nostalgiques de Trotski et Pol Pot et leurs idiots utiles « anti-mondialisation », dont l’idéologue Toni Negri, abondamment diffusé en France, demeure la référence suprême des Brigades rouges, n’ont d’autres choix que la stratégie oblique des procès d’intention et des constructions révisionnistes. Rencontrant fort peu de résistance sur leur chemin - la reductio ad Hitlerum et la diabolisation-culpabilisation de l’Autre étant redoutables - ils dictent depuis 1968 leur conduite aux politiques et aux intellectuels, terrorisent la droite comme la gauche, et accompagnent le mouvement général de haine anti-israélienne et judéophobe sous couvert d’antisionisme « anti-raciste » et d’anti-impérialisme. Lorsque des juges prononcent des mesures d’expulsion de dangereux islamistes, DAL et les M° Coutant-Peyre & Co ont l’audace de parler des nouveaux « convois de la mort » alors même que leur judéophobie est notoire et que leurs accointances négationnistes rouge-brun-vert sont notoires (Garaudy, Carlos, Vielle Taupe, etc). Adeptes du viol de Mémoire permanent et professionnels du retournement des douleurs de la Shoah contre des victimes historiques, ils donnent le ton en matière d’islamisme, d’immigration et de « vigilance anti-fasciste », menaçant en permanence leurs contradicteurs d’une fatwa en « hitlero-titisme» et parvenant, grâce au climat de terrorisme intellectuel qu’ils contribuent à créer, à faire taire ceux qui oseraient combattre la convergence des totalitarismes et la nouvelle judéophobie rouge-brun-vert. Si l’on veut vraiment éviter que l’extrême-droite arrive au pouvoir, et si l’on veut réellement lutter contre la nouvelle vague de judéophobie dont les principaux vecteurs actuels en Occident sont les milieux antisionistes d’extrême gauche et arabo-islamistes, il est préalablement nécessaire de faire en sorte que le débat intellectuel ne soit plus dominé par les professionnels de l’invective et des groupuscules d’extrême gauche démagogiquement drapés du manteau de « l’antifascisme ». En l’absence d’un tel rééquilibrage démocratique du débat, le terrorisme intellectuel de l’extrême gauche continuera à disqualifier et désigner comme « suspecte » et « islamophobe » toute entreprise de désoccultation des nouvelles formes de judéophobies, les Juifs sionistes étant d’après nos inquisiteurs « stalino-trotskistes » (Tarnero), les vrais « nazis » et la « Naqbah » palestinienne la « vraie » Shoah…, héritiers du totalitarisme rouge, se comportent comme des complices du fascisme vert. Conscients que leur posture néo-totalitaire est injustifiable, les nostalgiques de Trotski et Pol Pot et leurs idiots utiles « anti-mondialisation », dont l’idéologue Toni Negri, abondamment diffusé en France, demeure la référence suprême des Brigades rouges, n’ont d’autres choix que la stratégie oblique des procès d’intention et des constructions révisionnistes. Rencontrant fort peu de résistance sur leur chemin - la reductio ad Hitlerum et la diabolisation-culpabilisation de l’Autre étant redoutables - ils dictent depuis 1968 leur conduite aux politiques et aux intellectuels, terrorisent la droite comme la gauche, et accompagnent le mouvement général de haine anti-israélienne et judéophobe sous couvert d’antisionisme « anti-raciste » et d’anti-impérialisme. Lorsque des juges prononcent des mesures d’expulsion de dangereux islamistes, DAL et les M° Coutant-Peyre & Co ont l’audace de parler des nouveaux « convois de la mort » alors même que leur judéophobie est notoire et que leurs accointances négationnistes rouge-brun-vert sont notoires (Garaudy, Carlos, Vielle Taupe, etc). Adeptes du viol de Mémoire permanent et professionnels du retournement des douleurs de la Shoah contre des victimes historiques, ils donnent le ton en matière d’islamisme, d’immigration et de « vigilance anti-fasciste », menaçant en permanence leurs contradicteurs d’une fatwa en « hitlero-titisme» et parvenant, grâce au climat de terrorisme intellectuel qu’ils contribuent à créer, à faire taire ceux qui oseraient combattre la convergence des totalitarismes et la nouvelle judéophobie rouge-brun-vert. Si l’on veut vraiment éviter que l’extrême-droite arrive au pouvoir, et si l’on veut réellement lutter contre la nouvelle vague de judéophobie dont les principaux vecteurs actuels en Occident sont les milieux antisionistes d’extrême gauche et arabo-islamistes, il est préalablement nécessaire de faire en sorte que le débat intellectuel ne soit plus dominé par les professionnels de l’invective et des groupuscules d’extrême gauche démagogiquement drapés du manteau de « l’antifascisme ». En l’absence d’un tel rééquilibrage démocratique du débat, le terrorisme intellectuel de l’extrême gauche continuera à disqualifier et désigner comme « suspecte » et « islamophobe » toute entreprise de désoccultation des nouvelles formes de judéophobies, les Juifs sionistes étant d’après nos inquisiteurs « stalino-trotskistes » (Tarnero), les vrais « nazis » et la « Naqbah » palestinienne la « vraie » Shoah…


Auteur de Guerres contre l’Europe (Syrtes, 2001), Alexandre del Valle, géopolitologue, qui collabore à de nombreuses revues (Hérodote, Outre-Terre, Politique Internationale, etc) et chroniqueur au Figaro, prépare actuellement un ouvrage, Le Totalitarisme islamiste à l’assaut des démocraties (Syrtes), approfondissant les thèmes abordés dans le présent article et dressant un bilan de la menace islamiste en Occident, à paraître le 11 septembre 2002.

Notes :
[1] Cf, Elizabeth Lévy, Les Maîtres censeurs, ed