Tel qu’elle
s’exprime en France, la nouvelle judéophobie est sans conteste
bien plus sournoise que l’antisémitisme de l’entre deux
guerre, dans la mesure où elle se cache derrière de nouveaux habits
légitimateurs et tend à se présenter comme une réaction face au « racisme
sioniste », que d’aucuns voulaient condamner unilatéralement à
Durban.
Les nouveaux visages de
l’antisémitisme ne sont plus seulement bruns, mais essentiellement
rouges et verts, revêtus qu’ils sont d’un vernis progressiste
et « antiraciste », les Juifs incarnant aujourd’hui, à travers
Israël, le camp de « l’oppression colonialiste » et nationaliste,
et leur Etat - le « juif des Etats » - étant l’incarnation la
plus monstrueuse du Mal « néo-fascisant » et de l’oppression post-Shoah.
Par contraste, les Palestiniens apparaissent quant à eux comme les «
rebelles-opprimés » par excellence, les nouveaux David arabes luttant
contre le Goliath Tsahal, les nouvelles victimes musulmanes a priori,
essentielles, donc jamais réellement coupables, même lorsqu’elles
optent pour la barbarie terroriste et qu’elles font couler du
sang judéo-croisé. Elles ne font en effet que « résister » à un Etat
hébreux soumis à la reductio ad Hitlerum, selon le mot de Léo Strauss,
et à son protecteur le « Grand Satan » américain, d’où la quasi
fusion des mobiles et des protagonistes de l’antisionisme et de
l’anti-amaricainisme.
L’Etat hébreux : le Juif des Etats
En fait, si des Michel del Castillo, des José Bové ou autres anti-américains
et anti-sionistes absolus adeptes de Lénine ou Trotski accablent systématiquement
l’Etat hébreux et se permettent parallèlement de justifier, nier
ou minimiser les actes anti-juifs en France ou la barbarie judéophobe
du Hamas, c’est parce que la gauche radicale n’aime les
Juifs que lorsque ceux-ci sont non seulement déjudaïsés (Marx, La question
juive), mais surtout réduits à l’état de diasporas passives incapables
de se défendre face aux pogroms donc dont la douleur est instrumentalisable
à merci et la Mémoire détournable à des fins bassement idéologiques
afin de culpabiliser les défenseurs de la souveraineté nationale, selon
le syllogisme suivant : l’Etat-nation, d’essence raciste
et répressif, conduit à la Shoah, l’extrême-gauche aime les Juifs
et est anti-nationale par nature, donc la seule façon d’éviter
de nouvelles Shoah est de détruire jusqu’à l’idée même d’Etat
et de frontières. Bref, si le Juif n’intéresse la gauche que lorsqu’il
est un « sans-Etat » (dont les « sans-papiers » du DAL sont la figure
victimaire recyclée dans l’islamo-tiermondisme), inversement,
il est considéré comme son pire ennemi dès lors qu’il revendique
son droit à l’appartenance nationale et à la sécurité pour Israël.
C’est essentiellement depuis que la Gauche et l’extrême-gauche
ne parviennent plus à instrumentaliser les Juifs et depuis les retentissantes
victoires de Tsahal, victoires qui ont complètement annulé l’image
du Juif apatride marxiste déjudaïsé, que la Palestine est devenue la
« cause des causes » et l’Etat hébreux le « juif des Etats »,
l’Etat à qui l’on pardonne le moins d’être un Etat,
bref, l’Etat le plus coupable d’être un Etat-nation qui
défend sans état d’âmes sa souveraineté et sa sécurité. D’où,
également, le fait que presque personne n’ose s’indigner
ou même rappeler que, depuis la seconde guerre mondiale, le sang juif
qui coule n’est plus imputable aux mouvances d’extrême-droite
traditionnellement antisémites, ce qui ne justifie d’ailleurs
en rien les thèses anti-démocratiques et xénophobes de l’extrême-droite,
mais au contraire à des mouvances révolutionnaires antisionistes d’extrême-gauche
(Action Directe, Armée Rouge japonaise, Bande à Baader, Brigades rouges,
FPLP, etc) ou islamistes anti-occidentales (Hezbollah, Hamas, Jihad,
Al Qaïda, Téhéran, Usbat al Ansar, etc), d’autant plus exonérées
qu’elles s’expriment au nom du Sud, de l’immigration,
par nature « bonne » et innocente, et de « l’antifascisme » gauchiste
dont personne n’ose douter de la judéophilie intrinsèque, même
si celle-ci, de nature anti-nationale, a vocation à se retourner contre
l’Etat juif et tous ceux qui sont solidaires de ce dernier, soit
la quasi totalité des Juifs… C’est ainsi seulement que l’on
peut comprendre pourquoi l’OLP de Yasser Arafat, l’un des
terroristes les plus sanguinaires du Xxème siècle, principal responsable
de l’échec de la paix au Proche Orient (mise à feu et à sang de
la Jordanie et du Liban, massacres de Damour, fanatisation totale de
la société palestinienne, refus des accords de Camp David et Taba, etc),
continue d’être présenté par la Gauche internationale comme un
« homme de paix », un progressiste nobélisé, une victime des « fascistes
israéliens », ou un résistant aux « phalangistes » maronites coupables
de Sabra et Chatila… Comme si Arafat, l’OLP et le FPLP n’avaient
jamais formé les terroristes du monde entier, des membres de l’IRA
à ceux de l’ETA en passant par les Pasdarans iraniens, les brigadistes
qui viennent encore de tuer deux ministres en Italie, les fidèles de
Carlos, ou même – ce que l’on tient absolument à taire -
les jeunes nazis allemands pro-palestiniens (groupe Hofman) entraînés
aux côtés des « anti-fascistes-judéophiles » d’extrême-gauche
dans les camps de Bir Hassan et Tall al Zaatar dans les années 80…
Comme on le constate chaque jour, l’antisémitisme ne sévit plus
uniquement dans les couloirs explicitement haineux de l’extrême-droite,
puisque c’est désormais l’extrême-gauche et toute une partie
de la gauche qui renoue, sous prétexte de dénoncer les outrances passées
et présentes de Sharon, mélange de « Lepen juif » et de « Milosevic
israélien », avec un antisionisme radical que l’on croyait dépassé
depuis la fin des « années de plomb » et qui légitime de facto l’antisémitisme
islamiste. Bref, le totalitarisme rouge, vaincu dans ses formes stato-dictatoriales
à l’Est mais idéologiquement hégémonique à l’Ouest, sous
ses métamorphoses caviardisées, trotsko-soixante-huitardes et crypto-tiersmondistes,
fonctionne véritablement comme le principe légitimateur « progressiste
» et « anti-raciste », le glacis idéologico-moral protecteur, l’allié
intérieur principal du totalitarisme islamiste et du nouvel anti-sémitisme
post-nazi, essentiellement porté par le terrorisme pro-palestinien et
arabo-islamiste.
La reléligitimation
du totalitarisme rouge sous couvert d’« antifascisme »
A ce titre, la recrudescence
de l’extrême gauche est aussi grave que celle de l’extrême-droite.
Qu’il s’agisse de l’Italie, où les « nouvelles brigades
rouges » ont inauguré depuis un an une nouvelle série d’attentats
puis contracté une alliance avec les mouvements islamistes; de la France,
où l’on voit apparaître une alliance rouge-brun-vert particulièrement
inquiétante autour des thèmes de l’antisionisme et du révisionnisme
(Roger Garaudy, José Bové et Thierry Meyssan sont devenus les pasionarias
des terroristes palestiniens et des Islamistes; succès des thèses de
Norman Finkelstein et Noam Chomsky dans les milieux gauchistes, etc),
ou en Palestine, où se dessine une alliance islamo-palestinienne et
où le FPLP gère des opérations terroristes avec le Hamas et le Hezbollah,
la convergence des totalitarismes est plus actuelle et inquiétante que
jamais. Et les scores d’Arlette comme la popularité du José-bovisme
signes d’une mauvaise santé de la France, tentée de recycler ses
vieux démons judéophobes sous les couleurs progressistes et antiracistes
du palestinisme et du gauchisme…
Le score ahurissant d’Arlette Laguiller tout comme la percée de
candidats se revendiquant ouvertement de la Lutte des Classes et de
Léon Trotski, sans parler des Verts ou autres mouvances ultra-radicales
dites « anti-mondialisation », anti-sionistes et révolutionnaires, attestent
de la bonne santé, en France, des idéologies totalitaires d’extrême-gauche,
et donc des anti-sionistes radicaux. Le plus surprenant dans cette affaire,
ce n’est pas tant le fait que des nostalgiques de l’Armée
Rouge et autres adeptes de la Révolution Permanente soient nombreux,
phénomène somme toute typiquement français depuis Robespierre et les
Communards, mais surtout que l’extrême-gauche fanatique soit si
banalisée, légitimée, qu’elle apparaisse si « sympathique » alors
qu’elle est appartient au même univers barbare et totalitaire
que les fascismes et qu’elle relaye quasi systématiquement les
mobiles des nouveaux judéophobes sous couvert d’anti-sionisme.
N’oublions pas que les mêmes revues « antifascistes » d’extrême
gauche qui donnent des leçons de morale en matière d’antisémitisme
n’hésitent pas dans leurs éditoriaux à soutenir ouvertement des
organisations comme Action Directe, à défendre les kamikazes et à diaboliser
les Sionistes jusqu’à faire rougir les héritiers de François Genoux
et de Carlos.
Il est vrai que Robert Hue, Noel Mamère, José Bové, Arlette Laguiller,
Alain Besançenot, ou encore Toni Negri en Italie (idéologue des Brigades
rouges et du mouvement « anti-mondialisation »), en tant que défenseurs
des « opprimés », des sans-papiers, ou des « martyrs palestiniens et
irakiens », se positionnent systématiquement du côté des victimes, en
l’occurrence du Sud, donc des « gentils », même si leurs chefs
vénérés (Lénine, Trotski, Staline, Mao, Pol Pot, Castro, etc) furent
de cyniques bourreaux. En fondant leur identité et l’essentiel
de leur propagande sur la lutte contre le « fascisme » et le « racisme
», les adeptes du totalitarisme rouge n’auront jamais l’air
aussi terribles que les « fascistes » gris, des cyniques démagogues
tribuns Lepen ou Haïder aux populistes Silvio Berlusconi ou Pim Fortuim.
Forts de cette légitimité « anti-fasciste » et « anti-raciste », les
fanatiques rouges antisionistes sont en fin de compte considérés comme
des remparts « républicains » contre l’extrême-droite, et donc
des « résistants » face au totalitarisme, à l’antisémitisme et
à l’intolérance. Les événements qui ont marqué l’actualité
récente : attentats islamistes et actes anti-juifs, ont été l’occasion
de s’apercevoir qu’il n’en est rien et que l’extrême-gauche
a au contraire systématiquement mis de l’huile sur le feu de l’antisémitisme,
puis relayé purement et simplement les mobiles du fascisme islamiste,
du Hamas à Ben Laden en passant par le Hezbollah, l’Etat « raciste
» d’Israël et l’impérialisme « américano-sioniste » étant
les vrais coupables du World Trade Center et les vrais responsables
de la radicalisation anti-juive des Kamikazes palestiniens ou des Maghrébins
qui s’en prennent aux Juifs « partout où ils les trouvent », comme
l’a ordonné Ben Laden.
« Le négationnisme
en temps réel »
Ainsi, l’innocente Arlette était elle en tête de cortège le 23
mars aux côtés de Juliette Binoche et des militants de la LCR et de
Lutte Ouvrière lors de la manifestation pro-palestinienne où des « Allah
ou Akbar » et des drapeaux du Hezbollah accompagnaient les cris de «
Sharon assassins » et « mort à Israël », tandis que José Bové - de retour
de Ramallah - où les groupes « anti-mondialisation » qui avaient sévi
à Gênes se sont posés en « boucliers humains » pour protéger Yasser
Arafat arcellé par les forces israéliennes - accusait les services israéliens
d’avoir fomenté les actes antisémites en France, en vertu du postulat
central de la théorie du complot et de toute la démonstration négationniste:
« à qui profite le crime » ?… Lorsque l’intellectuel communiste
portugais José Saramago déclare, de retour de Palestine : « Ramallah
c’est Aushwitz », lorsque José Bové affirme que la campagne menée
par le Gouvernement Sharon contre le terrorisme palestinien, certes
brutal, s’apparente « aux actes commis par les nazis » pendant
la seconde guerre mondiale, lorsque les adeptes de Trotki et de Marx
soumettent Israël à la reductio ad Hitlerum, lorsque les Juifs eux-mêmes
sont accusés de « racisme » et de fascisme du seul fait qu’ils
soutiennent l’Etat d’Israël, nous avons bel et bien affaire
à une forme particulièrement pernicieuse de banalisation de la Shoah,
un terrible retournement-instrumentalisation des douleurs de la seconde
guerre mondiale contre des victimes historiques. En participant à ce
type de réductions et d’accusations-miroirs, les intellectuels
de gauche ou d’extrême gauche relayent la traditionnelle propagande
négationniste et participent au vaste mouvement de nouvelle judéophobie
planétaire constatée aussi bien lors d’attaques anti-juives en
France, à l’occasion de saccages de synagogues à Kiev ou d’attentats
kamikazes à Tel Aviv ou en Tunisie. Car si l’Etat israélien est
le nouveau mal « fasciste » et « raciste » absolu, si les Juifs sont
tous des complices du « racisme sioniste » et du « fasciste Sharon »,
alors les actes de violence anti-juive, qu’ils soient le fait
de Ben Laden, du Hamas ou des jeunes beurs des banlieues, sont quelque
part non seulement « compréhensibles » mais également légitimes, d’où
l’acharnement des amis de Laguiller et Krivine à nier le nouvel
anti-sémitisme, lequel ne les intéressait que lorsqu’il s’agissait
de fustiger le racisme intrinsèque des seuls Occidentaux justiciables
de colonialisme, des Croisades et du sionisme. » pendant la seconde
guerre mondiale, lorsque les adeptes de Trotki et de Marx soumettent
Israël à la reductio ad Hitlerum, lorsque les Juifs eux-mêmes sont accusés
de « racisme » et de fascisme du seul fait qu’ils soutiennent
l’Etat d’Israël, nous avons bel et bien affaire à une forme
particulièrement pernicieuse de banalisation de la Shoah, un terrible
retournement-instrumentalisation des douleurs de la seconde guerre mondiale
contre des victimes historiques. En participant à ce type de réductions
et d’accusations-miroirs, les intellectuels de gauche ou d’extrême
gauche relayent la traditionnelle propagande négationniste et participent
au vaste mouvement de nouvelle judéophobie planétaire constatée aussi
bien lors d’attaques anti-juives en France, à l’occasion
de saccages de synagogues à Kiev ou d’attentats kamikazes à Tel
Aviv ou en Tunisie. Car si l’Etat israélien est le nouveau mal
« fasciste » et « raciste » absolu, si les Juifs sont tous des complices
du « racisme sioniste » et du « fasciste Sharon », alors les actes de
violence anti-juive, qu’ils soient le fait de Ben Laden, du Hamas
ou des jeunes beurs des banlieues, sont quelque part non seulement «
compréhensibles » mais également légitimes, d’où l’acharnement
des amis de Laguiller et Krivine à nier le nouvel anti-sémitisme, lequel
ne les intéressait que lorsqu’il s’agissait de fustiger
le racisme intrinsèque des seuls Occidentaux justiciables de colonialisme,
des Croisades et du sionisme.
On rappellera d’ailleurs que c’est l’Ultra-gauche
trotskiste (Vieille Taupe) qui développa dans les années 70-80 les thèses
négationnistes dans le but de délégitimer Israël : la Shoah serait une
immense supercherie inventée pour justifier la création de l’Etat
fasciste hébreux. Dans la même logique révisionniste, c’est toute
une partie de l’extrême-gauche (comme d’ailleurs de l’extrême-droite),
qui eut l’audace de diffuser, peu après les attentats du 11 septembre,
l’intox du Hamas comme quoi la CIA et le Mossad auraient perpétré
les attentats anti-américains afin de justifier une vaste opération
internationale contre les Palestiniens et les Musulmans. D’où
les thèses chères au réseau Voltaire selon laquelle l’avion écrasé
sur le Pentagone n’aurait jamais existé ou encore les surenchères
d’Alain Gresh du Monde Diplomatique ou de Jean Baudrillard dans
le Monde accablant continuellement Israël, Sharon et l’impérialisme
US, sans la nocivité desquels la terreur islamiste n’aurait aucune
raison d’être. Ici, la palme de l’outrance revient sans
conteste à l’intellectuel pro-palestinien Michel del Castillo
qui osait dire, alors que les cadavres du World Trade Center étaient
encore sous les décombres : « Je ne deviendrais jamais un Américain.
Le pire semble soudain permis [...] les tirades du président Bush appelant
à une croisade du Bien contre le Mal (quel repos, encore, à ne pas faire
partie des bons !), le cynisme brutal d’Ariel Sharon, heureux
d’abaisser et d’humilier.[...]. En semant la mort chez le
Satan américain, Ben Laden ne poursuit aucun Ben Laden ne poursuit aucun
but politique. Il s’imagine livrer un combat spirituel avec fatalement,
des armes disproportionnées, parce que toute la puissance se trouve
du côté de l’adversaire. […]. nous devinons ce que Dostoïevski
eût dit et pensé de Ben Laden, ce qu’il eût écrit des fous de
Dieu : ce n’est pas une bête féroce. C’est un homme [...]
, mon semblable. Quant à Toni Negri, celui-ci avait déclaré, peu après
le 11 septembre, que « sa compassion n’allait que pour les sans-papiers
décédés sous les décombres des twin towers », les autres (bourgeois,
sionistes, capitalistes, impérialistes américains, n’étant pas
dignes d’Humanité et de compassion). On peut également rappeler
les propos outranciers d’un Dieudonné « anti-raciste » déclarant
« préférer Ben Laden à Georges Bush » et fustigeant le judaïsme comme
origine du racisme, ou encore du linguiste révisionniste d’extrême-gauche
Noam Chomsky dénonçant une « imposture planétaire » dans les attentats
de Manhattan et accablant l’Etat hébreu et le sionisme sans l’action
desquels la « colère des Islamistes » et du tiersmonde n’aurait
même pas lieu d’être. Egalement explicite, Daniel Gluckstein,
candidat du parti des travailleurs à l’élection présidentielle,
s’est également lancé dans la course à la diabolisation d’Israël,
laissant déclarer par la bouche du porte-parole du parti des Travailleurs
algérien, lors d’un meeting le 5 avril réunissant 3000 sympathisants
trotkystes : « nous ne reconnaîtrons jamais l’Etat d’Israël
car il est une menace pour tous les peuples de la région, la solution
ne peut être qu’un seul Etat, une république palestinienne…
Ainsi, dans Libération du mardi 16 avril 2002, la haine anti-israélienne
a-t-elle poussé un collectif d’intellectuels de gauche à lancer
une pétition réclamant la dénonciation de tous les accords de coopération
avec les Universités et centres de recherches israéliens existant, de
sorte que les universitaires d’Etats comme l’Iran ou la
Libye sont désormais plus fréquentables que les terribles intellectuels
israéliens, fussent-ils de gauche ! Mais il est vrai que les complices
rouges du totalitarisme vert s’emploient depuis toujours à exonérer
les pires régimes, postures et dérives du monde islamique, Foucault
et Sartre ayant salué la révolution islamique iranienne de 1979 de «
divine surprise » ou d’heureuse « spiritualité politique », après
que Frantz Fanon eût été l’une des sources d’inspiration
d’Ali Shariati et de l’Ayatollah Khomeyni. Aujourd’hui
encore, il n’est pas étonnant de retrouver comme principales cautions
médiatico-idéologiques « progressistes » des propagandistes islamistes
préférés des Frères musulmans (dont le Hamas est la section locale en
Palestine et qui ont mis le feu aux poudres du proche Orient depuis
les années 30), les Alain Gresh (fils du très stalinoïde Henri Curiel),
qui publient des ouvrages communs avec le petit-fils de Tariq Ramadan
et taxent les chercheurs « islamiquement incorrects » d’« islamophobie
» dans les colonnes tiermondisto-antisionistes du Monde Diplomatique,
les « islamologues » comme François Burgat ou Jocelyne Cesari, qui voient
dans les islamistes des victimes de « l’intolérance laïcarde »
et du néo-colonialisme occidental, ou les périodiques comme le Nouvel
Observateur, autre relais incontournable de la bienpensance islamiquement
correcte et progressiste toujours à l’affût des immondes « islamophobes
» qui oseraient mettre en lumière les aspects dérangeants de l’islamisme,
en particulier sa nature conquérante, son intolérance, et son racisme
à base religieuse.
Islamophobie
ou reductio ad Hitlerum ?
Rappelons aux professionnels de l’indignation « antiraciste »
sélective, qui voient dans les revendications islamistes de simples
« droits à la différence » et dénoncent comme « islamophobes » ceux
décrivent la nature totalitaire de l’orthodoxie islamique à laquelle
se réfèrent les islamo-terroristes, que les Musulmans sont les premiers
à déplorer la sclérose de l’Islam. Nos néo-censeurs « islamiquement
corrects » ignorent-ils les écrits du Voltaire musulman Ibn Warraq,
les indignations de Rachid Kaci, Aziz Sahiri, Souheib Bencheikh ou Dalil
Boubakeur, en guerre contre le Tabligh ou les Frères Musulmans (consacrés
par les pouvoirs publics), les études de Mohamed Charfi, président de
la Ligue tunisienne des Droits de l’Homme, qui explique l’incompatibilité
de l’orthodoxie islamique avec la démocratie libérale, ou encore
le courageux essai de Latifa Ben Mansour, Frères musulmans frères féroces
(Ramsay)? Contrairement à ce qu’écrivent des spécialistes auto-proclamés
du « racisme » fort apprécié en milieu islamiste (cf stcom.net ; oumma.com)
pour leur anti-sionisme militant, les intellectuels musulmans qui ont
perdu des proches dans la guerre contre la barbarie verte ne confondent
pas « islamophobie » et « anti-islamisme ». Ils sont bien plus indignés
par la propension des intellectuels occidentaux « de gauche » à se coucher
littéralement devant le projet islamiste de conquête du genre humain,
devant les « résistants 60 ans après » qui perpètrent un nouveau Munich
islamiste au nom d’une xénophile sélective masquant mal une fascination
envers ceux dont l’antisémitisme « exotique » et anti-raciste
constitue une formidable source de recyclage des mobiles anti-juifs
et de déculpabilisation vis-à-vis d’une Shoah qu’ils ne
cessent par ailleurs d’instrumentaliser de façon aussi obscène
que démagogique. Ce qui scandalise les Musulmans « de gauche », c’est
la nouvelle trahison des clercs de la « gauche » européenne, qui pousse
la haine de soi jusqu’à trouver des vertus aux Fous d’Allah
et qui refuse obstinément de voir dans le totalitarisme vert l’équivalent
de la peste brune qu’ils combattent pourtant avec tant de vigilance
lorsque les « fascistes » sont judéo-chrétiens. Comme si les « fascistes
verts » dénoncés par Rachid Boudjedra n’existaient pas, comme
si les racistes, les antisémites et les fachos étaient tolérables dès
lors qu’ils ne sont pas des Occidentaux, seules incarnations possibles
du Mal. Mais il est vrai que pour nos « antifascistes » professionnels
qui ne conçoivent la réalité que lorsqu’elle est « idéologiquement
conforme » à la vulgate marxiste, trotskiste, thierry-meyssaniste, josé-boviste
», etc, les morts palestiniens tombés sous les balles des « fascistes
israéliens » sont bien plus victimes que les centaines de milliers de
martyrs du génocide soudanais ou de la guerre civile algérienne, sacrifiés
sur l’Autel de l’islamiquement correct. D’où l’absence
totale de mobilisation des organisations de défense des Beurs pour ces
morts non « homologués » que d’autres « islamologues » imputent
d’ailleurs aux « services secrets » (algériens, israéliens, etc),
en vertu du même « négationnisme en temps réel » qui fait que l’on
soutient la théorie selon laquelle la CIA et le Mossad sont les vrais
commanditaires et/ou responsables du 11 septembre ou des attentats du
Hamas et des actes antijuifs des banlieues ! .
Le président d’SOS-Racisme, Malek Boutih, refuse quant à lui toute
complaisance lorsqu’il déclare dans l’Express du 9 mai 2002
: " Les islamistes ont des méthodes de fascistes. […]. Moi, je
ne veux pas d’organisations islamistes en France, même si elles
prennent le faux nez d’associations culturelles ou caritatives.
Derrière le travail social, on propage la haine ». Par contraste, on
est en droit de se questionner sur les raisons qui poussent des journalistes
spécialistes de « l’antiracisme » à faire l’apologie des
Frères musulmans et à exonérer d’authentiques fascistes verts.
C’est ainsi que dans un article paru le 25 janvier 2002, le «
jésuite de gauche » Xavier Ternisien, grand lecteur de Ras’Lfront
et de Réflexe, présente le cheikh de Médine Aboubakr Al-Djazairi, auteur
de La Voie du musulman (Ennour, 1999), régulièrement invité à venir
fanatiser nos beurs, comme un représentant de la tendance « modérée
du salafisme ». Au lecteur d’en juger plutôt : "Il est du devoir
des musulmans, […] de se doter de toutes sortes d’armements
et de se perfectionner dans l’art militaire, […] défensif,
mais aussi offensif, pour que le Verbe de Dieu soit le plus haut […],
de fabriquer tout genre d’armes, même au détriment de la nourriture,
de l’habillement et du logement dont on peut se passer. Alors
le jihad sera accompli dans les conditions les plus satisfaisantes"
(pp. 371-372). Il est vrai que depuis le 11 septembre, il suffit de
condamner formellement les méthodes de Ben Laden pour passer pour un
« modéré »…
Considérant les masses musulmanes désoeuvrées comme de nouveaux prolétaires
désormais numériquement plus importants que les Juifs, donc « électoralement
corrects »…, prisonniers d’idéologies tiermondistes et anti-sionistes
fondées sur la perception manichéenne de la victime arabo-musulmane
persécutée par le bourreau « judéo-croisé » (Ben Laden et les « josé-bovistes
» ou autres anti-américains d’extrême-gauche ont les mêmes ennemis…),
la Gauche ne veut admettre que le retour du totalitarisme, du racisme
et de l’intolérance, passe par le Sud et est principalement le
fait de l’islamisme, même si l’exotisme « anti-impérialiste
» de ce dernier lui confère une apparence « progressiste ». On comprend
mieux pourquoi ceux qui voient des nazis partout (banalisant ainsi gravement
le nazisme puis offensant ses six millions de victimes) occultent soigneusement
l’« Ur-fascisme » (Umberto Eco) et l’antisémitisme bien
réels des Islamistes. On peut citer par exemple le Parti des Musulmans
de France, qui distribuait place de la République le 19 mai dernier,
des tracts antisémites lors d’une manifestation pro-palestinienne,
tandis que de furieux barbus aux fronts scints du bandeau des Kamikazes
brandissant les drapeaux du Hezbollah et du Hamas appelaient au boycot
des « produits sionistes » et criaient « mort aux Juifs » en toute impunité
devant le magasin « sioniste » Tati. On y attend toujours les contre-manifestants
« anti-fascistes » d’extrême gauche ou autres professionnels de
la « vigilance » qui s’étaient mobilisés contre Le Pen…
De la même manière, certains « spécialistes » de l’extrême-droite
(s’apparentant plus des indicateurs de police qu’à des chercheurs)
sévissant dans des fanzines trotskistes ont tenté de minimiser les actes
anti-juifs commis par des Beurs en les accusant d’être « manipulés
par le Front national ». Certes, les liens existent entre l’extrême-droite
et les Islamistes : le dernier numéro de la revue du GUD qui vante l’alliance
islamo-nazie depuis le grand Mufti de Jérusalem jusqu’à nos jours
; les liens tissés par la nouvelle droite avec la nébuleuse islamiste,
notamment en Italie, où le leader « brun-vert », Claudio Mutti, alias
Omar Amine, membre du groupe islamiste Al-Mourabitoun (qui a mis à prix
la tête d’Oriana Fallaci), édite les Protocoles des Sages de Sion
; sans oublier le site révisionniste pro-nazi Radio Islam d’Ahmed
Rami, sont des illustrations parmi d’autres. Mais rappeler que
les plus grands exportateurs des Protocoles des Sages de Sion sont l’Arabie
Saoudite et la Syrie, que les imams salafistes prêchent dans les banlieues
la judéophobie islamiste la plus « orthodoxe », qu’une vague de
haine anti-juive gagne le monde arabo-musulman, coûte beaucoup à une
certaine gauche « islamiquement correcte » et souvent secrètement judéophobe.
En tentant simultanément de faire taire les résistants au totalitarisme
islamiste, taxés "d’islamophobes", en niant les attentats du World
Trade Center sous prétexte que cette catastrophe contredit la pravda
« anti-impérialiste », les nouveaux « maîtres censeurs »[1], héritiers
du totalitarisme rouge, se comportent comme des complices du fascisme
vert. Conscients que leur posture néo-totalitaire est injustifiable,
les nostalgiques de Trotski et Pol Pot et leurs idiots utiles « anti-mondialisation
», dont l’idéologue Toni Negri, abondamment diffusé en France,
demeure la référence suprême des Brigades rouges, n’ont d’autres
choix que la stratégie oblique des procès d’intention et des constructions
révisionnistes. Rencontrant fort peu de résistance sur leur chemin -
la reductio ad Hitlerum et la diabolisation-culpabilisation de l’Autre
étant redoutables - ils dictent depuis 1968 leur conduite aux politiques
et aux intellectuels, terrorisent la droite comme la gauche, et accompagnent
le mouvement général de haine anti-israélienne et judéophobe sous couvert
d’antisionisme « anti-raciste » et d’anti-impérialisme.
Lorsque des juges prononcent des mesures d’expulsion de dangereux
islamistes, DAL et les M° Coutant-Peyre & Co ont l’audace
de parler des nouveaux « convois de la mort » alors même que leur judéophobie
est notoire et que leurs accointances négationnistes rouge-brun-vert
sont notoires (Garaudy, Carlos, Vielle Taupe, etc). Adeptes du viol
de Mémoire permanent et professionnels du retournement des douleurs
de la Shoah contre des victimes historiques, ils donnent le ton en matière
d’islamisme, d’immigration et de « vigilance anti-fasciste
», menaçant en permanence leurs contradicteurs d’une fatwa en
« hitlero-titisme» et parvenant, grâce au climat de terrorisme intellectuel
qu’ils contribuent à créer, à faire taire ceux qui oseraient combattre
la convergence des totalitarismes et la nouvelle judéophobie rouge-brun-vert.
Si l’on veut vraiment éviter que l’extrême-droite arrive
au pouvoir, et si l’on veut réellement lutter contre la nouvelle
vague de judéophobie dont les principaux vecteurs actuels en Occident
sont les milieux antisionistes d’extrême gauche et arabo-islamistes,
il est préalablement nécessaire de faire en sorte que le débat intellectuel
ne soit plus dominé par les professionnels de l’invective et des
groupuscules d’extrême gauche démagogiquement drapés du manteau
de « l’antifascisme ». En l’absence d’un tel rééquilibrage
démocratique du débat, le terrorisme intellectuel de l’extrême
gauche continuera à disqualifier et désigner comme « suspecte » et «
islamophobe » toute entreprise de désoccultation des nouvelles formes
de judéophobies, les Juifs sionistes étant d’après nos inquisiteurs
« stalino-trotskistes » (Tarnero), les vrais « nazis » et la « Naqbah
» palestinienne la « vraie » Shoah…, héritiers du totalitarisme
rouge, se comportent comme des complices du fascisme vert. Conscients
que leur posture néo-totalitaire est injustifiable, les nostalgiques
de Trotski et Pol Pot et leurs idiots utiles « anti-mondialisation »,
dont l’idéologue Toni Negri, abondamment diffusé en France, demeure
la référence suprême des Brigades rouges, n’ont d’autres
choix que la stratégie oblique des procès d’intention et des constructions
révisionnistes. Rencontrant fort peu de résistance sur leur chemin -
la reductio ad Hitlerum et la diabolisation-culpabilisation de l’Autre
étant redoutables - ils dictent depuis 1968 leur conduite aux politiques
et aux intellectuels, terrorisent la droite comme la gauche, et accompagnent
le mouvement général de haine anti-israélienne et judéophobe sous couvert
d’antisionisme « anti-raciste » et d’anti-impérialisme.
Lorsque des juges prononcent des mesures d’expulsion de dangereux
islamistes, DAL et les M° Coutant-Peyre & Co ont l’audace
de parler des nouveaux « convois de la mort » alors même que leur judéophobie
est notoire et que leurs accointances négationnistes rouge-brun-vert
sont notoires (Garaudy, Carlos, Vielle Taupe, etc). Adeptes du viol
de Mémoire permanent et professionnels du retournement des douleurs
de la Shoah contre des victimes historiques, ils donnent le ton en matière
d’islamisme, d’immigration et de « vigilance anti-fasciste
», menaçant en permanence leurs contradicteurs d’une fatwa en
« hitlero-titisme» et parvenant, grâce au climat de terrorisme intellectuel
qu’ils contribuent à créer, à faire taire ceux qui oseraient combattre
la convergence des totalitarismes et la nouvelle judéophobie rouge-brun-vert.
Si l’on veut vraiment éviter que l’extrême-droite arrive
au pouvoir, et si l’on veut réellement lutter contre la nouvelle
vague de judéophobie dont les principaux vecteurs actuels en Occident
sont les milieux antisionistes d’extrême gauche et arabo-islamistes,
il est préalablement nécessaire de faire en sorte que le débat intellectuel
ne soit plus dominé par les professionnels de l’invective et des
groupuscules d’extrême gauche démagogiquement drapés du manteau
de « l’antifascisme ». En l’absence d’un tel rééquilibrage
démocratique du débat, le terrorisme intellectuel de l’extrême
gauche continuera à disqualifier et désigner comme « suspecte » et «
islamophobe » toute entreprise de désoccultation des nouvelles formes
de judéophobies, les Juifs sionistes étant d’après nos inquisiteurs
« stalino-trotskistes » (Tarnero), les vrais « nazis » et la « Naqbah
» palestinienne la « vraie » Shoah…
Auteur de Guerres contre l’Europe (Syrtes,
2001), Alexandre del Valle, géopolitologue, qui collabore à de nombreuses
revues (Hérodote, Outre-Terre, Politique Internationale, etc) et chroniqueur
au Figaro, prépare actuellement un ouvrage, Le Totalitarisme islamiste
à l’assaut des démocraties (Syrtes), approfondissant les thèmes
abordés dans le présent article et dressant un bilan de la menace islamiste
en Occident, à paraître le 11 septembre 2002.
Notes
:
[1] Cf, Elizabeth Lévy, Les Maîtres censeurs, ed