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Archives de la catégorie 'Textes'

Naberie de fonds de tiroir

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  Regardant la chaîne parlementaire, où Nabe était venu faire la promotion de son « anti-édition », je me suis vu gratifier d’un lapsus qui, malgré son caractère usuel, mérite de ne pas passer inaperçu. C’est le fameux « lapsus du boutiquier », consistant à dire « client » là où la sagesse bourgeoise prescrit l’emploi de termes moins révélateurs (élève, lecteur, patient), et dont les Inconnus firent même un motif redondant pour caricaturer les pauvres médecins.

  Résumons le propos nabien. Suite au lancement de sa plate-forme de vente révolutionnaire, ses « clients », heu… ses lecteurs, pardon, pourront en quelques clics s’acheter de la subversion thermoreliée à prix d’or (cent euros le volume qui n’a dû en coûter que cinq à être fabriqué), et ceci sans qu’aucun pourcentage abusif ne soit spolié par un éditeur ou un libraire. Autrement dit, défalcation faite des frais de distribution, tout l’argent que l’on dépensera sur ce site ira droit dans sa poche (là est la révolution). Quant à ceux qui, comme moi, se scandaliseraient de cette rapine éditoriale, il faut vraiment qu’ils soient atteints de cécité morale pour ne pas voir, sous ce mercantilisme de façade – si éhonté qu’on le croirait digne des frères Cointet –, la noblesse cachée de l’entreprise nabienne. Car le profit n’est pas tout, voyez-vous. En l’affaire, j’ose même le penser involontaire. Un dégât collatéral, en quelque sorte. Le seul et unique but de l’« anti-édition » nabienne ? : casser l’odieuse spéculation entretenue par les bouquinistes (entendre : prendre leur place) pour permettre à tous, même aux plus démunis de ses « clients », heu… de ses lecteurs, l’accès à son œuvre. On en mourrait presque d’esclaffement… Imagine-t-on les nabiens indigents se ruer sur Marcedouardnabe.com pour se délester d’un ou deux mois de loyer dont ils ne sauraient que faire ? Facilius est camelum per foramen acus transire quam pauperem intrare in regnum Nabei. Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un pauvre d’entrer dans le royaume de Nabe.

  Conscient du caractère par trop visible de l’arnaque, Nabe tient tout de même à préciser que le pactole ainsi amassé sera dépensé avec la plus exemplaire des frugalités ; non pour se faire construire une piscine, ou s’acheter un hummer, comme on eût pu l’imaginer, mais pour pouvoir continuer, libéré du souci de l’argent et avec l’humilité qu’on lui connaît, sa rude existence d’écrivain maudit. Nous voilà rassurés.

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  Onfray chez Ruquier, encore… et cette fois, personne pour le critiquer, ou simplement le contredire – Zemmour et Naulleau (les seuls ingrédients qui rendaient cette mauvaise soupe buvable) ayant été remplacés par deux inoffensives perruches. Chaque fois qu’un de ses livres paraît (c’est à dire tous les deux ou trois mois), c’est l’éternel (aller-)retour du nietzschéen caennais. Les portes de son TGV n’ont pas le temps de siffler que le tout-Paris médiatique grouille déjà d’impatience. C’est à qui lui déroulera la plus clinquante serpillière promotionnelle, – les coadjuteurs du Spectacle agissant là moins par accointance idéologique (comme la part complotiste de moi-même voudrait le croire), que pour des considérations strictement médiatiques. Car, pour le producteur de « débats » culturels, avoir dans son émission un bon client de cette envergure, une telle poule aux buzzes d’or, c’est garantir à coup presque sûr un nombre record d’hydrocéphales disponibles. Son talent télévisuel serait tel qu’on lui aurait même proposé le fauteuil d’Audrey Pulvar – c’est dire.

   Je souillerais cette page si j’entrais dans les détails de cet insignifiant symposium ; aussi ne rapporterai-je que très fragmentairement le laïus de notre engourdisseur d’âme préféré. « Il y a dix ans, quand j’ai créé cette université populaire, il était question de répondre à une urgence politique : la présence de Le Pen au second tour. » Quel peut bien être le rapport entre les deux ? serait-on en droit de se demander. Onfray étalerait-il sans pudeur le parti pris gauchiste de son « enseignement »? Détrompons-nous. « Pendant la révolution, il y avait des gens qui pensaient, comme Condorcet, que plus on élevait l’intelligence des gens plus ils voteraient intelligemment. » Telles étaient donc les motivations secrètes du fondateur de l’Université populaire ! Dire que j’avais toujours cru à une simple sécession universitaire… Derrière la fougue apparente du frondeur se cachait donc une philanthropie discrète, une charité aussi désintéressée qu’exemplaire puisque toute entière consacrée aux simples d’esprit.

   À y réfléchir posément, son raisonnement se tient. Il est même d’une logique implacable ! Loin d’être ontologiquement diaboliques, les lepénistes seraient seulement un brin demeurés. Et une fois identifiée cette arriération mentale des milieux populaires blancs comme la principale matrice du vote Le Pen, la solution se présente d’elle-même, il suffirait tout simplement d’éradiquer l’imbécillité, mais comment s’y prendre ? C’est en se rasant, le matin du 22 avril 2002, qu’Onfray trouva son chemin de Damas : l’antidote au retour du fascisme, c’était lui ! « Que l’on réunisse vite ces ignares quelque part ! », dut s’écrier le philosophe, avec la majesté qu’on lui connaît. « Dans un amphithéâtre, par exemple… un brillant esprit comme le mien se chargera, au moyen d’idées progressistes éloquemment vulgarisées, de leur élever l’intelligence, à ces mal-votantes canailles. Les quelques points de Q.I. ainsi gagnés transmueraient nécessairement tout lepéniste, quelque simplet qu’il soit, en un mélenchoniste fervent ».

   Avec certains réactionnaires, cependant, il semblerait que l’entreprise d’Onfray soit vaine. Dix ans, déjà, que j’écoute ses cours (mon Dieu !…) et jamais je ne me suis senti aussi éloigné des José Bové, Clémentine Autain, et autres fanaux du Progressisme. Une exposition soutenue à la propagande gauchiste a dû produire, chez moi, par la répétition et l’intensification de ce poison, un phénomène de mithridatisation idéologique. Mon crâne s’est doublé d’un deuxième rempart, éthéré celui-là : une cuirasse neuronale née de la fréquentation du mensonge et de la rhétorique, un gilet pare-sophismes à l’épreuve des journaleux les plus sournois. Merci aux chroniques logorrhéiques d’Edwy Plenel pour l’immunisation ! Ainsi protégé, je ne risque donc rien à utiliser, comme il m’arrive parfois de le faire, les conférences dormitives d’Onfray comme un somnifère naturel : même après l’endormissement, mon inconscient restera sur ses gardes.

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Une vermine peut en cacher une autre

Il me tarde de rentrer chez moi parceque cette nuit je vais tous vous assassiner,
j’vais vous clouer, comme des papillons,
sur mon liège, c’est-à-dire mon journal intime,
et demain matin vous serez tous immortels.

Marc-Edouard Nabe, à Apostrophes.

*

   On m’envoie l’interview, ou plutôt le monologue, d’un certain Edmund Kemper, “The co-ed killer” (le tueur d’étudiantes), filmé par un criminologue français. Dans ce récit troublant, c’est avant tout l’ingéniosité mise à l’œuvre, la profondeur psychologique et le talent narratif du meurtrier qui captivent – bien plus que l’atrocité des crimes et des outrages commis après ceux-ci (Kemper appartient à la catégorie des tueurs nécrophiles). De la technique développée pour inspirer confiance aux jeunes femmes jusqu’aux moindres de leurs paroles, pensées ou actions, chaque détail de ces nuits d’horreur fut enregistré. Un vrai Marcel Proust du démembrement, ce Kemper – si je puis me permettre ce rapprochement audacieux (ou une vraie Virginia Woolf du coït post-mortem, c’est selon). D’ailleurs, j’aurais un titre pour sa Recherche, ou à tout le moins un meilleur surnom : « The co-ed whisperer » (L’homme qui murmurait à l’oreille des autostoppeuses). Fait remarquable : ce témoignage « touchant » d’un assassin posé et intelligent aura presque changé mes vues sur la peine de mort.

   Bien qu’il soit un cas passionnant, ce n’était pas pour le Co-ed whisperer que je pris la peine d’ouvrir ce fichier. Car une fois son récit terminé, j’eus la faiblesse de me livrer, bien malgré moi, à l’un des péchés webmatiques les plus chronophages qui soit, et dont j’essaye, tant bien que mal, de me départir ; j’ai nommé : le Youtube wandering. Les anglophones l’auront compris, il s’agit d’un vagabondage audio-visuel – potentiellement infini – à la fois provoqué et nourri par les alliciantes suggestions de “vidéos similaires”. Le Youtube wandering résume bien l’ambivalence d’internet ; il peut aussi bien être mis au service de l’art le plus noble que de l’insignifiance la plus totale, ou pire, de la vulgarité la plus insupportable (vulgarité dont on ne saurait se prémunir complètement, quelque tenaces soient les efforts déployés à cette fin). C’est là le risque majeur de cette activité ; on ne sait jamais, si l’on n’y prend assez garde, dans quelle tourbière fétide la curiosité (ou l’ennui) pourra nous enliser. Par exemple, et pour improbable que cela puisse paraître, un glissement de l’Opus Clavicembalisticum de Sorabji vers la dernière chiure de Lady Gaga, moyennant quelques clics étourdis, n’est pas de l’ordre de l’impossible.

   Heureusement pour moi, l’étanchéité de la région de Youtube sur laquelle j’ai passé une partie de l’après-midi (constituée principalement de documentaires sur les pires criminels qui furent) minimisait le risque de mauvaises rencontres. Ce fut alors que, regardant un de ces documentaires (et j’en arrive à la “raison suffisante” de cette page), je découvris sans grande surprise qu’un certain Ted Bundy (un serial killer infiniment plus odieux que le Co-ed whisperer) ressemblait étrangement à Marc-Edouard Nabe. Cette similitude, loin d’être évidente de premier abord (compte tenu du physique plutôt engageant de Bundy) devient quasi-parfaite dès lors qu’on lui présente des caméras. Dans ces instants de gloire, le regard du tueur s’allume d’une joie malsaine, et l’on distinguerait presque, dans ses sourires irradiant la culpabilité, la revendication jouissive d’une monstruosité assumée. Autre point d’accord entre les deux hommes : la méthode. Jugez par vous-mêmes. Bundy, doué d’une fourberie astucieuse, se déguisait en infirme impotent pour aller ratisser les campus. Équipé d’un faux plâtre, d’une béquille tordue et de quelques livres encombrants, il allait solliciter l’aide d’étudiantes charitables qu’il chargeait à l’arrière de son van, après les avoir dûment assommées. Nabe, quant à lui, a trouvé dans une bure miteuse doublée de velours, en apparence misérable mais au confort irréprochable, le déguisement parfait pour intriguer le lecteur. Les quelques chalands qu’il aura écumé des différents trottoirs médiatiques, s’ils commettent l’imprudence de s’engager dans l’antre du boutiquier-martyr, sont aussitôt matraqués de chiasmes insensés et d’oxymores tapageurs. Etourdis de ces formalités, ils sont ensuite traînés dans l’arrière-boutique, où à l’aide de plagiats discrets, Nabe les mitraillera de métaphores immondes jusqu’à ce que vomissure – ou lassitude – s’en suive. Des similarités de physionomie et de méthode par trop criantes pour n’être que simple coïncidence.

  Tout ceci ne laisse aucune place au doute : ce sont bien les mêmes hommes, ou les mêmes diables. Seule différence : l’un fit carrière dans la nécrophilie d’étudiantes, l’autre dans la nécrophagie d’écrivains illustres. Que les lectrices-courtisanes de Marc-Edouard Nabe soient donc averties (elles seraient légion, paraît-il), et qu’elles ne s’étonnent pas, si au lendemain d’une séance de dédicaces pleine de promesses, on les découvre “au détour d’un sentier, les jambes en l’air comme des femmes lubriques, sur un lit semé de caillous”.

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Devrais-je lire le dernier Nabe ?

Pour répondre à cette question que je me posai début 2010, quand L’homme qui arrêta d’écrire sortit, je choisis de demander conseil à un grand lecteur de Nabe, dont la réponse, « Ce n’est pas ce qu’il a écrit de mieux », suffit à me faire économiser les vingt-huit euros de ce vingt-huitième livre.

Je croyais l’affaire entendue, et malgré la distrayante omniprésence médiatique de cet écrivain maudit, je tins bon… jusqu’à ce que j’eus visionné son récent passage dans l’émission ennuyeuse de Judith Bernard (la suffisante exégète ès figures de styles d’Arrêts sur images), lors de laquelle cette engeance d’IUFM osa avouer, sur le bout des lèvres, ne pas avoir aimé L’Homme. Et comme vous pouvez l’imaginer, la moue grimaçante de cette trentenaire déjà rombière influence bien plus, promotionnellement parlant, que les courbettes répétées des FOG, Taddéi, Ardisson, etc.

Je me ruai donc sur www.marcedouardnabe.com pour commander le livre, et faillis acheter par la même occasion les trois derniers tomes de son journal que je n’ai pu encore lire en raison des prix exorbitants auxquels on les trouve sur le marché du livre d’occasion, prix malheureusement similaires sur la plateforme de vente nabienne : 80 euros le volume… Combien de piscines vous faîtes-vous construire, Marc-Edouard Nabe ? Est-ce cela l’anti-édition ? Que l’écrivain suçe le sang des pauvres lecteurs, à la place du libraire et de l’éditeur ?

Quelques jours plus tard arriva un livre à la personnalité forte (bien qu’il soit broché), et dont l’épaisseur dissuasive, le beau papier, la couverture noire laquée étonnante et le titre rose (un pied de nez au monde superficiel de la mode moqué par Nabe à l’intérieur, supposé-je), font qu’on l’imaginerait plutôt en vente au Baron ou chez Colette (1), et pas dans une boucherie (2).

Une fois le livre ouvert, par contre, aucun décalage, nous sommes bien dans une boucherie, où l’époque, dans ce qu’elle peut avoir de contrefait et de ridicule, est passée au fil du hachoir nabien pour nous être présentée nue, dans une vitrine de sept-cent pages.

— « Qu’est-ce que vous prendrez ? »
— « Une andouillette de Jean-Michel Apathie, s’il vous plait, monsieur Nabe. »
— « Avec ceci ? »
— « Mettez-moi aussi du boudin de Jean-François Khan. »
— « Ça vous fera vingt-huit euros ! »

Les cibles choisies, anecdotiques pour certaines (le magasin Colette) emblématiques pour d’autres (l’art contemporain, Canal+ et son esprit, le journalisme, l’édition, la culture rock), ont tout pour déplaire. Aussi est-il jubilatoire de les voir mises à nu lors de scènes drôlatiques où les accusés mêmes participent (inconsciemment) à leur propre réquisitoire.

Malheureusement, Nabe n’est pas qu’un entrepreneur en démolitions. En contrepoint des ersatz et impostures déconstruits nous est proposé, comme alternative, de l’authentique : le génie duchampien (vraie subversion) contre la subversion en contreplaqué de l’art contemporain, le jazz fringant contre le rock mortifère, le pro-arabisme béat contre les délires complotistes, le vitalisme nabien des eighties contre les vivants-morts des années 2000, etc. L’homme, vous l’aurez compris, n’est pas exempt des lieux communs idéologiques du nabisme ; au programme : anti-souchisme (« Les Français, la race en dessous du crapaud ») et négrophilie, très tempérée, cependant, lorsque l’identité africaine de nos Chances a été passée au karsher de l’intégration (« un Noir tellement antipathique qu’on dirait un Blanc »). Les videurs, contrôleurs, vigiles et gendarmes diversifiés n’ont de noir ou d’arabe que l’apparence ; leur comportement rigide et policier trahit leur blancheur intérieure. Autrement dit, l’intégration fonctionne et elle lave plus blanc que blanc. Une vision singulière (en ces temps de désintégration manifeste) dont le grotesque se dévoile pleinement lors d’une scène d’agression à laquelle Nabe assiste : on y voit une bande de jeunes « beurs » renverser avec mépris le gobelet d’un mendiant et clamer après coup leur fierté d’être français, tels des nervis d’extrême-droite, à l’inverse de ce que la logique aurait dû leur faire dire (« sale Français! »).

Loin de moi, cependant, la volonté de déconsidérer ce roman, incontestablement réussi, au prétexte de ce folklore idéologique que le lecteur accommodant, grisé par la non-écriture nabienne, pardonnera volontiers. D’autant plus que si le succès commercial se confirmait, il sera devenu indécent pour ce nouveau fortuné de continuer à geindre sur l’injustice de sa condition ; un serinage d’épigone bloyen multi-décénnal qu’il ne nous déplairait pas de voir cesser. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

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(1) Boîte de nuit et magasin « branchés ».
(2) On peut acheter L’homme qui arrêta d’écrire dans une véritable boucherie, à Paris.

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Entretien exclusif avec Renaud Camus

Autoportrait avec Marc Weitzmann, Élisabeth Lévy et Fabrice d’Almeida

Paraîtra le 18 novembre, aux éditions David Reinharc, l’Abécédaire de l’In-nocence, regroupant une sélection de communiqués, des extraits d’éditoriaux ainsi que des interventions tirées du forum du parti fondé par Renaud Camus, lequel a accepté, à l’occasion de cette parution, de répondre à quelques questions.

— Dans Pire que le mal, vous critiquiez les deux “remèdes impossibles” souvent avancés pour freiner, voire même endiguer, “la disparition en cours de la culture, de la civilisation et du peuple français” ; le premier étant l’accroissement démographique, que vous jugiez comme relevant d’un mauvais calcul, puisque “les politiques natalistes sont l’un des plus puissants incitatifs qui soient à l’immigration de masse” ; et le deuxième de ces remèdes étant Jean-Marie Le Pen, qui par ses compromissions langagières, rendit impossible que l’on s’alliât à lui, quand bien même “partageait-on nombre de ses constats et adhérait-on à une grande partie de son programme”. Quatre ans après la rédaction de ce texte, plusieurs questions viennent naturellement à l’esprit.

Que répondriez-vous à l’objection nataliste selon laquelle c’est l’accroissement démographique des “Français historiques” (et non pas celui des Français au sens hermogénien du terme) qui serait souhaitable et à encourager, tant qu’ils représentent encore, sur leur territoire, une part importante de la population ?

— La plupart des démographes délirent. Ils réfléchissent en faisant totalement abstraction de ce que disent la littérature, la poésie, le regard, l’expérience sensible et plus expressément encore l’écologie : à savoir que la terre n’en peut plus de l’homme. Le parti de l’In-nocence est un parti écologique, le parti de la non-nuisance. Et toutes les politiques écologiques sont absolument vaines, du vent, du temps, des efforts et des fortunes perdus, qui ne luttent pas d’abord contre l’accroissement démographique, premier de tous les maux dont souffre la planète, et celui qui explique et entraîne à peu près tous les autres. Non seulement nous n’avons jamais été si nombreux sur la terre, mais même la France n’a jamais eu une population si nombreuse. Même les Français « historiques », comme vous dites élégamment, n’ont jamais été en pareille quantité. Nous étions quarante millions au début du XXe siècle, nous voilà avançant à marches forcées vers les soixante-dix millions. Qu’est-ce que c’est que ces absurdes menaces d’extinction ? Il n’y a pas la moindre menace. Certes, une population qui se stabiliserait en quantité, ou même, mieux encore, qui réduirait en nombre, vieillirait nécessairement, vieillit, et ce n’est forcément une mauvaise nouvelle pour la paix, pour l’harmonie sociale, pour la sagesse, pour la culture et la civilisation : à ceci près bien sûr qu’à ce vieillissement inévitable, et même souhaitable, il faut être très attentif et consacrer un part importante de la réflexion sociale, et morale, et de la recherche scientifique — que le care soit à l’ordre du jour, c’est indubitable : sur ce point Martine Aubry a raison.

Les peuples les plus anciennement « développés », ceux qui sont le plus chargés d’histoire, de civilisation, de hauts accomplissements culturels et de réflexion sur eux-mêmes, sont parfaitement conscients, inconsciemment conscients, peut-être, malgré tous les discours irresponsables de leurs démographes, repris en chœur par tous les médias (d’une manière d’ailleurs scandaleuse), que le développement démographique ne peut pas se poursuivre indéfiniment. Ils voient bien, ces vieux peuples, le délabrement de la terre, l’épuisement des ressources, les tensions que fait naître la promiscuité, le devenir-banlieue du monde, la disparition de la campagne, du vide, de la nuit, de l’absence possible, de la ressource d’éloignement. Laissés à eux-mêmes, ces peuples-là, dans leur vieille sagesse, diminueraient en nombre, malgré les objurgations de savants fous des démographes. Et ils le font, ils le feraient, voyez l’Allemagne, voyez l’Italie, n’était l’immigration. L’immigration ne diminue pas en nombre, elle, ni les immigrés en taux de reproduction. Ils ont fui leur pays pour échapper, entre autres choses, aux effets désastreux du développement démographique constant, et, selon un schéma qui s’observe dans tous les domaines, ils reproduisent exactement, c’est le cas de le dire, dans les pays d’accueil, ce qui leur a fait quitter leur contrée d’origine, à commencer par les taux de reproduction faramineux. Et ce faisant ils accélèrent ce que l’In-nocence et moi appelons le Grand Remplacement, ils nous conquièrent par les ventres, conformément d’ailleurs au programme parfaitement explicite posé par un Houari Boumedienne il y a quarante ans.

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Anno 1404 : chronique d’une trahison

Samedi 4 juillet 2009. Pour un jeune de ma génération, et malgré mes idées politiques d’outre-temps, il en est des jeux vidéos comme des plaisirs de l’alcool : après leur découverte et la surabondance dissolue lui succédant se profile bien vite l’accalmie. Deux ans déjà que j’affiche la sobriété d’un musulman,  et cinq années que je n’avais pas utilisé d’ordinateur pour cet addictif plaisir ludique que procure le jeu vidéo ; période d’abstinence dont j’ai, aujourd’hui, pu célébrer la rupture.

C’est à Anno 1404, jeu de gestion civile nous invitant, dans un haut Moyen Âge flou, sans royaume ni personnage historique, à épouser le destin de procurateur, que je dois cette bénédiction. Début galvanisant : mes premiers pas foulent un cadre résolument chrétien. L’empereur venant de tomber mystérieusement malade, son cousin, Lord Northburg, décide la construction d’une grande cathédrale pour susciter la miséricorde divine. Afin d’assister le Lord dans cette tâche (construire une cathédrale nécessite quantités de ressources) et après avoir prêté serment de loyauté, je rentre en possession d’un fief et de quelques âmes, pour lesquelles il m’est instamment conseillé de construire une chapelle. Peut ensuite commencer la collecte des ressources dont on pourvoira la cathédrale et ses tailleurs de pierre ; celle-ci à peine entreprise, apparaît Guy Forcas, un éminent légat venu annoncer une imminente croisade contre l’Orient et l’effort de guerre la précédant auquel on m’enjoint de participer. Les demandes s’enchainent alors jusqu’à ce que les préparatifs soient terminés : il faut produire du fer pour des armes que je dois faire bénir avant d’en équiper des recrues mobilisées dans mon fief même, puis construire un port immense doté d’un chantier naval et d’entrepôts. Ces ordres que j’exécute avec engouement sont entrecoupés par les encouragements de Marie d’Artois, navarque qui commandera la croisade dont elle reçut, de Dieu, la vision : “Que ceux qui vont combattre pour le rétablissement de la vraie foi soient bénis !”.

Trois heures déjà que j’exulte à jouer le larbin consciencieux d’une Chrétienté vivante et virile. Quelle expérience ! Demain, la croisade !

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Dimanche 5 juillet 2009. Me suis attelé, sans oeillères, à ma croisade et ai reçu un soufflet de désillusions. Mon sens critique s’étant dévoilé de la naïveté enthousiaste d’hier, les coups de fouets du légat se sont faits plus douloureux. Aussi épais soit-il, le voile n’étouffe pas les chocs ; les musulmanes frappées en savent quelque chose. Je n’avais pas voulu voir ce que, déjà, quelques signes annonçaient : le teint cadavérique et les rides patibulaires du Cardinal baconien déblatérant des instructions plus sèches encore que lui ne m’alarmèrent pas outre mesure. Un odieux retournement scénaristique était pourtant en gestation : les préparatifs de la croisade terminés, il ne me fut pas laissé d’autre choix que d’avertir puis de défendre les arabo-musulmans – présentés comme de sympathiques et pacifiques savants –, au prétexte fallacieux que la croisade fut décidée par le Cardinal et non par l’Empereur, toujours malade (on apprendra par la suite que les prélats l’empoisonnèrent pour pouvoir lancer la croisade). Les raisons avancées importent peu, le fait est là : je suis devenu le bouclier d’un Orient assiégé par une Chrétienté assoiffée de sang et ce ne sont plus des croisés que je recrute dans mon fief mais des janissaires…

J’ai laissé le jeu infini, choqué par cette trahison imposée, étourdi par cette tentative grotesque de formatage cérébral aux clichés de l’époque. Les concepteurs d’Anno 1404 fantasmèrent-ils une trahison passée pour nous accommoder d’une trahison présente ? Non, pas une once de sentiment de traîtrise chez eux, puisqu’il n’y a plus rien à trahir. Nous ne faisons déjà plus parti du même peuple ; je renâclerais donc à qualifier ces idiots utiles de traîtres ou de collaborateurs, comme le voudrait l’usage islamophobe. Ne serait-ce pas plutôt nous, apathiques du changement, sourds à la diversité, séditieux du festivisme, les vrais traîtres de la « société » actuelle (« civilisation », « patrie », « nation » et même « peuple » ne convenant déjà plus) ? L’Occident chrétien s’étant délesté de ses attaches terrestres pour gagner le paradis moelleux des valeurs creuses, ne subsiste plus de lui que quelques reliquats dont on dresse, sans relâche, la caricature. Simulacre d’exorcisme pour républi-Caïn.

Un post-Occident qui se repent face à un Islam qui se répand. Faites vos jeux.

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Français honteux

Il y a des Français honteux comme il y a des Juifs honteux.

Par « Juif honteux », on pensait en général au Juif de culture germanique de la fin du XIXe, assimilé à l’extrême, admirateur de Bismarck et de Wagner, épousant la normalité jusqu’à devenir lui-même antisémite.

Aujourd’hui, le Juif honteux serait plutôt d’extrême-gauche, pas patriote pour un sou, tel Edgar Morin ou Shlomo Sand, qui font de la critique d’Israël et de la déconstruction de l’identité juive, un moyen de parvenir.

Le Juif honteux du passé taisait, reniait et haïssait ses origines afin de s’assimiler à sa patrie d’accueil ;  il devenait donc patriote, nationaliste et parfois même antisémite. Inversement, le Juif honteux antisioniste désire s’assimiler à l’humanité, au peuple, aux dominés et certainement pas à la patrie, concept si suranné qu’il sourit à son évocation. Nation, religion et race s’étant, en France, effondrées, seule reste l’humanité.

Le Français honteux partage plusieurs de ses qualités avec ces « Juifs » d’extrême-gauche. Il se conçoit avant tout comme « humain » et non comme Français. Il aurait pu naître ailleurs, en Afrique par exemple – le berceau de l’humanité -, mais le hasard a voulu qu’il naisse dans ce pays favorisé qu’est la France.

À chaque strate de la société son Français honteux. Politiciens appelant à toujours plus de diversité et de métissage, journalistes ostracisant les derniers résidus de « France rancie », chercheurs proclamant que la France et les Français n’existent pas («nous sommes tous des enfants d’immigrés», « l’identité française est une construction »), professeurs résumant l’histoire de France à ses « crimes » et remerciant les Arabes de nous avoir apporté la civilisation, collégiens s’inventant des « origines » et souhaitant faire le ramadan comme leurs camarades.

À la lecture de cette liste, on aura compris que le Français honteux souhaite lui aussi s’assimiler à une norme : la nouvelle France multiculturelle et post-nationale pour laquelle il n’hésite pas à renier l’ancienne, avec force crachats – quand il lui semble indiqué d’afficher son zèle.

Le Français honteux finit ainsi par devenir, comme l’immigré auquel il voue un culte, un simple “Français de papiers”.

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Les trois France

Joseph d’Arimathie

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Celui qui s’estime et se juge le plus petit et le plus pécheur de tous salue, au commencement de cette histoire, tous ceux dont le cœur et la foi adhèrent à la sainte trinité […]

Avec les siècles, ces premières lignes du cycle arthurien, simple salut aux lecteurs et à ce qui les unit – la foi chrétienne -, risquent de ne plus trouver comme écho chez le lecteur athée ou musulman de la France d’aujourd’hui qu’indifférence ou aversion.

Que répondraient nos contemporains s’il leur était demandé leur opinion sur la trinité ? Les plus cultivés d’entre eux souriraient, pensant sans doute à une plaisanterie. D’autres, moins favorisés,  chercheraient en vain ce dont il est question – «Mais de quoi parle-t-il ? Ça a peut-être à voir avec le chiffre trois. Une sorte de trio ?». Et chez les plus jeunes, «trinité» évoquerait probablement «Trinity», héroïne du film Matrix.

Par curiosité, nous pourrions adapter ce salut communautaire à la France contemporaine :

Celui qui s’estime et se juge le plus tolérant et le plus anti-raciste de tous salue, au commencement de cette histoire, tous ceux dont la raison et le cœur adhèrent au multiculturalisme […]

Et à la France future découlant de l’actuelle :

Celui qui s’estime et se juge le plus vertueux et le plus soumis de tous salue, au commencement de cette histoire, tous ceux dont le cœur et la foi adhèrent à l’unicité d’Allah […]

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Palme d’or

Drogués, clandestins, clochards, homosexuels, avorteuses, ouvriers dépressifs, lycéens analphabètes « diversifiés », etc ; chaque année le cinéma tient à honorer ses « autres » et à montrer qu’en son monde, on pense à la perfection.

Pour ce palmarès 2009, le grand favori était le film de Jacques Audiard puisqu’on y voyait un Arabe se faire harceler par des Corses racistes. Un film fait pour la Palme d’or, si j’ose dire (produit par « canal », de plus). Audiard avait en quelque sorte sorti l’artillerie lourde, et l’homosexuel chinois persécuté, comme le garçon autrichien victime d’une éducation trop stricte, sentaient bien qu’ils combattaient à armes inégales, malgré leurs efforts évidents.

Ce fut donc à la surprise générale qu’Haneke et son garçon éduqué à la dure obtinrent la palme d’or. D’aucuns pourraient voir en cet échec relatif d’Audiard un sursaut contre l’emprise de l’idéologie et de l’engagement sur ce festival ; ce fut même ma première réaction, mais c’est là se voiler la face : Audiard obtint tout de même le Grand Prix, et ce film d’Haneke soutenant que l’éducation stricte du début du XXe siècle mena au nazisme est loin d’être sympathique (cela dépend pour qui, il va sans dire).

On pourrait même considérer que cette Palme constitue, avec la précédente (Entre les murs), une réflexion articulée sur l’école : « l’éducation passéiste mène au fascisme, l’école multiculturelle vivre-ensemblesque au bonheur ». Les cyniques verront dans le fait que la présidente du jury et Haneke soient amis et anciens collaborateurs le seul motif de l’attribution de cette Palme, mais c’est oublier qu’on peut être à la fois corrompu et bien-pensant.

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Antisémite ? Moi ?

Ce texte est une satire tournant en dérision l’argumentaire victimiste  des antisémites ; il n’est donc pas à lire au premier degré.

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Antisémite ? Moi ? Vous plaisantez ! Et puis, comment pourrais-je être quelque chose dont l’existence tangible reste encore à prouver ? Car il ne faut pas avoir peur de le dire : l’antisémitisme est avant tout un concept forgé par les juifs afin de saper toute critique ou opposition visant leur mainmise sur les media, la finance, la politique ou leur entreprise coloniale en terre musulmane.

D’ailleurs, Sartre n’écrivit-il pas : «Être antisémite, c’est être désigné comme tel»? Et bien que l’identité antisémite naisse uniquement du regard accusateur des juifs, nous finissons, nous autres antisémites, par nous y reconnaître bien involontairement. D’identité creuse – résultante de l’anti-antisémitisme calomniateur -, je ne suis en rien antisémite au sens juif du terme.

Antisémite ? Je n’appris l’être qu’assez tardivement, et ce, dans des circonstances malheureuses – il va s’en dire – ; jeune, je me revois, à terre, essuyant les coups de mes camarades juifs portés aux cris aveugles de «sale antisémite». «Qu’est-ce qu’un antisémite ?», m’empressai-je de demander à ma mère, une fois rentré, les larmes toujours s’écoulant et le souffle court. «Antisémite ? C’est une malédiction que l’on ne souhaiterait même pas à son pire ennemi et dont tu viens de goûter l’âpre entrée en bouche», me répondit-elle, les yeux dolents.

Me fut ensuite par elle contée la poignante histoire du peuple antisémite, qui de Marcion, ostracisé hérésiarque par l’Église enjuivée des premiers siècles, à Garaudy, condamné par des tribunaux aux ordres pour avoir courageusement révélé les dessous de la forfaiture juive de 1948, n’est qu’une longue suite d’humiliations, souffrances et injustices. De ce roman funeste ne me fut pas même épargné l’acmé révoltante – la seconde guerre mondiale -, durant laquelle périrent pas moins de cinquante millions d’antisémites. Que sont leurs prétendus six face à nos cinquante ? Il faut pourtant croire que notre sang importe moins que le leur puisqu’à émettre cette évidence historique on risque l’emprisonnement ou l’exil.

Triste époque où plus que jamais on nous force à baisser la tête. C’est à peine si l’on ose sortir par crainte de croiser ces bandes de jeunes juifs qui tabassent et laissent pour mort, afin de nous éduquer, ricanent-ils, ou sans même parfois donner de raison. Mon voisin arabe et moi sommes littéralement terrifiés. Pour vous dire, nous avons dû déployer le drapeau de l’entité sioniste sur les vitres arrières de nos voitures neuves respectives pour ne pas qu’elles soient, comme les anciennes, sadiquement incendiées.

Peur d’être dénoncé, ce sont les positions juives officielles que l’on doit, en public, afficher ; et ceux qui ont le courage – ou le malheur – d’y contrevenir disparaissent parfois subitement, sans laisser de trace ; tel ce journaliste du Monde Diplomatique qui, rongé par la honte, osa un jour évoquer les pogroms que subissent quotidiennement les palestiniens. Qui sait ce qu’il advint de lui ? Envoyé dans un de ces florissants camps de rééducation desquels on revient, dans le meilleur des cas, l’œil étrange et la mémoire floue ? Quoi qu’il en fût, les journalistes, de Minute au Monde Diplomatique, collaborent depuis lors toujours plus férocement, et vont même souvent jusqu’à devancer les désirs de la censure juive. Preuve accablante parmi tant d’autres : cet article du Nouvel Observateur signé Aude Lancelin, consistant en une présentation bienveillante de la propagande des principaux intellectuels juifs – suivez mon regard.

Qui pourra bien s’élever contre leur dictat ? J’admets à contrecœur qu’une solution venant de l’intérieur, tant la poigne juive enserre la France, puisse paraître pour le moins chimérique : l’Église même gesticule avec force courbettes devant les rabbins ; elle les remercierait presque d’avoir tué Jésus. C’est malheureux à dire, mais seuls les musulmans semblent avoir pris la mesure du péril juif. Certes, ils désirent faire de l’Europe la province d’un utopique califat mondial, mais ne disait-on pas en 1936 : «plutôt Hitler que Blum» ?

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Barenboim et Lang Lang

Bien que je tienne l’établissement de ma discothèque pour une entreprise on ne peut plus sérieuse, seule une règle restrictive fut instaurée : pas de Barenboim. Je me disais alors pour me rassurer qu’un vecteur d’une si piteuse idéologie ne pouvait en aucun cas être un génie musical. Mais comme nous le rappellent si volontairement nos acteurs clandestinophiles et palestinophiles, la réussite artistique ne préserve en aucun cas des pensées imbéciles ou dangereuses.

J’en étais donc arrivé à envisager l’idée d’une possible perte pour ma discothèque, sentiment désagréable que je surmontai grâce à l’idée que la perte valait aussi pour Barenboim. «De cette collection se voulant le catalogue des meilleures interprétations des œuvres majeures de la musique occidentale, tu ne feras pas partie», lui disais-je.

La règle fut certes appliquée avec rigueur, mais non sans douleur : quand je découvris que les concertos de Beethoven sous la direction de Klemperer avaient pour pianiste Barenboim, j’en eus le souffle coupé, mais tins bon, ne dérogeai pas et optai pour les versions de Serkin, Zimerman et Pollini.

Mais lorsque je dus sélectionner la version des Lieder ohne Worte de Mendelssohn à intégrer à ma collection, j’eus la triste surprise de voir que le cheval que je donnais gagnant, Gieseking, n’avait enregistré que des extraits de l’œuvre ; la seule version complète satisfaisante étant celle de Barenboim. Des deux maux je choisis le moindre, et accueillis donc – avec réserve – Barenboim dans ma collection dont l’âme est désormais perdue.

Mendelssohn, marche funéraire (piano: Barenboim)

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Autre signe de relâchement, j’ai écouté par curiosité le concerto n°2 de Rachmaninoff interprété par Lang Lang.

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Des critiques qu’aura suscitées La grande déculturation de Renaud Camus, celle de Frédéric Martel (producteur à France culture) se sera démarquée par le caractère criard de son mépris et la mauvaise foi imbécile des rares arguments – l’insulte et l’anathème occupant le principal du court texte.

Des travers listés, confusion, incohérences et approximations étonneront à n’en pas douter le lecteur de Renaud Camus – non pas que le reste de la liste soit pour autant pertinent ; c’est plus l’incongruité des reproches que leur fausseté qui provoque l’étonnement. Car la pensée de Renaud Camus, ayant pour socle une syntaxe exemplaire, s’évertue, inversement à ce qui lui est reproché, à rester nuancée et subtile ; et ce, malgré la force attractive d’un manichéisme presque inhérent aux thèmes périlleux abordés.

S’ensuit, énoncé sur un ton de circonstance – grave et concerné -, le sempiternel rappel du prétendu antisémitisme d’un Renaud Camus omnipotent et calculateur, se réjouissant du scandale que sa soif de renommée aurait poussé à fomenter puis à alimenter. Soyons clairs : considérant la bassesse haineuse des attaques, le corporatisme pavlovien, le souhait avoué de censure et le mimétisme zélé dont fait preuve Martel, nous imaginons aisément ce que ce thuriféraire de Diam’s aurait pensé des juifs s’il avait vécu durant les années trente.

Soulignons aussi que la thèse principale – tout simplement raciste – n’est étayée que par une formule imprécise et insipide, à laquelle, en l’état, on pourra faire dire tout et son contraire : Renaud Camus théorise la différence culturelle des races. Diable ! Mais que cela signifie-t-il ?

Heureusement pour nous, le consciencieux Martel s’est livré à un recueil de citations censé appuyer ses accusations. Passons sur les coupes, Martel tranche en profondeur, comme on pouvait s’y attendre. Plus intéressante en revanche l’expression relevée «Français d’ascendance français, isolée, se suffisant à elle-même. Ne le saviez-vous pas ? Le caractère français de la France n’est plus dicible que lorsque l’on se réjouit de sa dissolution ; en regretter la grandeur passée, en aimer les vestiges, ou seulement l’énoncer de façon neutre est tout simplement raciste.

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Finkielkraut répond à Martel :

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