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	<title>Le Nouveau Réactionnaire &#187; Extraits et Citations</title>
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		<title>Quelques extraits du &#171;&#160;Désespéré&#160;&#187;, de Léon Bloy</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Dec 2011 15:22:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits et Citations]]></category>

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		<description><![CDATA[Si l’Exterminateur arrivait enfin, il ne trouverait plus une âme vivante dans les quartiers opulents de Paris, rien aux Champs-Élysées, rien au Trocadéro, rien au Parc Monceau, trois fois rien au Faubourg Saint-Germain et, sans doute, il dédaignerait angéliquement de frapper du glaive les simulacres humains pavés de richesses qu’il y découvrirait ! * Au fait, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter" src="http://www.nouveau-reac.org/blog/files/munch.jpg" alt="" width="500" height="229" /></p>
<p style="text-align: justify;">Si l’Exterminateur arrivait enfin, il ne trouverait plus une âme vivante dans les quartiers opulents de Paris, rien aux Champs-Élysées, rien au Trocadéro, rien au Parc Monceau, trois fois rien au Faubourg Saint-Germain et, sans doute, il dédaignerait angéliquement de frapper du glaive les simulacres humains pavés de richesses qu’il y découvrirait !</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Au fait, que diable voulez-vous que puisse rêver, aujourd’hui, un adolescent que les disciplines modernes exaspèrent et que l’abjection commerciale fait vomir ? Les croisades ne sont plus, ni les nobles aventures lointaines d’aucune sorte. Le globe entier est devenu raisonnable et on est assuré de rencontrer un excrément anglais à toutes les intersections de l’infini. Il ne reste plus que l’Art. Un art proscrit, il est vrai, méprisé, subalternisé, famélique, fugitif, guenilleux et catacombal. Mais, quand même, c’est l’unique refuge pour quelques âmes altissimes condamnées à traîner leur souffrante carcasse dans les charogneux carrefours du monde.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1892"></span></p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que les funérailles de Gambetta furent, elles-mêmes, une bien piètre solennité en comparaison de l’apothéose de Victor Hugo, que Marchenoir était appelé à contempler, deux ans plus tard.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette fois, ce ne fut plus seulement Paris, ni même la France, ce fut le globe entier, semble-t-il, qui se rua sur la piste suprême du Cosmopolite décédé. Le monde moderne, las du Dieu vivant, s’agenouille de plus en plus devant les charognes et nous gravitons vers de telles idolâtries funèbres que, bientôt, les nouveau-nés s’en iront vagir dans le rentrant des sépulcres fameux où blanchira, désormais, le lait de leurs mères. Le patriotisme aura tant d’illustres pourritures à déplorer que ce ne sera presque plus la peine de déménager des nécropoles. Ce sera comme un nouveau culte national, sagement tempéré par le dépotoir final où seront transférés sans pavois, — pour faire place à d’autres, — les carcasses de libérateurs et les résidus d’apôtres, au fur et à mesure de leur successive dépopularisation.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque Marat eut achevé son ignoble existence, « on le compara, dit Chateaubriand, au divin auteur de l’Évangile. On lui dédia cette prière : Cœur de Jésus, Cœur de Marat ! ô sacré Cœur de Jésus, ô sacré Cœur de Marat ! Ce cœur de Marat eut pour ciboire une pyxide précieuse du garde-meuble. On visitait dans un cénotaphe de gazon, élevé sur la place du Carrousel, le buste, la baignoire, la lampe et l’écritoire de la divinité. Puis, le vent tourna. L’immondice, versée de l’urne d’agate dans un autre vase, fut vidée à l’égout. »</p>
<p style="text-align: justify;">La poésie moderne, devenue l’amie de la canaille, devait finir comme L’Ami du Peuple. Madame se meurt, Madame est morte, Madame est ensevelie, non dans la pourpre ni dans l’azur fleurdelysé des monarchies, mais dans la défroque vermineuse du populo souverain et voici de bien affreux croque-morts pour la porter en terre. Toute la crapule de l’univers, en personne ou représentée, défilant pendant six heures, de l’Arc de Triomphe au Panthéon !</p>
<p style="text-align: justify;">Il eût été si facile, pourtant, et si simple, de faire la levée de ce cadavre à coups de soulier, de le lier par les pieds avec des câbles de trois kilomètres et d’y atteler dix mille hommes, qui l’eussent traîné dans Paris, en chantant la Marseillaise ou Derrière l’Omnibus, jusqu’à ce que chaque pavé, chaque saillie de trottoir, chaque balustre d’urinoir public, eût hérité de son lambeau, pour le régal des cochons errants !</p>
<p style="text-align: justify;">L’horreur matérielle de cette expiation posthume aurait eu pour effet, du moins, d’émouvoir la pitié du monde. Un immense chœur de sanglots eût brisé pour quelques jours, la vieille poitrine de l’humanité. Une absolution de vraies larmes fût tombée des yeux des innocentes et des yeux des prostituées, sur l’impénitent Proxénète de l’Idéal, et jusqu’aux âmes les plus courroucées lui eussent fait un meilleur Panthéon de leur éternel oubli !</p>
<p style="text-align: justify;">On a préféré traîner cette dépouille dans le cloaque d’une apothéose démocratique. Profanation mille fois plus certaine, parce qu’elle s’est accomplie sur le cadavre intellectuel, et qu’elle est sans espérance de repentir !</p>
<p style="text-align: justify;">L’auteur des Misérables ayant absurdement promulgué l’égalité du Bras et de la Pensée, le Bras imbécile a voulu tout seul manifester sa reconnaissance et l’âme flottante du poète a dû s’envoler, en gémissant, hors de portée de cet hommage.</p>
<p style="text-align: justify;">Victor Hugo était parvenu à tellement déshonorer la poésie, qu’il a fallu que la France inventât de se déshonorer elle-même un peu plus qu’avant, pour se mettre en état de lui conditionner un dernier adieu qui fît éclater, comme il convenait, — en l’indépassable ignominie d’une solennité de dégoûtation, — la complicité de leur avilissement.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce monument, dont lui-même dénonça le ridicule, il y a cinquante ans, pouvait, sans doute, convenir à Dieu qui s’en contentait en silence, puisque le ridicule des hommes est la pourpre même de l’interminable Passion du Roi conspué ; mais le plus grand poète du monde, — à supposer que Victor Hugo méritât ce titre, — ne peut absolument pas s’accommoder de cette coupole, bien moins respirable pour sa gloire que le tabernacle en sapin du plus humble de tous les tombeaux…</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’on m’écoute ou qu’on ne m’écoute pas, qu’on m’applaudisse ou qu’on m’insulte, aussi longtemps qu’on ne me tuera pas, je serai le consignataire de la Vengeance et le domestique très obéissant d’une étrangère Fureur qui me commandera de parler. Il n’est pas en mon pouvoir de résigner cet office, et c’est avec la plus amère désolation que je le déclare. Je souffre une violence infinie et les colères qui sortent de moi ne sont que des échos, singulièrement affaiblis, d’une Imprécation supérieure que j’ai l’étonnante disgrâce de répercuter.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pour cela, sans doute, que la misère me fut départie avec tant de munificence. La richesse aurait fait de moi une de ces charognes ambulantes et dûment calées, que les hommes du monde flairent avec sympathie dans leurs salons et dont se pourlèche la friande vanité des femmes. J’aurais fait bombance du pauvre, comme les autres et, peut-être, en exhalant, à la façon d’un glorieux de ma connaissance, quelques gémissantes phrases sur la pitié. Heureusement, une Providence aux mains d’épines a veillé sur moi et m’a préservé de devenir un charmant garçon, en me déchiquetant de ses caresses…</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Le christianisme, quand il en reste, n’est qu’une surenchère de bêtise ou de lâcheté. On ne vend même plus Jésus-Christ, on le <em>bazarde </em>(&#8230;)<em><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;">Le <em>scrupule</em> dévot, à lui seul, exigerait une seconde Rédemption.</p>
<p style="text-align: justify;">Les catholiques modernes, monstrueusement engendrés de Manrèze et de Port-Royal, sont devenus, en France, un groupe si fétide que, par comparaison, la mofette maçonnique ou anticléricale donne presque la sensation d’une paradisiaque buée de parfums (&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">Les catholiques déshonorent leur Dieu, comme jamais les Juifs et les plus fanatiques antichrétiens ne furent capables de le déshonorer.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Nous descendons spiralement, depuis quinze années, dans un vortex d’infamie, et notre descente s’accélère jusqu’à perdre la respiration. Nous allons maintenant, comme la tempête, sans aucune chance de retour, et chaque heure nous fait un peu plus bêtes, un peu plus lâches, un peu plus abominables devant le Seigneur Dieu, qui nous regarde des enfoncements du ciel !…</p>
<p style="text-align: justify;">Joseph de Maistre disait, il y a plus d’un siècle, que l’homme est trop méchant pour mériter d’être libre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce Voyant était un contemporain de la Révolution dont il contemplait, en prophète, la grandiose horreur, et il lui parlait face à face.</p>
<p style="text-align: justify;">Il mourut dans l’épouvante et le mépris de ce colloque, en prononçant l’oraison funèbre de l’Europe civilisée.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’aurait donc rien de plus à dire aujourd’hui, et les finales porcheries de notre dernière enfance n’ajouteraient absolument rien à la terrifiante sécurité de son diagnostic.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">La Terreur, qui aurait dû, semble-t-il, avoir la magnifiante efficacité des persécutions antiques, n’a servi qu’à rapetisser encore les chrétiens qu’elle a <em>raccourcis</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Les catholiques entendent et pratiquent la charité, l’amour de leurs frères indigents, à la manière protestante, c’est-à-dire avec ce faste usuraire qui exige l’entier abandon préalable de la dignité du Pauvre, en échange des plus dérisoires secours.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">On vous a dit, n’est-ce pas, que mes violences écrites offensaient la charité. Je n’ai qu’un mot à répondre à votre théologien. C’est que la Justice et la Miséricorde sont <em>identiques</em> et consubstantielles dans leur absolu. Voilà ce que ne veulent entendre ni les sentimentaux ni les fanatiques. Une doctrine qui propose l’Amour de Dieu pour fin suprême, a surtout besoin d’être virile, sous peine de sanctionner toutes les illusions de l’amour-propre ou de l’amour charnel. Il est trop facile d’émasculer les âmes en ne leur enseignant que le précepte de chérir ses frères, au mépris de tous les autres préceptes qu’on leur cacherait. On obtient, de la sorte, une religion mollasse et poisseuse, plus redoutable par ses effets que le nihilisme même.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, l’Évangile a des menaces et des conclusions terribles. Jésus, en vingt endroits, lance l’anathème, non sur des choses, mais sur des <em>hommes</em> qu’il désigne avec une effrayante précision. Il n’en donne pas moins sa vie pour tous, mais après nous avoir laissé la consigne de parler « sur les toits », comme il a parlé lui-même. C’est l’unique modèle et les chrétiens n’ont pas mieux à faire que de pratiquer ses exemples. Que penseriez-vous de la <em>charité</em> d’un homme qui laisserait empoisonner ses frères, de peur de ruiner, en les avertissant, la considération de l’empoisonneur ? Moi, je dis qu’à ce point de vue, la charité consiste à vociférer et que le véritable amour doit être implacable. Mais cela suppose une virilité, si défunte aujourd’hui, qu’on ne peut même plus prononcer son nom sans attenter à la pudeur !…</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Je regarde l’état de comédien comme la honte des hontes. J’ai là-dessus les idées les plus centenaires et les plus absolues. La vocation du théâtre est, à mes yeux, la plus basse des misères de ce monde abject et la sodomie passive est, je crois, un peu moins infâme. Le bardache, même vénal, est, du moins, forcé de restreindre, chaque fois, son stupre, à la cohabitation d’un seul et peut garder encore, — au fond de son ignominie effroyable, — la liberté d’un certain choix. Le comédien s’abandonne, <em>sans choix</em>, à la multitude, et son industrie n’est pas moins ignoble, puisque c’est son <em>corps</em> qui est l’instrument du plaisir donné par son art. L’opprobre de la scène est, pour la femme, infiniment moindre, puisqu’il est, pour elle, en harmonie avec le mystère de la Prostitution, qui ne courbe la misérable que dans le sens de sa nature et l’avilit sans pouvoir la défigurer.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Une des pratiques religieuses auxquelles il tenait le plus était la grand’messe de paroisse, celle-là qu’on a nommée, dans un style abject, « l’opéra du peuple, » probablement par antiphrase, puisqu’il est interdit au peuple d’y assister.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est sûr que les <em>fabriques</em> ne badinent pas avec le pauvre monde et Jésus lui-même, suivi du Sacré-Collège de ses douze Apôtres, serait promptement balayé par le bedeau, — si cette compagnie s’en venait, guenilleuse, et n’ayant pas de monnaie pour payer les chaises. Les dévotes riches et notables, qui font graver leurs noms sur leurs prie-Dieu capitonnés, ne souffriraient pas le voisinage d’un Sauveur lamentablement vêtu, qui voudrait assister en personne au sacrifice de son propre Corps. Les toutous de ces dames seraient certainement expulsés avec plus d’égards que ce Va-nu-pieds divin.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette simonie inspirait à Marchenoir une horreur sans bornes.</p>
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		<title>Guy Debord, un réactionnaire méconnu</title>
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		<pubDate>Sat, 22 Oct 2011 13:10:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Émissions]]></category>
		<category><![CDATA[Extraits et Citations]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand &#171;&#160;être absolument moderne&#160;&#187; est devenu une loi spéciale proclamée par le tyran, ce que l&#8217;honnête esclave craint plus que tout, c&#8217;est que l&#8217;on puisse le soupçonner d&#8217;être passéiste. * La décadence générale est un moyen au service de l&#8217;empire de la servitude ; et c&#8217;est seulement en tant qu&#8217;elle est ce moyen qu&#8217;il lui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1843" title="debord" src="http://www.nouveau-reac.org/blog/wp-content/uploads/2011/10/debord1.jpg" alt="" width="500" height="278" /></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Quand &laquo;&nbsp;être absolument moderne&nbsp;&raquo; est devenu une loi spéciale proclamée par le tyran, ce que l&#8217;honnête esclave craint plus que tout, c&#8217;est que l&#8217;on puisse le soupçonner d&#8217;être passéiste.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">La décadence générale est un moyen au service de l&#8217;empire de la servitude ; et c&#8217;est seulement en tant qu&#8217;elle est ce moyen qu&#8217;il lui est permis de se faire appeler progrès.</p>
<p style="text-align: right;"><strong><em>Panégyrique</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #ffffff;">*</span></p>
<p style="text-align: justify;">Je méprise la presse, j&#8217;ai raison ; et voilà pourquoi je refuse depuis toujours toute interview. Je la méprise pour ce qu&#8217;elle dit, et pour ce qu&#8217;elle est. Je ne suis évidemment pas le seul, mais sans doute celui qui peut le dire le plus franchement, sans aucune gêne : c&#8217;est parce que je me trouve peut-être le seul qui ne me soucie aucunement de ses méprisables éloges, et pas davantage de ses blâmes.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;imprécision du langage est désormais utile aux journalistes, et cela tombe bien, puisqu&#8217;ils seraient presque tous incapables d&#8217;écrire mieux.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne suis pas un journaliste de gauche : je ne dénonce jamais personne.</p>
<p style="text-align: right;"><strong><em>&laquo;&nbsp;Cette mauvaise réputation&#8230;&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #ffffff;">*</span></p>
<p style="text-align: justify;">Combien y a-t-il d&#8217;étrangers en France ? (Et pas seulement par le statut juridique, la couleur, le faciès.) Il est évident qu&#8217;il y en a tellement qu&#8217;il faudrait plutôt se demander : <em>combien reste-il de Français</em> et où sont-ils ?</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Les Français ne peuvent plus supporter leurs enfants. Ils les envoient à l&#8217;école dès trois ans, et au moins jusqu&#8217;à seize, pour apprendre l&#8217;analphabétisme.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Les Français sont malvenus à dire qu&#8217;ils ne se sentent plus chez eux <em>à cause des immigrés</em> ! Ils ont tout lieu de ne plus se sentir chez eux, c&#8217;est très vrai. C&#8217;est parce qu&#8217;il n&#8217;y a plus personne d&#8217;autre, dans cet horrible nouveau monde de l&#8217;aliénation, <em>que des immigrés</em>.</p>
<p style="text-align: right;"><em><strong>Notes sur la &laquo;&nbsp;question des immigrés&nbsp;&raquo;</strong></em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://n-reac.org/audio/repliques/20060923_Debord.mp3">Guy Debord est-il irrécupérable ?</a><br />
avec Philippe Sollers et Guy Scarpetta</strong></p>
<p style="text-align: center;">
]]></content:encoded>
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		<title>Quelques considérations du comte de Maistre</title>
		<link>http://www.nouveau-reac.org/quelques-considerations-du-comte-de-maistre/</link>
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		<pubDate>Sat, 03 Sep 2011 04:31:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits et Citations]]></category>

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		<description><![CDATA[I. Des révolutions Ce qu&#8217;il y a de plus admirable dans l&#8217;ordre universel des choses, c&#8217;est l&#8217;action des êtres libres sous la main divine. Librement esclaves, ils opèrent tout à la fois volontairement et nécessairement: ils font réellement ce qu&#8217;ils veulent, mais sans pouvoir déranger les plans généraux. Si l&#8217;on imagine une montre, dont tous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQSipA91J0VVoCGw7ydpWXnyMOUknYoyQgtHk3Z2Mg0X-19W1OK" alt="" width="181" height="238" /><strong>I. Des révolutions</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce qu&#8217;il y a de plus admirable dans l&#8217;ordre universel des choses, c&#8217;est l&#8217;action des êtres libres sous la main divine. Librement esclaves, ils opèrent tout à la fois volontairement et nécessairement: ils font réellement ce qu&#8217;ils veulent, mais sans pouvoir déranger les plans généraux.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;on imagine une montre, dont tous les ressorts varieraient continuellement de force, de poids, de dimension, de forme et de position, et qui montrerait cependant l&#8217;heure invariablement, on se formera quelque idée de l&#8217;action des êtres libres relativement aux plans du créateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, plus on examine les personnages en apparence les plus actifs de la révolution, plus on trouve en eux quelque chose de passif et de mécanique. On ne saurait trop le répéter, ce ne sont point les hommes qui mènent la révolution; c&#8217;est la révolution qui emploie les hommes. On dit fort bien, quand on dit qu&#8217;<em>elle va toute seule.</em> Cette phrase signifie que jamais la Divinité ne s&#8217;était montrée d&#8217;une manière si claire dans aucun événement humain. Si elle emploie les instruments les plus vils, c&#8217;est qu&#8217;elle punit pour régénérer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>II. Conjectures sur les voies de la providence dans la Révolution française</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le Roi n&#8217;a jamais eu d&#8217;allié; et c&#8217;est un fait assez évident, pour qu&#8217;il n&#8217;y ait aucune imprudence à l&#8217;énoncer, que la coalition en voulait à l&#8217;intégrité de la France. Or, comment résister à la coalition? Par quel moyen surnaturel briser l&#8217;effort de l&#8217;Europe conjurée? Le génie infernal de Robespierre pouvait seul opérer ce prodige. Le gouvernement révolutionnaire endurcissait l&#8217;âme des Français, en la trempant dans le sang; il exaspérait l&#8217;esprit des soldats, et doublait leurs forces par un désespoir féroce et un mépris de la vie, qui tenaient de la rage. L&#8217;horreur des échafauds, poussant le citoyen aux frontières, alimentait la force extérieure, à mesure qu&#8217;elle anéantissait jusqu&#8217;à la moindre résistance dans l&#8217;intérieur. Toutes les vies, toutes les richesses, tous les pouvoirs étaient dans les mains du pouvoir révolutionnaire; et ce monstre de puissance, ivre de sang et de succès, phénomène épouvantable qu&#8217;on n&#8217;avait jamais vu, et que sans doute on ne reverra jamais, était tout à la fois un châtiment épouvantable pour les Français, et le seul moyen de sauver la France.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1802"></span>Tous les monstres que la révolution a enfantés n&#8217;ont travaillé, suivant les apparences, que pour la royauté. Par eux l&#8217;éclat des victoires a forcé l&#8217;admiration de l&#8217;univers, et environné le nom français d&#8217;une gloire dont les crimes de la révolution n&#8217;ont pu le dépouiller entièrement; par eux le Roi remontera sur le trône avec tout son éclat et toute sa puissance, peut-être même avec un surcroît de puissance.</p>
<p style="text-align: justify;">On ne saurait nier que le sacerdoce, en France, n&#8217;eût besoin d&#8217;être régénéré; et quoique je sois fort loin d&#8217;adopter les déclamations vulgaires sur le clergé, il ne me paraît pas moins incontestable que les richesses, le luxe et la pente générale des esprits vers le relâchement, avaient fait décliner ce grand corps&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Les biens du clergé étant dissipés, aucun motif méprisable ne peut de longtemps lui donner de nouveaux membres; en sorte que toutes les circonstances concourent à relever ce corps. Il y a lieu de croire, d&#8217;ailleurs, que la contemplation de l&#8217;oeuvre dont il paraît chargé, lui donnera ce degré d&#8217;exaltation qui élève l&#8217;homme au-dessus de lui-même, et le met en état de produire de grandes choses.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;horrible effusion du sang humain, occasionnée par cette grande commotion, est un moyen terrible; cependant c&#8217;est un moyen autant qu&#8217;une punition, et il peut donner lieu à des réflexions intéressantes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>III. De la destruction violente de l&#8217;espèce humaine</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire prouve malheureusement que la guerre est l&#8217;état habituel du genre humain dans un certain sens, c&#8217;est-à-dire que le sang humain doit couler sans interruption sur le globe, ici ou là; et que la paix, pour chaque nation, n&#8217;est qu&#8217;un répit.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque l&#8217;âme humaine a perdu son ressort par la mollesse, l&#8217;incrédulité et les vices gangréneux qui suivent l&#8217;excès de la civilisation, elle ne peut être retrempée que dans le sang. Ce qu&#8217;on voit assez clairement, c&#8217;est que le genre humain peut être considéré comme un arbre qu&#8217;une main invisible taille sans relâche, et qui gagne souvent à cette opération. À la vérité, si l&#8217;on touche le tronc, ou si l&#8217;on coupe en <em>tête de saule,</em> l&#8217;arbre peut périr: mais qui connaît les limites pour l&#8217;arbre humain? Ce que nous savons, c&#8217;est que l&#8217;extrême carnage s&#8217;allie souvent avec l&#8217;extrême population.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, en suivant toujours la même comparaison, on peut observer que le jardinier habile dirige moins la taille à la végétation absolue, qu&#8217;à la fructification de l&#8217;arbre: ce sont des fruits, et non du bois et des feuilles, qu&#8217;il demande à la plante. Or les véritables fruits de la nature humaine, les arts, les sciences, les grandes entreprises, les hautes conceptions, les vertus mâles, tiennent surtout à l&#8217;état de guerre. On sait que les nations ne parviennent jamais au plus haut point de grandeur dont elles sont susceptibles, qu&#8217;après de longues et sanglantes guerres. En un mot, on dirait que le sang est l&#8217;engrais de cette plante qu&#8217;on appelle <em>génie.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Les spectateurs des grandes calamités humaines sont conduits surtout à ces tristes méditations; mais gardons-nous de perdre courage: il n&#8217;y a point de châtiment qui ne purifie; il n&#8217;y a point de désordre que l&#8217;AMOUR ÉTERNEL ne tourne contre le principe du mal. Il est doux, au milieu du renversement général, de pressentir les plans de la Divinité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>IV. La République française peut-elle durer ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La commission chargée en dernier lieu de présenter un mode pour le renouvellement du tiers, porte le nombre des Français à trente millions. Accordons ce nombre, et supposons que la France garde ses conquêtes. Chaque année, aux termes de la constitution, deux cent cinquante personnes sortant du corps législatif seront remplacées par deux cent cinquante autres. Il s&#8217;ensuit que si les quinze millions de mâles que suppose cette population étaient immortels, habiles à la représentation et nommés par ordre, invariablement, chaque Français viendrait exercer à son tour la souveraineté nationale tous les soixante mille ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais comme on ne laisse pas que de mourir de temps en temps dans un tel intervalle; que d&#8217;ailleurs on peut répéter les élections sur les mêmes têtes, et qu&#8217;une foule d&#8217;individus, de par la nature et le bon sens, seront toujours inhabiles à la représentation nationale, l&#8217;imagination est effrayée du nombre prodigieux de souverains condamnés à mourir sans avoir régné.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Le mal n&#8217;a rien de commun avec l&#8217;existence; il ne peut créer, puisque sa force est purement négative: <em>Le mal est le schisme de l&#8217;être; il n&#8217;est pas vrai.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Or, ce qui distingue la révolution française, et ce qui en fait un événement unique dans l&#8217;histoire, c&#8217;est qu&#8217;elle est <em>mauvaise</em> radicalement; aucun élément de bien n&#8217;y soulage l&#8217;oeil de l&#8217;observateur; c&#8217;est le plus haut degré de corruption connu; c&#8217;est la pure impureté.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;on rapproche de ce tableau celui que nous offre la France, comment croire à la durée d&#8217;une liberté qui commence par la gangrène? Ou, pour parler plus exactement, comment croire que cette liberté puisse naître (car elle n&#8217;existe point encore), et que du sein de la corruption la plus dégoûtante, puisse sortir cette forme de gouvernement qui se passe de vertus moins que toutes les autres? Lorsqu&#8217;on entend ces prétendus républicains parler de liberté et de vertu, on croit voir une courtisane fanée, jouant les airs d&#8217;une vierge avec une pudeur de carmin.</p>
<p style="text-align: justify;">Et maintenant encore, voyez comment le crime sert de base à tout; cet échafaudage républicain, ce mot de citoyen qu&#8217;ils ont substitué aux formes antiques de la politesse, ils le tiennent des plus vils des humains: ce fut dans une de leurs orgies législatrices que des brigands inventèrent ce nouveau titre.</p>
<p style="text-align: justify;">Est-ce donc de cette fange sanglante que doit sortir un gouvernement durable? Qu&#8217;on ne nous objecte point les moeurs féroces et licencieuses des peuples barbares qui sont cependant devenus ce que nous voyons: l&#8217;ignorance barbare a présidé, sans doute, à nombre d&#8217;établissements politiques; mais la barbarie savante, l&#8217;atrocité systématique, la corruption calculée, et surtout l&#8217;irréligion, n&#8217;ont jamais rien produit. La verdeur mène à la maturité; la pourriture ne mène à rien.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>V. De la révolution française considérée dans son caractère anti-religieux</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Soyez donc bien attentifs, vous tous que l&#8217;histoire n&#8217;a point assez instruits. Vous disiez que le sceptre soutenait la tiare; eh bien! il n&#8217;y a plus de sceptre dans la grande arène, il est brisé, et les morceaux sont jetés dans la boue. Vous ne saviez pas jusqu&#8217;à quel point l&#8217;influence d&#8217;un sacerdoce riche et puissant pouvait soutenir les dogmes qu&#8217;il prêchait; je ne crois pas qu&#8217;il y ait une puissance de faire croire; mais passons. Il n&#8217;y a plus de prêtres; on les a chassés, égorgés, avilis; on les a dépouillés: et ceux qui ont échappé à la guillotine, aux bûchers, aux poignards, aux fusillades, aux noyades, à la déportation, reçoivent aujourd&#8217;hui l&#8217;aumône qu&#8217;ils donnaient jadis. Vous craigniez la force de la coutume, l&#8217;ascendant de l&#8217;autorité, les illusions de l&#8217;imagination: il n&#8217;y a plus rien de tout cela; il n&#8217;y a plus de coutume; il n&#8217;y a plus de maître: l&#8217;esprit de chaque homme est à lui. La philosophie ayant rongé le ciment qui unissait les hommes, il n&#8217;y a plus d&#8217;agrégations morales. L&#8217;autorité civile, favorisant de toutes ses forces le renversement du système ancien, donne aux ennemis du christianisme tout l&#8217;appui qu&#8217;elle lui accordait jadis: l&#8217;esprit humain prend toutes les formes imaginables pour combattre l&#8217;ancienne religion nationale. Ces efforts sont applaudis et payés, et les efforts contraires sont des crimes. Vous n&#8217;avez plus rien à craindre de l&#8217;enchantement des yeux, qui sont toujours les premiers trompés; un appareil pompeux, de vaines cérémonies, n&#8217;en imposent plus à des hommes devant lesquels on se joue de tout depuis sept ans. Les temples sont fermés, ou ne s&#8217;ouvrent qu&#8217;aux délibérations bruyantes et aux bacchanales d&#8217;un peuple effréné. Les autels sont renversés; ou a promené dans les rues des animaux immondes sous les vêtements des pontifes; les coupes sacrées ont servi à d&#8217;abominables orgies; et sur ces autels que la foi antique environne de chérubins éblouis, on a fait monter des prostituées nues. Le philosophisme n&#8217;a donc plus de plaintes à faire; toutes les chances humaines sont en sa faveur; on fait tout pour lui et tout contre sa rivale. S&#8217;il est vainqueur, il ne dira pas comme César: <em>Je suis venu, j&#8217;ai vu et j&#8217;ai vaincu;</em> mais enfin il aura vaincu: il peut battre des mains et s&#8217;asseoir fièrement sur une croix renversée. Mais si le christianisme sort de cette épreuve terrible plus pur et plus vigoureux; si Hercule chrétien, fort de sa seule force, soulève <em>le fils de la terre,</em> et l&#8217;étouffe dans ses bras &#8211; <em>patuit Deus.</em> Français! faites place au Roi très chrétien, portez-le vous-même sur son trône antique; relevez son oriflamme, et que son or, voyageant encore d&#8217;un pôle à l&#8217;autre, porte de toutes parts la devise triomphale</p>
<p style="text-align: center;">LE CHRIST COMMANDE, IL REGNE, IL EST VAINQUEUR !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>VI. De l&#8217;influence divine dans les constitutions politiques</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La constitution de 1795, tout comme ses aînées, est faite pour l&#8217;<em>homme.</em> Or, il n&#8217;y a point d&#8217;<em>homme</em> dans le monde. J&#8217;ai vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Russes, etc.; je sais même, grâces à Montesquieu, <em>qu&#8217;on peut être Persan:</em> mais quant à l&#8217;<em>homme,</em> je déclare ne l&#8217;avoir rencontré de ma vie; s&#8217;il existe, c&#8217;est bien à mon insu.</p>
<p style="text-align: justify;">Une constitution qui est faite pour toutes les nations, n&#8217;est faite pour aucune: c&#8217;est une pure abstraction, une oeuvre scolastique faite pour exercer l&#8217;esprit d&#8217;après une hypothèse idéale, et qu&#8217;il faut adresser à l&#8217;<em>homme,</em> dans les espaces imaginaires où il habite.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>VII. Signes de nullité dans le gouvernement français</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le peuple ne voit dans un député que la sept cent cinquantième partie du pouvoir de faire beaucoup de mal. Le député respecté ne l&#8217;est point parce qu&#8217;il est <em>député,</em> mais parce qu&#8217;il est respectable.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est peut-être une illusion de ma part; mais ce <em>salaire</em> qu&#8217;un néologisme vaniteux appelle <em>indemnité,</em> me semble un préjugé contre la représentation française. L&#8217;Anglais, libre par la loi et indépendant par sa fortune, qui vient à Londres représenter la nation à ses frais, a quelque chose d&#8217;imposant. Mais ces <em>législateurs</em> français qui lèvent cinq ou six millions tournois sur la nation pour lui faire des lois; ces facteurs de décrets, qui exercent la souveraineté nationale, moyennant huit <em>myriagrammes</em> de froment par jour, et qui vivent de leur puissance législatrice; ces hommes-là, en vérité, font bien peu d&#8217;impression sur l&#8217;esprit; et lorsqu&#8217;on vient à se demander ce qu&#8217;ils valent, l&#8217;imagination ne peut s&#8217;empêcher de les évaluer en froment.</p>
<p style="text-align: justify;">En Angleterre, ces deux lettres magiques M.P. (Member of Parlement), accolées au nom le moins connu, l&#8217;exaltent subitement et lui donnent des droits à une alliance distinguée. En France, un homme qui briguerait une place de député pour déterminer en sa faveur un mariage disproportionné, ferait probablement un assez mauvais calcul. C&#8217;est que tout représentant, tout instrument quelconque d&#8217;une souveraineté fausse, ne peut exciter que la curiosité ou la terreur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>X. Des prétendus dangers d&#8217;une contre-révolution</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Français, c&#8217;est au bruit des chants infernaux, des blasphèmes de l&#8217;athéisme, des cris de mort et des longs gémissements de l&#8217;innocence égorgée; c&#8217;est à la lueur des incendies, sur les débris du trône et des autels, arrosés par le sang du meilleur des Rois et par celui d&#8217;une foule innombrable d&#8217;autres victimes; c&#8217;est au mépris des moeurs et de la foi publique, c&#8217;est au milieu de tous les forfaits, que vos séducteurs et vos tyrans ont fondé ce qu&#8217;ils appellent <em>votre liberté.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Le règne de Robespierre a tellement écrasé ce peuple, a tellement frappé son imagination, qu&#8217;il tient pour supportable et presque pour heureux tout état de choses où l&#8217;on n&#8217;égorge pas sans interruption.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne voyez-vous pas que vos institutions républicaines n&#8217;ont point de racines, et qu&#8217;elles ne sont que posées sur votre sol, au lieu que les précédentes y étaient plantées. Il a fallu la hache pour renverser celles-ci; les autres céderont à un souffle et ne laisseront point de traces.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Le retour à l&#8217;ordre ne peut être douloureux, parce qu&#8217;il sera naturel, et parce qu&#8217;il sera favorisé par une force secrète, dont l&#8217;action est toute créatrice. On verra précisément le contraire de tout ce qu&#8217;on a vu. Au lieu de ces commotions violentes, de ces déchirements douloureux, de ces oscillations perpétuelles et désespérantes, une certaine stabilité, un repos indéfinissable, un bien-aise universel, annonceront la la présence de la souveraineté. Il n&#8217;y aura point de secousses, point de violences, point de supplices même, excepté ceux que la véritable nation approuvera: le crime même et les usurpations seront traités avec une sévérité mesurée, avec une justice calme qui n&#8217;appartient qu&#8217;au pouvoir légitime: le Roi touchera les plaies de l&#8217;État d&#8217;une main timide et paternelle. Enfin, c&#8217;est ici la grande vérité dont les Français ne sauraient trop se pénétrer: le rétablissement de la monarchie, qu&#8217;on appelle <em>contre-révolution</em>, ne sera point <em>une révolution contraire</em>, mais <em>le contraire de la révolution</em>.</p>
<p style="text-align: right;">Extrait des <a href="http://cage.ugent.be/~dc/Literature/JMCF/index.html" target="_blank"><em><strong>Considérations sur la France</strong></em></a> (1796),<br />
du comte Joseph de Maistre.</p>
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		<title>Un extrait de &#171;&#160;La mémoire vaine&#160;&#187; (1989), d&#8217;Alain Finkielkraut</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Jul 2011 04:50:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits et Citations]]></category>

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		<description><![CDATA[La pire violence ne naît pas de l&#8217;antagonisme entre les hommes, mais de la certitude de les en délivrer à tout jamais. (&#8230;) C&#8217;est pour avoir voulu faire cesser ce règne que l&#8217;Idéologie a plongé l&#8217;humanité dans une détresse sans précédent. Son immoralité absolue tient non à son cynisme ou à son machiavélisme mais à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2070715507/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=lenouvreac-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2070715507" target="_blank"><img class="aligncenter" src="http://www.nouveau-reac.org/blog/files/memoire_vaine.jpg" alt="" width="500" height="195" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La pire violence ne naît pas de l&#8217;antagonisme entre les hommes, mais de la certitude de les en délivrer à tout jamais. (&#8230;) C&#8217;est pour avoir voulu faire cesser ce règne que l&#8217;Idéologie a plongé l&#8217;humanité dans une détresse sans précédent. Son immoralité absolue tient non à son cynisme ou à son machiavélisme mais à la nature exclusivement morale de ses catégories. (&#8230;) Son caractère inhumain découle de son désir impatient de fraternité. (&#8230;)<br />
On en concluera que l&#8217;humanité cesse d&#8217;être humaine, dès lors qu&#8217;il n&#8217;y a plus de place pour l&#8217;ennemi dans l&#8217;idée qu&#8217;elle se fait d&#8217;elle-même et de son destin. Ce qui signifie, <em>a contrario</em>, que <em>l&#8217;angélisme n&#8217;est pas un humanisme</em>, que la discorde, loin d&#8217;être un raté ou un archaïsme de la socialité, est notre bien politique le plus précieux, et que l&#8217;excellence de la démocratie, sa supériorité sur toutes les autres formes de coexistence humaine, réside justement dans le fait d&#8217;avoir institutionnalisé le conflit en l&#8217;inscrivant au principe de son fonctionnement.<br />
Or nous avons beau être désormais &#8211; et avec quelle ardeur! &#8211; des démocrates antinazis, antitotalitaires, antifascistes, antiracistes et antiapartheid, nous n&#8217;avons pas appris à nous méfier du sourire béat de la fraternité. (&#8230;) C&#8217;est le tableau enchanté de la sympathie universelle que nous opposons aux xénophobes, aux partisans du repli et aux semeurs de haine. Face au raciste, objet actuel de notre exécration hebdomadaire, nous sommes tous des frères, des proches, des potes.<br />
On ne peut donc reprocher aux successives générations de l&#8217;après-guerre un quelconque défaut de mémoire ou de vigilance. Hitler, nous connaissons, mais c&#8217;est hélas pour investir dans l&#8217;antinazisme le fantasme totalitaire de la transparence des cœurs et du bonheur fusionnel. Au rêve d&#8217;une communauté homogène de sang et de sol, nous répondons par &laquo;&nbsp;la proximité excessive d&#8217;une fraternité qui efface toutes les distinctions&nbsp;&raquo; (Hannah Arendt, <em>Vies politiques</em>). Comme si rien n&#8217;avait eu lieu, comme si nulle catastrophe n&#8217;avait endeuillé l&#8217;époque, la nuit de l&#8217;idylle descend à nouveau sur l&#8217;humanité. L&#8217;amour détrône <em>Polémos</em>, le sentiment envahit l&#8217;espace du différend, et remplace l&#8217;expression agonistique des opinions par la communion lyrique des personnes.<br />
Loin donc de défendre la légitimité du conflit contre ceux qui veulent l&#8217;abolir, nous devenons peu à peu incapables de concevoir d&#8217;autre division que celle &#8211; exclusivement morale &#8211; qui passe entre &laquo;&nbsp;Eux&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Nous&nbsp;&raquo; (&#8230;). L&#8217;antiracisme nous tient lieu de politique alors qu&#8217;il devrait en être seulement la condition préalable. Et c&#8217;est au moment où nous nous félicitons d&#8217;être, une fois pour toutes, débarrassés de la <em>langue de bois</em> que, rabattant tout antagonisme sur le combat cosmique et schématique de la Lumière contre les Ténèbres, nous la parlons avec le plus d&#8217;ardeur.<br />
Sous l&#8217;apparence d&#8217;une grande réconciliation avec les idéaux de la démocratie, le politique s&#8217;éclipse, la vision morale du monde triomphe une fois encore. Naguère (c&#8217;est-à-dire pendant les années CRS-SS), elle puisait ses emblèmes et ses slogans dans l&#8217;épopée du maquis. Aujourd&#8217;hui, inspirée davantage par le martyre de l&#8217;étoile jaune que par l&#8217;exemple du partisan, elle s&#8217;adosse au génocide juif pour faire régner son terrible sérieux enfantin sur la vie publique aussi bien que sur la culture. En vertu d&#8217;Auschwitz et du &laquo;&nbsp;Plus jamais ça!&nbsp;&raquo;, la valeur d&#8217;une œuvre réside désormais non dans sa puissance de dévoilement, mais dans l&#8217;intensité de son combat contre toutes les pratiques discriminatoires; non dans sa richesse en monde mais dans son aptitude à purger le monde de toute profondeur et de toute indétermination; non dans son ouverture à ce qui est relatif, paradoxal, ambigu, clair-obscur, mais dans le vertigineux simplisme de ses bons sentiments. Des origines à nos jours, les poètes, les penseurs, les romanciers, les cinéastes, les grands compositeurs et les vedettes de la chanson sont investis d&#8217;un seul et magnifique mandat: stigmatiser le ventre encore et toujours fécond, déconcer le racisme. Baudelaire, confie, à la télévision, le dirigeant d&#8217;une grande entreprise de loisirs, m&#8217;a appris la tolérance. Homère, déclare un philosophe antiheideggerien, s&#8217;est élevé le premier contre la pratique du génocide. <em>La métamorphose</em> de Kafka disent, en substance, de nombreuses copies d&#8217;étudiants est une bouleversante parabole de l&#8217;intolérance et de l&#8217;exclusion (&#8230;). Animés des plus louables intentions, ce patron, ce philosophe et ces étudiants ne laissent rien subsister des auteurs qu&#8217;ils révèrent, ni d&#8217;ailleurs de la littérature en général, sinon un discours édfiant tenu, d&#8217;âge en âge et sous des masques sans cesse renouvelés, par une sorte de Victor Hugo perpétuel.<br />
La sensibilité contemporaine fait donc jouer à l&#8217;antiracisme le même rôle que la vulgate stalinienne à la lutte de classes. Et c&#8217;est en invoquant avec une complaisance indécente la <em>Shoah</em> que l&#8217;aspiration au conte populaire dépolitise aujourd&#8217;hui le débat politique, transforme la culture en image pieuse, et réduit, sans se soucier de la vérité, l&#8217;immaîtrisable multiplicité humaine au face-à-face exaltant de l&#8217;Innocence et de la Bête Immonde.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Alain Finkielkraut</strong>, <em>La mémoire vaine</em> (pages 100-104)</p>
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		<title>Un pamphlétaire méconnu</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Apr 2011 10:53:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’égoïsme des jouisseurs actuellement au pouvoir (&#8230;), la duplicité au jour le jour, le mensonge de modération et l’effronterie de contradiction (d’ailleurs tout arbitraires et despotiques) qui vont sous le nom impertinent d’opportunisme, la violence lâche, l’hésitation brutale, tout ce machiavélisme de pacotille, en achevant de ruiner les dernières assises d’une société aux trois quarts [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone alignleft" src="http://www.biografiasyvidas.com/biografia/v/fotos/verlaine.jpg" alt="" width="140" height="145" />L’égoïsme des jouisseurs actuellement au pouvoir (&#8230;), la duplicité au jour le jour, le mensonge de modération et l’effronterie de contradiction (d’ailleurs tout arbitraires et despotiques) qui vont sous le nom impertinent d’opportunisme, la violence lâche, l’hésitation brutale, tout ce machiavélisme de pacotille, en achevant de ruiner les dernières assises d’une société aux trois quarts précipitée, en énervant, en étourdissant, en ahurissant un corps électoral formé de tous éléments inférieurs, masquent pour la masse des dupes, des fatigués et des infatués, le suprême abîme tout proche, endorment la mémoire, tuent la prévoyance, finalement perdent, corrompent, polluent toute faculté, tout esprit de conduite et tout vestige de l’antique vertu ! (&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, puisqu’elle vit encore, <em>cette France horrible qu’ils nous ont faite, cette France difficile, presque impossible à aimer</em>, bien qu’on en ait, puisqu’elle vit encore, même avec ces chefs qui ne sont pas une tête, même avec ces membres pourris et ce sang gâté, même dans cette atmosphère pestilentielle que lui fait son mal, puisqu’elle a encore forme de nation, puisque son nom subsiste et que sa langue est encore la première de l’Europe, c’est que, Dieu merci, <em>le cœur y est</em>, c’est qu’il bat, ce cœur, c’est que tant qu’il battra, il y aura une France qui peut redevenir la bien-aimée des nations et le soldat de Dieu qui lui a fait des promesses presque aussi solennelles qu’à son Église. Dès lors, il s’agit d’aller à ce cœur autrement encore que par la mémoire et l’imagination ; il faut, au Français jaloux de l’honneur initial et de l’espoir toujours permis, le courage de pénétrer à travers tous obstacles odieux et cruels jusqu’à la source pure et forte d’où sort ce beau sang bleu et rouge, noble et peuple, dont l’histoire fut si belle, qui battait aux tempes du génie comme aux pieds de la charité, comme au flanc du martyr, et qui coula sur tous les justes champs de bataille et partout où Dieu voulait être glorifié par une mort précieuse.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Voyage en France par un Français</em>, <strong>Paul Verlaine</strong></p>
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		<title>Entretien avec Pierre Manent</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Nov 2010 14:49:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits et Citations]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Il n&#8217;est pas vrai que le religieux puisse devenir une simple question privée, anecdotique. La proposition chrétienne garde toute sa place dans la conversation contemporaine, parce que les autres propositions, j&#8217;ose le dire, proposent une version de l&#8217;universel qui me semble moins convaincante. La peur du conflit a fait que toute réflexion sur le sujet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.nouveau-reac.org/blog/files/manent.jpg" alt="" width="174" height="253" />&laquo;&nbsp;Il n&#8217;est pas vrai que le religieux puisse devenir une simple question  privée, anecdotique. La proposition chrétienne garde toute sa place dans  la  conversation contemporaine, parce que les autres propositions,  j&#8217;ose le  dire, proposent une version de l&#8217;universel qui me semble moins   convaincante. La peur du conflit a fait que toute réflexion sur le  sujet est très mal vue. Nous sommes tenus de supposer que la présence de  millions de musulmans parmi nous est sans conséquence politique ou  spirituelle. Camus montre très bien, dans une de ses nouvelles sur l&#8217;Algérie, à quel point  la condition coloniale aboutissait à ce que les deux communautés se  croisaient là-bas  sans se voir. Eh bien, au nom du respect de l&#8217;islam,  on nous demande au  fond de rééditer en Europe cette situation.  Circulez, faites comme s&#8217;il  ne se passait rien. Il s&#8217;agit pourtant de  la plus énorme transformation de la substance européenne depuis des  siècles.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/20101115/22429/la-france-est-sous-sedatif" target="_blank"><strong>Lire l&#8217;entretien</strong></a></p>
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		<title>Dostoïevski contre le déterminisme et l&#8217;utilitarisme</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Oct 2010 21:54:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits et Citations]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;homme nourrit une telle passion pour les systèmes, pour les déductions abstraites, qu&#8217;il est prêt à travestir sciemment la vérité, prêt à fermer les yeux et à se boucher les oreilles devant la vérité, rien que pour justifier sa logique. * La science apprendra à l&#8217;homme qu&#8217;il n&#8217;a jamais eu de volonté, ni de caprices, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.nouveau-reac.org/blog/files/Dostoievski.jpg" alt="" width="500" height="204" /></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;homme nourrit une telle passion pour les systèmes, pour les déductions abstraites, qu&#8217;il est prêt à travestir sciemment la vérité, prêt à fermer les yeux et à se boucher les oreilles devant la vérité, rien que pour justifier sa logique.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">La science apprendra à l&#8217;homme qu&#8217;il n&#8217;a jamais eu de volonté, ni de caprices, et qu&#8217;il n&#8217;est, en somme, qu&#8217;une touche de piano, une pédale d&#8217;orgue; ce qu&#8217;il accomplit, par conséquent, il l&#8217;accomplit non selon sa volonté, mais conformément aux lois de la nature. Il suffit donc de découvrir ces lois, et l&#8217;homme alors ne pourra plus être tenu responsable de ses actions (&#8230;) Toutes les actions humaines pourront être évidemment calculées mathémathiquement d&#8217;après ces lois (…)</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;homme, quel qu&#8217;il soit, aspire toujours et partout à agir selon sa volonté et non d&#8217;après les prescriptions de la raison et de l&#8217;intérêt; or, votre volonté peut et doit même, parfois, s&#8217;opposer à vos intérêts. Ma volonté libre, mon arbitraire, mon caprice, si fou qu&#8217;il soit, ma fantaisie surexcitée jusqu&#8217;à la démence, voilà précisément la chose qu&#8217;on écarte, l&#8217;intérêt le plus précieux qui ne peut trouver place dans aucune de vos classifications et qui brise en mille pièces tous les systèmes, toutes les théories.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un homme dépouillé de désir, de volonté, sinon un écrou, une transmission!</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Dostoïevski</strong>, <em>Carnets du sous-sol </em>(1864)<em></em></p>
<p style="text-align: center;">&gt; <a href="http://leblogdusoussol.blogspot.com/2009/11/moi-je-suis-seul-et-eux-ils-sont-tous.html" target="_blank"><strong>D&#8217;autres extraits sur le blog du sous-sol</strong></a> &lt;<em><br />
</em></p>
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		<title>Léon Bloy, florilège d&#8217;exégèses</title>
		<link>http://www.nouveau-reac.org/leon-bloy-florilege-dexegeses/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Jul 2010 16:42:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits et Citations]]></category>

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		<description><![CDATA[ÊTRE DANS LES NUAGES Aimer autre chose que ce qui est ignoble, puant et bête ; convoiter la Beauté, la Splendeur, la Béatitude ; préférer une œuvre d&#8217;art à une saleté et le Jugement dernier de Michel-Ange à un inventaire de fin d&#8217;année ; avoir plus besoin du rassasiement de l&#8217;âme que de la plénitude [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B00005QKV8?ie=UTF8&amp;tag=lenouvreac-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=B00005QKV8" target="_blank"><img class="aligncenter" src="http://www.nouveau-reac.org/blog/files/bloy.jpeg" alt="" width="500" height="244" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>ÊTRE DANS LES NUAGES</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aimer autre chose que ce qui est ignoble, puant et bête ; convoiter la Beauté, la Splendeur, la Béatitude ; préférer une œuvre d&#8217;art à une saleté et le <em>Jugement dernier</em> de Michel-Ange à un inventaire de fin d&#8217;année ; avoir plus besoin du rassasiement de l&#8217;âme que de la plénitude des intestins ; croire enfin à la Poésie, à l&#8217;Héroïsme, à la Sainteté, voilà ce que le Bourgeois appelle &laquo;&nbsp;être dans les nuages&nbsp;&raquo;.<br />
[...] Un notaire ivre d&#8217;amour qui fait un quatrième enfant à sa notairesse, oubliant qu&#8217;il a déjà procréé un hydrocéphale et deux avortons, est autant dans les nuages qu&#8217;on puisse y être, c&#8217;est certain, et il faudrait quelque chose comme la monstruosité d&#8217;un pharmacien faisant des vers pour y être d&#8217;une manière plus inquiétante.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1264"></span></p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>ON NE SAURAIT PENSER A TOUT</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Soyons raisonnables, n&#8217;est-ce pas ? Je suis forcé de penser à mes affaires, d&#8217;abord ; ensuite aux affaires des autres, pour les fourrer dedans, s&#8217;il est possible ; enfin à mes plaisirs. Où diable voulez-vous que je prenne le temps de penser à autre chose ?<br />
Vous me parlez de Dieu, c&#8217;est bien gentil de votre part ; mais sérieusement, qu&#8217;est-ce que vous voulez que j&#8217;en fasse de votre bon Dieu ? Jamais je n&#8217;y pense, jamais je n&#8217;y ai pensé et quand je serai sur le point de crever, je vous prie de croire que je n&#8217;y penserai pas davantage. Les prêtres le disent aux-mêmes, on est poussière et on retourne en poussière. Alors pourquoi s&#8217;embarrasser de toutes ces blagues ?<br />
Vous êtes vraiment bien rigolo de vous intéresser à mon âme, comme si je m&#8217;intéressais à la vôtre, moi ! Oh ! là ! là ! on voit bien que vous n&#8217;êtes pas dans le commerce. Si vous y étiez, vous sauriez que, loin de pouvoir penser à tout, on a bien assez et même trop, quelquefois, de penser à son livre de caisse. Tenez, mon cher monsieur, voulez-vous que je vous dise ? Je demande un bon Dieu qui soit dans les affaires. Alors on pourrait s&#8217;entendre. Il n&#8217;aurait pas le temps, lui non plus, de penser à tout. <em>Il ouvrirait le dimanche</em>, pour sûr, et il nous ficherait la paix, je vous en réponds&#8230;</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>JE NE SUIS PAS PLUS BÊTE QU&#8217;UN AUTRE</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Donc je possède une intelligence au moins égale à celle de n&#8217;importe qui. Cette conséquence ne parait pas rigoureuse, mais il en est de la logique des bourgeois comme de certaines lois grammaticales que l&#8217;usage seul détermine.<br />
[...] Vous faîtes lire à votre médecin, à votre dentiste, à votre entrepreneur de pompes funèbres, à votre notaire, une phrase magnifique de Barbey d&#8217;Aurevilly, de Villiers de l&#8217;Isle-Adam, une pensée ingénieuse d&#8217;Ernest Hello, une vivante strophe de Paul Verlaine. Que répondront ces hommes ? Simplement ceci : &laquo;&nbsp;Nous ne comprenons pas. Cependant nous ne sommes pas plus bêtes que d&#8217;autres.&nbsp;&raquo; Et, à l&#8217;instant, sans qu&#8217;un ange même pût dire pourquoi, Verlaine, Hello, Villiers, Barbey et même, si vous voulez, Napoléon et tous les grands personnages seront aperçus sous leurs pieds&#8230;<br />
L&#8217;universelle supériorité de l&#8217;homme qui n&#8217;est pas plus bête qu&#8217;un autre est ce que je connais de plus écrasant.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>ENTRE DEUX MAUX, IL FAUT CHOISIR LE MOINDRE</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Là-dessus, pas d&#8217;incertitude. Les personnes les plus charitables reconnaissent que le mal du prochain est toujours <em>le moindre</em> et que c&#8217;est bien celui-là qu&#8217;il faut choisir. Les moralistes ont remarqué depuis longtemps qu&#8217;on a toujours assez de force pour supporter les peines d&#8217;autrui.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>LES ENFANTS SONT CE QU&#8217;ON LES FAIT</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Consolante maxime, et quel avenir elle nous entrouve ! C&#8217;est, sans doute, l&#8217;intention de la nature que les petits des bourgeois soient des bourgeois. Quelquefois, pourtant, cela rate. Alors le malheureux boutiquier endure l&#8217;opprobre d&#8217;avoir un enfant poète. Le cas, heureusement, est trop rare pour être pris en considération. La nature, généralement, est obéie. Il y aura donc toujours des bourgeois.<br />
Mais les fait-on, aujourd&#8217;hui, comme on les faisait il y a trente ans ? De la réponse à cette question tout dépend. Eh bien! l&#8217;oserai-je dire ? Il me semble que le Bourgeois se gâte. Certes, il n&#8217;oublie pas les grands principes. On peut même affirmer qu&#8217;il adore, plus qu&#8217;autrefois, l&#8217;argent et qu&#8217;il écarte Dieu d&#8217;une main plus ferme. A ces égards, Il ne mérite que la louange et même l&#8217;apothéose. Seulement la Bourgeoisie, comme tout ce qui est grand, doit s&#8217;allaiter de la tradition et il me semble qu&#8217;elle déraille, depuis quelque temps, vers les nouveautés.<br />
La bicyclette et l&#8217;automobile sont furieusement artistes, savez-vous ? et on ignore où cela s&#8217;arrêtera. Le courant est si impétueux qu&#8217;on peut craindre que, dans une ou deux générations, les fils des bourgeois ne soient tous des Albert Durer, des Shakespeare ou des Beethoven et que la bourgeosie ne périsse étouffée par l&#8217;Art. Je signale patriotiquement le danger.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>ON&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au fait, qu&#8217;est-ce que <em>On</em> pour le Bourgeois ? Cet abstrait sans cesse invoqué par lui ne serait-il pas le Dieu inconnu ? On ne connaît pas cet homme, On ne l&#8217;aime pas, On ne l&#8217;a jamais vu, On l&#8217;a assez vu. Savez-vous des formules de réprobation plus certaines, plus efficaces ? C&#8217;est On qui tient la foudre et c&#8217;est On qui donne la vie. On vous connait bien, On sait qui vous êtes, On vous fait crédit.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Léon Bloy</strong>, <em>Exégèse des lieux communs</em>, première série, 1901</p>
<p style="text-align: center;">
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		<title>Renaud Camus, Entretien avec Élisabeth Lévy et Cyril Bennasar</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Jul 2010 15:26:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits et Citations]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour que cela ait un sens d’être français, il faut qu’il y ait des étrangers. Mais vous savez que ce ne sont pas des catégories figées : l’Histoire montre qu’on peut devenir français alors qu’il est sans doute presque impossible de devenir japonais. Donc, notre première question est simple : qu’est-ce qu’être français ? Cela a-t-il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.nouveau-reac.org/blog/files/renaudcamus.jpg" alt="" width="500" height="209" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour que cela ait un sens d’être  français, il faut qu’il y ait des  étrangers. Mais vous savez que ce ne  sont pas des catégories figées :  l’Histoire montre qu’on peut devenir  français alors qu’il est sans doute  presque impossible de devenir  japonais. Donc, notre première question  est simple : qu’est-ce qu’être  français ? Cela a-t-il à voir avec  l’ethnie (ou la race), la culture,  le mode de vie, les droits, les  devoirs ? Autrement dit, peut-on «  fabriquer des Français » avec  n’importe qui ou y a-t-il, selon vous,  des populations inassimilables ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Toutes les populations sont  inassimilables. Il en va de l’acculturation  et de l’assimilation comme  de l’éducation : elles ne peuvent pas faire  l’économie de l’individu.  Ce sont des hommes et des femmes et des  enfants qui peuvent être  assimilés au sein d’un peuple, pas des peuples,  surtout quand ces  peuples ont une forte réalité, une culture, une  civilisation, une  langue, une religion, une puissance en dehors de la  nation censée les  assimiler. Pourquoi se renonceraient-ils eux-mêmes ?  Deux éléments  créent des Français et peuvent en créer encore :  l’héritage (la  naissance, l’ethnie, la race, les ancêtres,  l’appartenance héréditaire)  et le désir (la volonté, l’élection  particulière, l’amour d’une  culture, d’une civilisation, d’une langue,  d’une littérature, des  mœurs, des paysages). On peut certes être  français par la culture, par  Montaigne, par Proust, par Manet, par la  montagne Sainte-Victoire, par  le pain, par le vin, par la langue :  encore faut-il les connaître et  les aimer, et d’abord les désirer.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nouveau-reac.org/textes/renaud-camus-entretien-avec-elisabeth-levy-et-cyril-bennasar/"><strong>Lire la suite</strong></a></p>
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		<title>Nabe et les &#171;&#160;faces de navets&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.nouveau-reac.org/nabe-et-les-faces-de-navets/</link>
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		<pubDate>Thu, 17 Jun 2010 18:29:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits et Citations]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nouveau-reac.org/?p=1213</guid>
		<description><![CDATA[En Afrique du Sud, ça barde dur. C&#8217;est une question de jours. Ils vont bien finir par tous les foutre dehors ces blancots de merde, reprendre leur pays, renoircir leur paradis bordel ! Allez-y les mecs, égorgez-moi ces faces de navets, qu&#8217;il ne reste plus un seul Blanc en Afrique ! Marc-Édouard Nabe, journal, 1984 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.nouveau-reac.org/blog/files/nabe.jpg" alt="" width="500" height="146" /></p>
<blockquote><p><!-- 		@page { margin: 0.79in } 		P { margin-bottom: 0.08in } 		A:link { so-language: zxx } --></p>
<p style="text-align: justify;">En Afrique du Sud, ça barde dur. C&#8217;est une question de jours. Ils vont bien finir par tous les foutre dehors ces blancots de merde, reprendre leur pays, renoircir leur paradis bordel ! Allez-y les mecs, égorgez-moi ces faces de navets, qu&#8217;il ne reste plus un seul Blanc en Afrique !</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Marc-Édouard Nabe</strong>, journal, 1984</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Quel subversif ce Nabe ! Les risques juridiques (et physiques) de cet appel au génocide ayant été majeurs, saluons donc le courage dont il fit preuve !</p>
]]></content:encoded>
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